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Participer… l'important pour Coubertin, c'est de participer à la vie. Vivre comme le premier homme, un instant seul face à l'univers, chef-d'œuvre de la création. Car l'homme de chair et de muscles, qui implique un esprit en voie d'accomplissement, doit être traité dans sa totalité. Si le champion néglige cette loi, il perd ses chances de victoire. Si le corps n'est rien sans un esprit à la quête d'un but, l'esprit sans corps n'est qu'un rêve. Dans le sport, la rigueur de l'effort libère l'homme et pour gagner cette liberté il faut que la recherche soit complète.
Il n'existe pas de champion spontané.
Par sa conscience du passé antique, Coubertin, homme de culture, semble avoir pris conscience de l'arrivée de l'ère du Verseau toute proche où l'oubli de soi, l'acception de la vie simple doit mener à une existence épanouie et à une mort sereine. Voici donc le moment venu de la révision des valeurs qui met en lumière le besoin de rassembler ce qui unit chacun pour le bien collectif.
Après l'inventaire des malheurs de ses aînés, la jeunesse accepte de moins en moins un monde où les comportements extravagants ne sont que monnaie d'anciennes douleurs. Plus de dents qui grincent, à l'instar des cigales lyriques, ces prophètes de villages, parce que l'ancêtre a péché. Les jeunes se veulent enfants d'eux-mêmes, et n'entendent supporter que les séquelles de leurs propres erreurs. Ainsi le sport leur fournit une alternative glorieuse pour échapper aux chaînes du passé. La compétition sportive convient parfaitement à cette sensibilité. Faisant transfert au monde de l'effort, puis peu à peu gagnés par le plaisir du jeu, certains tentent d'imiter et passent de la contemplation à l'action. Même s'il leur sert aussi de promotion sociale, plus tard le sport leur semblera propre à recréer le type de rapports qui existe dans le songe de l'Age d'Or où dépourvu des perversités de l'esprit, le corps déifié devient étalon de société. Un engagement qui aide à méditer sur la condition humaine.
En ce début de siècle, les jeunes, pensent bien autrement à leurs destinées que ceux de 1900 qui acceptaient sans trop de discussions, les engouements, les haines, l'esprit revanchard de leurs maîtres ou de leur condition sociale. A présent, dotés assez tôt du désir de conscience politique, ils rêvent d'un monde où les règles de la vie auront leurs conséquences naturelles. La remise en question permanente du sport dans lequel rien n'est jamais acquis, les séduit totalement. C'est une généreuse possibilité offerte à la jeunesse qui a transformé le feu individuel en brasier général.
Le sport, jeu antique des mâles, comme la danse était souvent l'apanage des femmes dans le monde classique, est bien plus. Une vision profonde, une analyse sans concession de la réalité humaine : voilà ce que Pierre de Coubertin montre en exemple avec ce fabuleux appel de la Sorbonne.
Il faut admettre que dans cette nuit du 25 novembre 1892, une aube se levait déjà sous la grande flamme symbolique et dorée dont le courageux baron espérait la lumière en appelant au rétablissement des Jeux Olympiques.
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