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François d'Amat
Le Manifeste Olympique
de Pierre de Coubertin
En écrivant mon premier livre de mémoires, j'ai pensé à ces étranges opportunités que donne parfois la vie d'exprimer la part obscure de son âme. Et cette obscurité souvent non raisonnée, négative ou néfaste n'est due qu'à un manque d'éclairage sur les choix profonds de son esprit.
Cette belle aventure dans laquelle m'a projeté le Manifeste Olympique m'a fait prendre conscience de l'incertitude de l'avenir et des paradoxes du hasard.
Il en est des êtres et de la vie comme des objets qui meublent notre existence ; ils ajoutent du relief à notre pensée, une couleur à la trace que nous laisserons dans le futur.
A-t-on choisi, ou sommes nous choisis ? Ce sont là les mystères du destin.
Par une logique implacable, par une conséquence qui ne nous appartient pas, mais dont nous modifions parfois le cours, les événements nous offrent leurs opportunités et, cependant, tout est écrit.
Dans le Manifeste Olympique de Pierre de Coubertin que je découvris dans les années 90, tout était déjà écrit sur son amour du sport, son inquiétude de l'avenir, sa soif de la paix.
L'organisation politique internationale, évoluant du système des nations souveraines à une sorte de mondialisation régie par un consensus général, m'avait poussé à rechercher une plate-forme de négociation neutre. Le changement de nature des conflits, conduisant plus fréquemment à des crises civiles au cœur même des nations, pourrait y trouver plus facilement un terrain d'apaisement et, peut-être, accepter plus volontiers l'aide d'une force internationale pour veiller à la sécurité des civils.
Les Nations-Unies, l'Unesco et le Vatican qui, jusque là, remplissaient cet office, avaient pris, à cette époque, des options qui les écartaient, momentanément peut-être, de cette diplomatie discrète mais qui intervenait pour une grande part dans les efforts de paix dans le Monde.
Avec quelques amis politiques il nous était apparu que les organisations sportives internationales pourraient prendre utilement le relais. Avec le soutien des médias dont la puissance augmentait de jour en jour, nous décidâmes de créer un événement qui attirerait l'attention sur cette idée.
La passion de la connaissance m'avait enseigné que les racines de la politique contemporaine se trouvaient dans l'analyse de l'histoire. L'admiration pour le génie polymorphe de Pierre de Coubertin et l'énergie qu'il avait consacré pour le progrès de l'humanité m'incitèrent à m'appuyer sur son message.
Ainsi, je me lançai à la recherche d'un texte inédit ; ainsi je parvenais à trouver le Manifeste Olympique. C'était le dernier manuscrit, perdu, oublié, du père des Jeux Olympiques modernes. Pour asseoir ma démarche, je décidai de le publier en 1994, année du centenaire de la création du Comité international olympique.
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