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Kachgar : renouveau de la vieille ville

French.china.org.cn | Mis à jour le 09. 11. 2015 | Mots clés : Kachgar

Le bazar de la rue Ariye, on y trouve beaucoup de poteries. (XU XUN)
 

Le bazar : l'âme de Kachgar

À Kachgar, un proverbe dit « Il n'y a que le soleil et la lune qu'on ne peut pas acheter au bazar. » Les bazars sont nombreux dans la vieille ville, et on y trouve de tout : tissus, céréales et huile, tapis, chapeaux, ferronnerie, argenterie, épices, etc. Leur histoire remonte à plus de mille ans, et ils ont modelé la vieille ville comme les mains invisibles. Les bazars sont les meilleures plates-formes d'échange, de mélange et de transmission des cultures de l'islam, la Grèce ancienne et de Rome, de l'Inde et de l'Asie centrale. Les travaux de rénovation de la vieille ville ne concernent que son organisation urbaine. Les bazars sont préservés, et ce sont eux qui recèlent l'âme de la ville de Kachgar.

Après les travaux de reconstruction, la ville de Kachgar est classée site historique de classe 5A. Il attire de plus en plus de touristes et les affaires de Rarip Ajim marchent de mieux en mieux. Son revenu mensuel a triplé, voire même décuplé, puisqu'auparavant il gagnait seulement 1 000 yuans par mois. Les deux salles au rez-de-chaussée sont décorées en salle d'exposition de poterie pour les clients. Grâce à son sens développé du commerce, Rarip Ajim tient à proposer de la poterie traditionnelle et classique tout en lançant une série de pots vernissés de style moderne ornés de sculptures. Une de ses pièces s'est vendue récemment 7 000 yuans. « J'ai entendu dire que mon œuvre est désormais exposée dans le hall d'un hôtel », se rengorge le jeune homme.

Dans la rue Kumdarwaza, un autre bazar se spécialise dans le commerce des instruments de musique. Le magasin Asahan de Kachgar y présente une riche collection d'instruments de musique du Xinjiang et d'autres objets d'art : un rawap, un duttar et un naqqara. Au rez-de-chaussée, près de l'escalier, Kurbanjan Ablimit fabrique à la main, avec minutie, des instruments de musique. Il est l'héritier d'un art folklorique de la région autonome. Il joue au rawap la chanson Souvenir des compagnons d'armes, du film Visiteurs des montagnes de glace. La musique attire tout de suite les touristes qui l'entourent pour l'écouter.

« Notre famille fabrique et vend ici des instruments de musique depuis 200 ans ; je représente la sixième génération », explique Kurbanjan, un jeune Ouïghour sympathique habillé à la dernière mode. Âgé d'une vingtaine d'années, il maîtrise parfaitement la confection des instruments de musique des ethnies kazakhe, ouïghoure, kirghize et tadjike. Il possède sa propre interprétation du caractère de chaque instrument et de chaque type de musique qui s'y associe. « Avant de leur vendre un instrument de musique, je présente à mes clients l'histoire de quelques instruments, afin de leur donner une connaissance de base de cet instrument, mais aussi de notre culture. »

Par exemple, le tamboura est un instrument folklorique à cordes pincées de l'ethnie kazakhe. Ses deux cordes de soie ou d'acier peuvent vous guider pour découvrir la culture nomade de l'ethnie : le ruisseau qui murmure, l'oisillon qui piaille, le piétinement du troupeau de moutons ou le claquement des sabots du cheval.

Les instruments de Kurbanjan se vendent très bien. Il a des clients chinois, mais aussi allemands, kazakhs et mongols. Loin de se contenter de sa situation actuelle, Kurbanjan envisage d'ouvrir un magasin en ligne pour vendre sur les sites Taobao et Alibaba. « Par les moyens traditionnels, les clients ne peuvent acheter qu'en visitant ma boutique. Mais je ne peux pas assurer la livraison des instruments. »

Il projette aussi d'offrir gratuitement des cours de musique ouïghoure en ligne aux amateurs, grâce à des vidéos. Kurbanjan espère que, grâce à Internet, la culture ouïghoure pourra mieux se transmettre et se perpétuer.

La famille de Mamatrixat Abudulla partage les mêmes aspirations que celle de Kurbanjan. « Je suis de la quatrième génération qui fabrique le doppa (bonnet traditionnel) auquel je suis profondément attaché. Mon rêve est d'ouvrir un jour une salle d'exposition pareille à la sienne. Je voudrais permettre à plus de gens d'apprendre à connaître le doppa ouïghour. »

Sur les murs s'alignent des couvre-chefs ouïghours de tous types et de toutes couleurs. Les origines et la signification des ornements sont parfois indiquées à côté. « Tiens, ce sont des doppas de Khotan, une région où l'on produit des noix... les chapeaux ont une forme de noix. » Ces petits chapeaux, avec les explications de Mamatrixat Abudulla, prennent vie et se mettent à incarner l'histoire des différentes cultures des régions du Xinjiang.

Mamatrixat Abudulla a dépensé une centaine de milliers de yuans pour promouvoir et populariser la culture du doppa. Son fils Bakkaji Mamatrixat a commencé à participer à ce travail tout récemment. Il trace des plans pour le futur : « Je pense que dans l'avenir, on pourra recourir à WeChat et à Internet pour mieux diffuser notre culture. »

Selon Mamatrixat Abudulla, le développement de l'industrie du doppa passe par un mode de production industriel, loin des méthodes artisanales de l'atelier familial. Dans ce but, le père et le fils ont fondé l'Association Kamat du doppa ouïghour de la ville de Kachgar. À l'heure actuelle, ils se concentrent sur la mise au point d'un processus de fabrication normalisé du doppa qui permettra de procéder à la division du travail et de créer plus d'emplois. Mamatrixat Abudulla explique : « La fabrication d'un doppa passe par quatre processus. Chacun représente des emplois nouveaux. Je voudrais optimiser le temps libre des femmes du village pour lancer une production unifiée de grande envergure. »

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Source: french.china.org.cn

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