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Le nouveau président français Emmanuel Macron a brandi l’étendard de la réforme au palais de l'Élysée. Immédiatement après sa prise de fonctions, il a lancé une campagne ambitieuse de transparence gouvernementale pour remédier aux abus de la vie politique française, en élaborant rapidement un projet de loi. Plusieurs hauts responsables politiques ont dû quitter leurs fonctions, et le monde politique est désormais parcouru par un certain sentiment d’effroi.
Au début de la campagne présidentielle de 2017, le candidat du parti Les Républicains François Fillon était le favori des sondages, avant qu’un scandale d’emplois fictifs ne signe sa chute. Il a été accusé, pendant les années où il était député, d’avoir rémunéré son épouse Penelope un total de 900 000 euros pour un emploi d’assistante parlementaire, alors que celle-ci n’avait jamais été aperçue dans les couloirs de l’Assemblée. Il a également été soupçonné d’avoir profité de ses responsabilités et contacts étatiques en tant que député puis premier ministre en créant un cabinet de conseil privé qui facturait ses conseils à de grandes entreprises comme l’assureur Axa.
Juste après ces révélations, l’autre favorite, la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, a été visée par des allégations similaires. Sur les vingt-trois membres que compte son groupe Front national au Parlement européen, le Parlement a estimé que vingt travaillaient en réalité au siège du parti à Paris, sans jamais participer au travail du Parlement à Strasbourg, ce qui représenterait sur la période de 2010 à 2016 une perte de 7,5 millions d'euros de fonds publics européens.
Ces scandales ont suscité une forte réaction de l’opinion publique pendant la campagne. La majorité des électeurs ont exprimé leur dégoût envers les politiciens qui font de grands discours tout en utilisant les failles de la loi pour tirer profit de leur position d’autorité, et Fillon a subi une défaite cuisante.
Au premier tour de scrutin, le Parti socialiste et le parti Les Républicains, qui occupaient le centre de la vie politique depuis de nombreuses années, ont tous deux été éliminés, du jamais vu dans l'histoire de la Ve République. Cela montre l’indignation profonde du public français à l’égard du grand nombre de politiciens corrompus. Leur bulletin de vote a servi à exprimer leur fort désir de changement du statu quo de la politique française.
Emmanuel Macron a clairement perçu cette demande, ainsi que la crise actuelle de la démocratie française, et il a fait de la réforme politique une priorité. Dans un premier temps, il veut redéfinir l'image de la politique par des actions audacieuses et décisives qui devraient redonner confiance aux gens.
Loi sur la moralisation de la vie politique
Le 9 août dernier, l'Assemblée nationale a adopté la « loi sur la moralisation de la vie politique » avec une majorité écrasante. Cette loi interdit aux ministres, aux parlementaires et aux élus locaux de recruter des membres de leur famille en tant qu'assistants, encadre strictement les frais, supprime la réserve parlementaire qui permettait jusqu’ici aux députés d’attribuer des subventions, pour éviter les « dérives clientélistes », et stipule que le patrimoine des candidats à l’élection présidentielle sera vérifié, que les conflits d’intérêts potentiels et les activités dont ils tirent profit devront être déclarés.
Les intentions de cette loi sont claires. Premièrement, de réparer les failles de la législation et des règlements administratifs existants, afin d'empêcher les fonctionnaires à tous les échelons, les parlementaires et les élus de tirer profit d’emplois fictifs d’assistants. Deuxièmement, de mettre fin aux relations de profit entre les parlementaires et les représentants locaux. Et troisièmement, d'éliminer l’image de libre circulation de l’argent public dans le monde politique.
La chute d’alliés et de proches du président
Le 22 juin, à peine un mois après sa prise de fonctions, Emmanuel Macron a exclu du gouvernement son ami Richard Ferrand, ministre de la Cohésion du territoire, pour montrer que les exigences de moralité s’appliquaient en premier lieu à son groupe. Richard Ferrand avait été au cœur de l’équipe de campagne et était vu comme un proche du président. Lors de la formation du gouvernement, il avait été remercié par un important poste ministériel.
Il a été congédié parce que lorsqu’il était directeur général des Mutuelles de Bretagne, une société immobilière appartenant à son épouse avait été choisie pour la location de locaux commerciaux. En outre, durant son mandat de député, il aurait employé son fils comme assistant parlementaire. Lorsque le scandale a éclaté au mois de mai, juste après l’élection, la nécessité de son départ est vite devenue évidente.
Au même moment, la ministre des Armées Sylvie Goulard et la ministre des Affaires européennes Marielle du Sarnez ont été prises dans le tourbillon des soupçons d’emplois fictifs du parti MoDem (Mouvement démocratique) d'assistants au Parlement européen. On accuse le parti d’avoir financé ses activités grâce aux fonds européens destinés aux assistants. Les accusations sont exactement les mêmes que celles visant Marine Le Pen, et les deux ministres ont dû quitter le gouvernement.
En décidant de se séparer de ces ministres, Macron a pris un grand risque, car le MoDem a été son seul allié politique durant la campagne, et la contribution du parti à sa victoire ne peut être niée. Le président du MoDem François Bayrou a également annoncé sa démission du poste de ministre de la Justice. Bien qu’il ne fasse pas l’objet d’accusations, en tant que président du parti pris dans la tempête, sa présence au ministère de la Justice était intenable. Il aurait été dans l’incapacité de défendre le texte de loi sur la moralisation de la vie politique, et n’avait donc d’autre choix que celui du départ.
La première équipe gouvernementale d’Emmanuel Macron a ainsi connu quatre départs sur un total de seize membres dans le cadre du scandale des emplois fictifs. Son action forte pour avoir un gouvernement propre et sa volonté de faire appliquer les règles de moralité à tous ceux autour de lui ont provoqué une réaction considérable et ont semé la crainte dans les cercles politiques.
Un autre personnage politique s’étant retrouvé dans la tourmente est Michel Mercier, ancien ministre de la Justice de 2010 à 2012 durant la présidence de Nicolas Sarkozy. Sénateur durant dix-neuf ans, aujourd’hui à l'âge de la retraite à soixante-dix ans, il était bien parti pour accéder au Conseil constitutionnel, dernier pas glorieux d’une longue carrière. Lorsque sa nomination a été annoncée à la fin du mois de juillet, les médias ont révélé qu’il avait employé deux de ses filles comme assistantes au Sénat entre 1995 à 2009 et qu’il était soupçonné d’emplois fictifs. Pour ne rien arranger, alors que sa fille recevait un salaire d’assistante à Paris, elle vivait à Londres.
Sous la forte pression de la campagne de moralisation de la vie politique, le Conseil constitutionnel a publié un communiqué rappelant « l’obligation générale de ses membres de s’abstenir de tout ce qui pourrait compromettre l’indépendance et la dignité de leurs fonctions ». Michel Mercier a rapidement décidé, au vu de l’opinion publique, de renoncer à son ascension.
De Fillon à Mercier, le scandale des emplois fictifs a fait tomber bien des têtes. Que cette habitude tacite de longue date signe aujourd’hui la chute de si nombreux responsables politiques illustre la détermination et la force d’intimidation de l’opération de moralisation de la vie politique française.
(Traduction en français d’un article rédigé par Shen Xiaoquan, maître de recherches au Centre de recherche sur les problématiques mondiales de l’agence de presse Xinhua.)
马克龙的廉政行动震慑法国政坛
法国新总统马克龙是高举改革大旗入主爱丽舍宫的,他上任后立即启动了一场声势浩大的廉政行动,矛头直指法国政治生活中的各种弊端,有关的立法迅速出台,一些违规高官应声落马。这场廉政行动震慑了整个法国政坛。
2017年的总统大选中,右翼共和党总统候选人菲永原本是最有希望当选新一届总统的,但是他却陷入了“空饷门”丑闻。菲永遭到的指控是,他作为国会议员曾雇用其夫人作助手领取薪酬,总额90万欧元,而他的夫人从来没有来议会上过班。也就是说,菲永以聘用助理的名义长时间套取空饷。除了“空饷门”,他还涉嫌以权谋私,因为他开办一家咨询公司,利用自己担任总理以及国会议员的资源优势,通过这家公司向阿克萨保险等大公司提供咨询,获得巨额报酬。
紧接着,本次大选最热门的另一位候选人、极右翼国民阵线的玛丽娜·勒庞也遭到了几乎同样的指控。她领导的国民阵线在欧洲议会有23名议员,欧洲议会指控国民阵线所聘用的议员助理中有20名是国民阵线在巴黎总部的工作人员,从来没有在欧洲议会上过班,从2010年到2016年给欧洲议会造成的损失高达750万欧元。
总统大选中披露的这两起“空饷门”丑闻事件引起社会舆论强烈反响。广大选民对这些表面上冠冕堂皇、私底下却钻有关法律的空子以权谋私的政客十分厌恶,菲永等人最终遭到惨败。
本次大选中,长期占据政坛中心、轮流执政的左翼社会党和右翼共和党在第一轮投票中全部淘汰出局,这在法兰西第五共和国历史上是从未有过的现象。这说明,广大民众对法国现实中不正常的政治生活强烈不满、对为数众多的腐败政客无比愤怒。他们用手中的选票表明对彻底改变法国政坛现状的强烈要求。
马克龙清楚地看到广大民众的这一诉求,也看到法国民主制度的严重危机,因此,他在其政纲中把政治改革放在了优先位置。作为第一步,他要通过大刀阔斧的廉政行动来重新塑造法国的政治形象,以唤回民众的信心和信任。
颁布《政治生活信任法》
今年8月9日,国民议会以压倒性多数正式通过《政治生活信任法》。这部法律禁止部长、议员和地方民选代表雇用自己的亲属作助理;严格管理“议员任职费用津贴”;取消“议员储备金”,制止国会议员滥用这笔资金收买同他们有关联的地方政府;规定总统候选人不仅需要进行财产公示而且要对利益冲突和营利活动进行申报等。
这项立法的意图十分明确:1、弥补现存有关立法和行政条例的漏洞,杜绝各级官员、议会议员以及各级民选代表以招聘助理等名义来“套空饷”;2、切割国会议员同各级地方政府的利益关系;3、杜绝政治献金泛滥现象。
马克龙的亲信和盟友遭整肃
6月22日,刚刚上任一个月有余的马克龙便“大义灭亲”,把自己的政治挚友、时任内阁领土整合部部长的费朗开除出政府。马克龙竞选总统期间,费朗是其竞选团队的核心人物,堪称马克龙的亲信和智囊。马克龙当选总统后的首任内阁中,费朗就被任命为领土整合部长,这是法国政府内重量级的部长职位。
费朗被解职的原因是,他在担任“布列塔尼医疗互助基金”总经理时,同前任及现任妻子的经营业务相牵连,涉嫌利益输送;此外,费朗在担任国会议员时曾聘用自己的儿子作为议员助理。这一丑闻的揭露时间是5月份,即马克龙当选总统之后,其矛头所向不言而喻。
同时陷入丑闻风波的是时任国防部长的古拉尔和时任欧洲事务部长的萨赫内。这两名部长来自中间派“民主运动”,都牵涉通过虚构的欧洲议会议员助理职位冒领资金,用于“民主运动”的国内活动经费。这和此前揭发的勒庞在欧洲议会所遭到的“空饷门”指控如出一辙。于是,这两名部长也同时被马克龙解职。
马克龙这一举动有极大风险,因为“民主运动”在本次大选中是马克龙的唯一政治盟友,对马克龙的胜选功不可没。果然,“民主运动”主席贝鲁也宣布辞去政府司法部长职务。贝鲁本人并没有直接涉嫌欧洲议会“空饷门”丑闻,但是“民主运动”两名重要成员陷入丑闻,作为这个党的主席,贝鲁富有不可推卸的责任,而贝鲁作为政府的司法部长、又是《政治生活信任法案》的主要推动者,已经很难胜任这一职务,于是只能选择辞职。
马克龙的第一届内阁共有16名成员,其中有4名直接或间接涉嫌“空饷门”丑闻而去职,马克龙这一廉政行动的力度很大,而且整肃的对象是自己的亲信和盟友,马克龙这一举动的社会反应不小,起到了震慑作用。
另一名因违规而付出代价的是现年70岁的梅西耶。梅西耶2010-2012间曾经担任萨科齐政府的司法部长,他担任参议员时间长达19年,现已到了退休年龄。鉴于其资深议员的身份,他获得了进入法国宪法委员会的资格。这是梅西耶从政生涯的光荣归宿。今年七月底,他的相关任命已经公布。然而,媒体此时却揭露:梅西耶在1995到2009年间曾雇用女儿和妻子作为议员助理,涉嫌吃空饷。尤其是他的女儿领取助理的薪水,却长期居住在伦敦,很难让人信服她会在巴黎承担国会议员助理的工作。
宪法委员会慑于当前法国廉政行动的巨大压力,立即发表声明表明态度。声明说,宪法委员会的成员不能有损这个委员会的独立和尊荣。这份声明实际上对梅西耶的任职资格提出了异议。在舆论压力下,梅西耶被迫于8 月份宣布放弃了宪法委员会的这一任职,这使得他原本可以获得的 “光荣归宿”最终化为泡影。
从菲永到梅西耶,一批高官因为同样的“空饷门”丑闻而一个个栽了跟头,一项官场上习以为常的潜规则,现在却成了“见光死”的命门,这反映了当前法国廉政行动的力度之大和威慑力之强。(新华社世界问题研究中心研究员 沈孝泉)
| Source:french.china.org.cn | ![]() |
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