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François Hollande : non à un duopole franco-allemand

Les médias allemands avaient prévu une aggravation de la tension dans les relations franco-allemandes si le candidat socialiste François Hollande était élu à la présidence française. C'est désormais chose faite : Hollande a été élu le 6 mai en l'emportant sur Sarkozy, et tout de suite, l'évolution des relations entre les deux pays est devenue une réalité qui se pose à leurs dirigeants. On a appris que la passation de pouvoir entre le président élu François Hollande et le chef de l'Etat sortant Nicolas Sarkozy était fixée au 15 mai et que Hollande se rendrait immédiatement à Berlin pour discuter avec la chancelière allemande Angela Merkel des relations bilatérales et des problèmes européens.

Divers indices montrent qu'après l'accession de Hollande au poste de président, les relations franco-allemandes, tout en maintenant leur cadre général, connaîtront des réajustements qui ne seront pas sans conséquences sur la construction européenne.

Hollande est contre le duopole France-Allemagne

En 1962, tout au début de la naissance de la Communauté européenne, le président français Charles de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer, deux hommes politiques clairvoyants, ont échangé des visites et ont signé, le 22 janvier 1963 au palais de l'Elysée, le « Traité de l'Elysée » qui prévoyait, entre autres, des rencontres régulières entre les chefs d'Etat des deux pays. Ce traité a traduit la volonté des deux pays de coexister en paix et marqué la réalisation d'une véritable réconciliation entre eux en passant l'éponge sur les rancunes du passé. Il a joué un important rôle historique dans la promotion de l'intégration européenne.

En tant que nouveau président français, au sujet des relations avec l'Allemagne, Hollande ne pourra pas aller à l'encontre de la position conséquente française observée depuis un demi-siècle. Le 26 janvier dernier, Hollande a annoncé dans son programme officiel pour la campagne présidentielle qu'en janvier prochain, à l'occasion du cinquantenaire du « Traité de l'Elysée » qui a institué les relations franco-allemandes actuelles, il soumettrait à la chancelière allemande une proposition sur un nouveau traité franco-allemand. Il pense qu'il est nécessaire de démarrer un nouveau cycle en Europe, un nouveau cycle de la coopération économique, industrielle et énergétique entre la France et l'Allemagne. On peut déduire de cette attitude de principe au moins deux conclusions : 1) Le gouvernement français, comme par le passé, attachera une haute importance au développement des relations avec l'Allemagne ; 2) Face aux nouveaux défis planétaires et aux nouvelles menaces sur l'Europe, la France et l'Allemagne devront s'adapter à la nouvelle situation en renouvelant leurs relations bilatérales. Hollande a surtout souligné que celles-ci ne sont en aucune manière exclusives, mais des « relations équilibrées et respectueuses ».

L'axe franco-allemand a été de tout temps un moteur de la construction européenne. Ces dernières années en particulier, il a joué un grand rôle tant dans la lutte contre la tempête financière internationale et la crise de la dette souveraine européenne que dans les efforts pour atténuer les pressions sur l'euro et faire progresser l'Union européenne. La collaboration Sarkozy-Merkel a été qualifiée d'« entente parfaite ». Au sujet des relations spéciales France-Allemagne, Hollande a ses propres points de vue. Pour lui, on peut parler d'« axe franco-allemand », mais non de « duopole » en négligeant les autres pays. Vu cette attitude, on a raison de croire qu'à l'avenir, la France et l'Allemagne, dans leurs efforts pour promouvoir l'intégration européenne, renforceront leur coopération tout en prenant davantage en considération les opinions des autres pays membres de l'UE. Une telle position pourra sans doute dissiper les inquiétudes de certains petits pays d'être marginalisés dans la prise de décision de l'UE. Cependant, il faudra encore observer pour voir si l'axe franco-allemand peut ou non fonctionner normalement et continuer à jouer son rôle de moteur.

Priorité à la réduction du déficit ou à la relance de la croissance ?

Hollande à peine élu président, des divergences ont déjà surgi entre lui et Madame Merkel, notamment au sujet du pacte budgétaire européen adopté au début de cette année.

Le pacte budgétaire européen a été un document proposé conjointement par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel vers la fin de l'année 2011 sur une initiative allemande. Après de multiples consultations, le texte a été enfin accepté en janvier dernier par la plupart des pays membres et signé en mars par les dirigeants de 25 pays membres de l'UE. Une fois ratifié par tous les Etats membres, il entrera officiellement en vigueur en janvier 2013. Ce traité budgétaire, adopté par l'UE, est en fait une réforme structurelle pour faire face à la crise de la dette souveraine européenne qui a déjà duré deux ans. Il consiste notamment à faire appliquer rigoureusement la discipline budgétaire évoquée dans le « Pacte européen de croissance et de stabilité » pour garantir la stabilité de l'euro. Il demande à chaque Etat membre d'inscrire, comme règle d'or, cette discipline dans sa Constitution. En cas de non respect, une sanction sera automatiquement appliquée. Sarkozy a décidé d'appliquer strictement les dispositions du traité en prévoyant de réduire le déficit de 5,2 % en 2011 à 4,5 % en 2012 pour arriver à moins de 3 % en 2013.

 

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french.china.org.cn     2012/05/10

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