Haute couture à Paris : haute en couleurs chinoises

Par : Lisa |  Mots clés : Laurence Xu, Fashion Week haute couture à Paris
French.china.org.cn | Mis à jour le 10-08-2017

Le 4 juillet, le défilé de la collection Shanshui s'est tenu à l'InterContinental Paris Le Grand.

 

Les broderies rurales dans la ville de la mode

L'affinité entre Laurence et la province du Guizhou a pris sa source dans le film Le Soleil se lève aussi, dirigé par le fameux réalisateur chinois Jiang Wen. À cette époque, pour les besoins du tournage, Jiang Wen a demandé à Laurence de concevoir une paire de chaussures qui soit la plus « mystérieuse » au monde. Après plusieurs tours de sélection, il a décidé de tresser ces chaussures avec des crins de queue de cheval, une technique artisanale antique spécifique à l'ethnie shui de la province du Guizhou, aujourd'hui considérée comme un « fossile vivant » de la broderie chinoise.

Avec émotion, Laurence se rappelle son expérience dans les montagnes : « Il y avait deux mamies de 90 ans qui nous aidaient à fabriquer les chaussures. Et même leur petite fille de 4 ans savait manier l'aiguille pour coudre. J'étais stupéfait. Au moment de notre départ, nous avons suivi pendant longtemps un sentier de montagne et à un moment donné, nous avons jeté un coup d'œil derrière nous : les deux mamies étaient toujours là, agitant la main en signe d'adieu. Je suis encore tout ému aujourd'hui quand je repense à ces deux petites silhouettes, au loin dans les montagnes. » Il nous confie que désormais, en tant que designer, il peut se permettre de « présenter le brocart royal Yunjin sur des podiums internationaux. Et je suis également prêt à faire connaître au monde les broderies réalisées dans les villages chinois. »

Gardant de merveilleux souvenirs du Guizhou, Laurence est retourné dans cette province pour explorer plus avant le savoir-faire artisanal et la culture traditionnelle des ethnies minoritaires. Ainsi a-t-il découvert la broderie des Miao et le batik d'Anshun. Laurence a intégré ces deux éléments dans sa collection Shanshui qu'il a présentée à Paris en juillet dernier. La broderie des Miao représente un mode d'expression unique dans la culture des Miao qui perdure depuis des centaines d'années. Chaque motif fait référence à une légende. Les procédés de déformation et d'exagération utilisés pour illustrer des mythes de la création du peuple Miao donnent lieu à ces broderies au style artistique unique. Quant au batik d'Anshun, il est apparu sous la dynastie des Hans occidentaux (206 av. J.-C.―24), il y a plus de 2 000 ans. Le batik se distingue par ses couleurs sobres, ses motifs élégants et ses thèmes culturels variés.

Avant d'aller dans les montagnes du Guizhou pour s'informer sur cet art, Laurence croyait, comme beaucoup d'entre nous, que le batik d'Anshun était exclusivement bleu et blanc. Mais une fois sur le terrain, il a vu que celui-ci pouvait en fait arborer toute une palette de couleurs. Contrairement au batik traditionnel, le batik d'Anshun est teint avec de l'indigo et d'autres colorants extraits des plantes, affichant ainsi des couleurs vives. « J'aimerais présenter au monde les tout premiers batiks chinois, faits main par des artisans qui n'ont pour outil qu'un couteau spécial. Ils accomplissent le travail d'une seule haleine, sans s'aider d'une esquisse, connaissant par cœur tous les motifs et tous les dessins. Je reste époustouflé devant les fins totems réalisés selon la technique du batik. »

Laurence est considéré par certains Chinois comme un nouvel ambassadeur de la mode dépêché à Paris. Tel l'explorateur et envoyé impérial Zhang Qian (164-114 av. J.-C.) qui a vécu sous la dynastie des Hans occidentaux, il parcourt le monde en emportant avec lui la quintessence de la culture chinoise et revient en Chine chargé d'innovations étrangères. Laurence avoue : « Je me sens investi d'une mission et c'est là ce qui me motive. Je compte bien continuer à exposer les artisanats traditionnels chinois sur la scène internationale. » Toutefois, la richesse culturelle de la Chine est si insondable qu'il ajoute : « Même à 80 ans, je n'en aurai toujours pas fait le tour. »

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Source: La Chine au Présent
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