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La fabrique des héros - les femmes et les hommes du programme spatial chinois

French.china.org.cn | Mis à jour le 22. 01. 2018 | Mots clés : programme spatial,astronaute


L’astronaute Zhang Xiaoguang s’est préparé pendant quinze années avant d’aller dans l’espace.

Zhang Xiaoguang, l’un des quatorze pilotes recrutés dans le premier groupe d’astronautes chinois à effectuer un vol dans l’espace, avait 32 ans, lorsqu’il a rejoint le Corps d’astronautes de l’Armée populaire de libération (APL) à sa fondation en 1998.

Ses prises de note pour passer la trentaine de cours fondamentaux exigés pour chaque astronaute ont dépassé les 200000 caractères chinois.

Il a étudié les mathématiques à un niveau avancé, l’aérodynamique, l’astronomie, l’anglais, les sciences environnementales, la médecine, la psychologie, les sciences et technologies spatiales, ainsi que d’autres cours théoriques, le tout en une année seulement. Cette tâche surhumaine lui demanda d’ingérer en douze mois l’équivalent de quatre années d’études universitaires.

Liu Yang, qui fit partie du deuxième groupe d’astronautes en 2010, est la première Chinoise à être allée dans l’espace en 2012. Elle décrit sa vie d’astronaute comme le fait d’être « redevenue étudiante ».

Afin de piloter la navette spatiale, Zhang dut mémoriser neuf manuels de vol spatial et reçut l’enseignement de Yang Liwei, le premier Chinois à être allé dans l’espace. Il avait également acheté un appareil pour prendre des photos et des vidéos de tous les coins et recoins du simulateur de la capsule, les enregistrant sur son ordinateur et les étudiant dès qu’il avait une seconde de disponible.

Zhang put ainsi rapidement dire - les yeux fermés et sans se tromper - le nom, la position et la fonction de chaque bouton du poste de pilotage.

Son coéquipier Nie Haisheng le décrit comme étant l’homme le plus persistant qu’il a jamais rencontré.

En 2013, Zhang Xiaoguang, Nie Haisheng et Wang Yaping furent sélectionnés pour la mission Shenzhou-10, le premier vol de Zhang dans l’espace. Wang Yaping prononça le premier cours de Chine depuis l’espace à une audience de plus de 300 écoliers réunis dans un auditorium de Beijing, avec Zhang comme cadreur.

Au cours des quinze jours que durèrent son séjour dans l’espace, la navette Shenzhou-10 s’est arrimée deux fois au laboratoire orbital Tiangong-1, rapprochant encore un peu plus la Chine de son objectif d’une station spatiale permanente habitée d’ici 2020.

A son retour sur Terre, Zhang a déclaré que nous étions des rêveurs et que désormais, notre rêve était devenu réalité.

En poursuivant ce rêve, Zhang échoua aux sélections pour les missions spatiales habitées Shenzhou-5, Shenzhou-6, Shenzhou-7 et Shenzhou-9. Cependant, il n’abandonna pas et travailla encore plus. « Sans une ténacité exceptionnelle, ils ne peuvent pas y arriver », explique Huang Weifen, le concepteur en chef adjoint du Centre des astronautes de Chine.

En-dehors des études théoriques, les astronautes sont soumis à une panoplie d’entraînements physiques et psychologiques.

L’hypoxie fut le problème principal de Zhang et un élément crucial dans sa sélection. Dans une chambre pressurisée, les astronautes subissent des simulations d’ascension du niveau du sol à une altitude de 5000 m en cinq minutes, ce qui entraîne des vertiges, des nausées et tous les effets provoqués par la privation d’oxygène.

Afin de parer à cette faiblesse et d’en faire une force, Zhang était toujours le premier arrivé au centre d’entraînement et le dernier à en partir. Dans le test de sélection pour la mission Shenzhou-10, il réussit ainsi à obtenir les meilleurs résultats.

L’aerotrim, aussi appelé « chaise gyroscopique », est un entraînement classique pour les astronautes, conçu pour renforcer l’équilibre et l’orientation spatiale. Tenir cet exercice pendant dix minutes est considéré comme « excellent », mais Zhang s’est toujours poussé à en faire quinze minutes.

Selon Nie Haisheng, Zhang fait toujours les choses « parfaitement ».

Afin de s’entraîner à marcher dans un environnement spatial en apesanteur, Zhang a porté une combinaison pesant plus de 160 kg et restait parfois sous l’eau jusqu’à quatre heures d’affilées. A chaque session, il pouvait perdre jusqu’à 2 kg et plus.

L’entraînement dans une centrifugeuse pour résister aux fortes accélérations oblige le corps à endurer des pressions équivalant à huit fois son propre poids. Les muscles du visage se déforment, la respiration devient difficile et le front se gonfle. Il y a un bouton d’arrêt d’urgence à l’intérieur de la centrifugeuse, mais Zhang n’a jamais appuyé dessus. Un jour, la mère de Liu Wang, l’une des membres d’équipage de Shenzhou-9, eut l’opportunité de voir sur un écran de contrôle l’entraînement de son fils dans la centrifugeuse. Ce qu’elle a vu l’a fit pleurer et elle refusa d’en voir plus.

Depuis que Yang Liwei s’est envolé pour la première fois dans l’espace, les astronautes chinois ont réalisé six vols spatiaux habités, effectué plus de 100 expériences et orbité autour de la Terre pendant 68 jours et 68 nuits.

Au début du mois de janvier, pour commémorer le 20e anniversaire du Corps d’astronautes, les onze hommes et femmes à s’être rendus dans l’espace se sont réunis dans l’un des centres d’entraînement. Ils ont ensuite levé leur poing et revisité le serment d’honneur et d’engagement qu’ils avaient pris des années plus tôt.

Dans la mission la plus récente Shenzhou-11 en 2016, Jing Haipeng et Chen Dong sont restés dans le laboratoire spatial Tiangong-2 pendant 30 jours.

Dans un futur proche, lorsque la station spatiale chinoise sera finalement en orbite, les missions spatiales habitées seront quelque chose de fréquent. Les ingénieurs et même des touristes pourront se rendre dans l’espace.

Zhang Xiaoguang et ses collègues se sont déjà lancés dans les préparatifs pour travailler dans la station spatiale. Les mots prononcés par Zhang, lorsque la mission Shenzhou-10 fut terminée, résonnent aujourd’hui de façon plus appropriée que jamais:

« Notre rêve spatial ne connaît pas de limites et nos efforts ne cesseront jamais. »


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Source:french.china.org.cn