L'urbanisation s'engage sur une nouvelle voie

Par : Lisa |  Mots clés : la réforme et l'ouverture,l'urbanisme ,L'urbanisation
French.china.org.cn | Mis à jour le 07-03-2016
L'urbanisation s'engage sur une nouvelle voie

PENG SHUYI*

Depuis la réforme et l'ouverture, la Chine connaît undéveloppement économique rapide qui a entraîné à son tour une période d'urbanisationde grande ampleur. La dernière décennie notamment a vu le rythme de la construction de logements le plus élevé au monde avec une croissance annuelle des surfaces habitables dépassant 1,3%. Conséquence, le taux d'urbanisation, c'est à dire la proportion de citoyens vivant en ville, est passé rapidement de moins de 20% en 1979 à 52,6% en 2012, et 56,1% fin 2015. Une évolution rapide qui transforme la Chine, un pays autrefois principalement agraire.

Avec le recul du temps, on s'aperçoit que le développement anarchique de l'urbanisme a créé un grand nombre de problèmes. Les villes construites à toute vitesse semblent toutes sorties du même moule ; les services publics y sont insuffisamment développés. Le gouvernement a conduit une réflexion sur ces questions et avancé un nouveau concept de construction et d'urbanisme dont l'objectif est de préserver l'environnement et de promouvoir un développement durable centré sur l'homme, un aspect important de la reconversion économique chinoise.

Problèmes issus de l'urbanisation rapide

L'urbanisation a été bien plus lente dans les pays occidentaux qui n'ont connu au début de leur urbanisation que des taux annuels compris entre 0,16 et 0,24%. Dans ces pays, le taux d'urbanisation a mis des décennies, voire jusqu'à un siècle pour passer de 20% à 40%.Il a fallu encore plusieurs décennies pour voir ce taux atteindre 80%. La Chine a pris un départ tardif vers la modernisation et manquait d'expérience face à l'exode rural. Le mode d'urbanisation extensif qui s'est imposé crée aujourd'hui un certain nombre de problèmes.

Le début de l'urbanisation a été dans une certaine mesure comparable à une course à la globalisation. Des grands travaux, publics et privés, de démolition et de construction ont été lancés. Grandes ou petites, les villes ont rivalisé dans l'internationalisation, oubliant leur identité géographique, leur particularisme social et culturel. La mode était de favoriser tout ce qui était étranger et moderne,au point que la plupart des rues et maisons de style traditionnel, chargées d'histoire et de culture ont été démolies et remplacées par des avenues larges, des places monumentales et des bâtiments élevés. Des monuments de kitsch ont poussé à la va-vite dans les grandes villes et les petites bourgades, depuis des copies de la Porte de Tiananmen jusqu'à des arcs de Triomphe pastiches et même des répliques de la Maison Blanche. Résultat, dans un pays aussi vaste et varié que la Chine, un grand nombre de villes se ressemblent comme des gouttes d'eau. Des villes dépourvues d'originalité et de caractère, dans un style qui n'est ni chinois ni étranger, comiques par leur éclectisme, vides de souvenirs, sans passé, sans beauté et sans âme : un véritable gaspillage de ressources.

Dans cette première phase de l'urbanisation, la priorité absolue était la croissance du PIB. Mais on a négligé la construction d'infrastructures pourtant indispensables, comme les canalisations souterraines, les hôpitaux, les écoles, les espaces verts, les parcs ou encore les centres de traitement des ordures. Des villes parfoismodernes en apparence mais non adaptées à la vie des citoyens. On entend parler quotidiennement de grandes villes, voire de mégapoles, confrontées à des pénuries d'eau potable, d'électricité, mais aussi à de graves disparités entre offre et demande dans le domaine de l'éducation, de la médecine, sans compter la pollution et les embouteillages. Les villes petites et moyennes, de leur côté, souffrent de carences dans les services publics.

Un autre point important est que l'urbanisation de la population est beaucoup plus chaotiqueencore que ne le laisse supposer le paysage urbain. L'excédent de main d'œuvre des campagnes a entraîné une migration des paysans vers les villes, une population qui n'a pas jusqu'ici bénéficié d'une assimilation appropriée. Les statistiques montrent quesi les villes accueillent plus de 50 % de la population du pays, le taux d'urbanisation officiel de la population est inférieur à 40%. Autrement dit, et malgré l'augmentation du nombre de villes et de bourgs en Chine, près des deux tiers des anciens paysans sont privés du statut de citadin dans les villes où ils résident. Ils sont considérés comme « de passage » dans ces villes, des travailleurs migrants, et, limités par le système actuel d'enregistrement àl'état civil, ils ne peuvent avoir accès de plein droit aux soins médicaux et à l'éducation. Nombreux sont ceux qui doivent laisser derrière eux des enfants en bas âge qui sont scolarisés dans les campagnes. Jusqu'en 2015, on comptait dans les régions rurales chinoises plus de 60 millions d'enfants séparés de leurs parents qui travaillent en ville, ce qui cause des problèmes sociaux non négligeables. Une des causes de ce phénomène est la surpopulation dans les grandes villes, incapables d'accueillir davantage d'habitants. Au contraire, les villes petites et moyennes suivent un développement plus lent et manquent d'unebaseindustrielle importante qui créerait un nombre d'emplois suffisant.

La construction d'un grand nombre de quartiers ou même de villes nouvelles lors de la première phase d'urbanisation a permis d'augmenter le taux d'urbanisation théorique, mais ces villes artificielles dépourvues de tissu industriel et d'emplois restent dans une large mesure des villes dortoirs, voire des « coquilles vides ».

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Source: La Chine au Présent
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