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La Chine peut jouer un rôle important dans les efforts mondiaux de décarbonation (ancien chef de l’AIE)
La Chine dispose d’une « position avantageuse », selon l’ancien responsable
La Chine occupe une position très avantageuse dans le domaine des nouvelles technologies énergétiques, telles que les énergies renouvelables, les batteries, ou encore les véhicules électriques (VE), a déclaré Nobuo Tanaka, ancien directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Dans une récente interview accordée au Global Times en marge de la Conférence annuelle 2025 du Forum de Boao pour l’Asie (FBA) qui s’est tenue dans la province chinoise de Hainan (sud), l’ancien directeur de l’AIE a également critiqué les mesures protectionnistes prises par certains pays étrangers à l’encontre des produits chinois issus des nouvelles énergies, notant que ces mesures augmenteraient le coût de la décarbonation aux États-Unis et en Europe.
Priorité à la coopération
« Cependant, malgré la montée du protectionnisme, la tendance mondiale au développement vert se poursuivra et il y a encore un large potentiel de coopération », a déclaré M. Tanaka, avançant que le Japon et la Corée du Sud devraient collaborer avec la Chine afin de développer une chaîne d’approvisionnement verte pour l’hydrogène et accroître l’utilisation des énergies renouvelables dans les trois pays.
« Chaque pays mène ses propres recherches dans des domaines tels que les énergies renouvelables, les batteries et les véhicules électriques. La Chine est incontestablement en avance dans ces technologies et occupe une position très avantageuse. Par conséquent, je pense que le Japon et la Corée du Sud devraient absolument collaborer étroitement avec la Chine et s'efforcer de tirer profit de cette coopération », a-t-il affirmé.
Lors de la 13e réunion trilatérale des ministres de l'Économie et du Commerce Chine-Japon-Corée du Sud, qui s'est tenue dimanche à Séoul, en Corée du Sud, les ministères de l'Économie et du Commerce des trois pays ont convenu d'aborder une accélération des négociations sur leur accord de libre-échange (ALE) trilatéral, de renforcer la coopération au niveau des chaînes d'approvisionnement et le dialogue sur le contrôle des exportations, d'approfondir la collaboration dans les domaines des économies numérique et verte, de stimuler la coopération locale, ainsi que de favoriser conjointement un environnement favorable à la collaboration commerciale, selon Xinhua.
« Au-delà de la coopération régionale, la Chine peut également jouer un rôle majeur dans la coopération mondiale », a déclaré l'ancien directeur de l'AIE.
« Grâce à ses avancées en matière de technologies et de pratiques de décarbonation, la Chine pourrait jouer un rôle crucial en fixant un prix du carbone », a-t-il noté, soulignant que pour établir une véritable économie verte mondiale, le monde avait besoin d'un marché du carbone standardisé. « En tant qu'acteur majeur des technologies vertes, la Chine est bien placée pour mener avec l'Europe des discussions dans ce domaine. »
Selon l'AIE, la Chine est le leader mondial dans plusieurs aspects du développement vert. Le pays est notamment en passe de consolider sa position de leader mondial des énergies renouvelables, alors qu’il devrait représenter 60% de l'expansion de la capacité mondiale d'ici 2030, indique le rapport de l'agence sur les énergies renouvelables pour 2024.
Le rapport souligne que depuis 2020, la capacité photovoltaïque cumulée de la Chine a presque quadruplé, tandis que sa capacité éolienne a doublé, et ce grâce à sa compétitivité-coût et à ses politiques de soutien. « Le succès de la Chine repose sur un soutien global aux énergies renouvelables, tant à grande échelle que ciblé, et ce dans toutes les technologies renouvelables », précise le rapport.
M. Tanaka a souligné que malgré l'émergence du protectionnisme et des différends commerciaux, les efforts « sérieux » de la Chine en matière de décarbonation et de développement technologique restaient sur la bonne voie. « Il est également très important de maintenir le dialogue avec les autres acteurs mondiaux via cette plateforme concernant les différends commerciaux. C'est la bonne chose à faire », a-t-il indiqué.
Montée du protectionnisme
Les États-Unis et l'Union européenne (UE) ont tous deux imposé d'importants droits de douane sur les produits chinois du secteur des nouvelles énergies. En septembre 2024, les États-Unis ont imposé des droits de douane de 100% sur les véhicules électriques chinois. En décembre 2024, les États-Unis ont dévoilé leur intention d'augmenter les droits de douane sur les panneaux solaires, le polysilicium et certains produits à base de tungstène en provenance de Chine, selon Associated Press. Cette année, la nouvelle administration américaine a imposé des droits de douane de 20% sur toutes les importations en provenance de Chine, entre autres mesures tarifaires.
Par ailleurs, fin octobre 2024, l'UE a imposé des droits de douane sur les véhicules électriques fabriqués en Chine à la suite d'une enquête anti-subventions. En décembre 2024, un responsable du commerce de l'UE a suggéré que le bloc pourrait cibler les éoliennes chinoises dans le cadre d'une autre enquête, selon Bloomberg.
« Voilà le compromis: si l’on restreint les cellules solaires, les batteries ou les véhicules électriques chinois bon marché et de haute qualité, le coût de la décarbonation aux États-Unis ou en Europe augmentera considérablement », a déclaré M. Tanaka. Interrogé sur l’impact de la récente décision américaine d’imposer des droits de douane de 25% sur toutes les voitures et pièces détachées automobiles, il a répondu que « la réponse est simple: les consommateurs américains en souffriront, ce qui est absurde ».
Cela étant dit, M. Tanaka a indiqué penser que la transformation énergétique était tirée par la demande plutôt que par l’offre. « La demande étant le principal moteur, je ne pense pas que la trajectoire globale changera. Si les politiques protectionnistes de la nouvelle administration américaine pourraient ralentir les choses, l’avancement vers la transformation verte restera probablement le même », a-t-il ajouté.
La Chine a appelé à plusieurs reprises au dialogue et à la consultation pour régler les différends commerciaux et s’est dite « fermement opposée au protectionnisme des États-Unis et de l’UE ».
Commentant la décision des États-Unis d'imposer jeudi des droits de douane de 25% sur toutes les voitures fabriquées à l'étranger, Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a rappelé que les guerres commerciales et tarifaires n'avaient pas de gagnant et qu'aucun pays au monde ne prospérait grâce à l'imposition de droits de douane.
« Les taxes américaines violent les règles de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), sapent le système commercial multilatéral fondé sur des règles, nuisent aux intérêts communs des peuples de tous les pays, et ne contribueront pas à résoudre le problème des États-Unis », a souligné M. Guo.
Malgré le protectionnisme montant, les produits à énergies nouvelles chinois, dont les véhicules électriques, continuent de gagner en popularité sur le marché mondial, et de nombreux pays envisagent une coopération plus étroite avec la Chine.
Dans une récente interview, également tenue en marge de la conférence annuelle du FBA à Hainan, l'ambassadeur de Nouvelle-Zélande en Chine, Jonathan Austin, a déclaré au Global Times que son pays avait grandement bénéficié de l'essor de la Chine, notamment dans le domaine technologique, soulignant que les véhicules électriques chinois étaient « un produit que nous sommes très heureux d'acheter ».
« L'avantage de la relation économique entre la Nouvelle-Zélande et la Chine est qu'elle est très complémentaire », a noté M. Austin, ajoutant que la Nouvelle-Zélande exportait beaucoup de produits alimentaires et de boissons de haute qualité vers la Chine, et qu'en retour le pays importait des produits manufacturés de Chine.
Source:french.china.org.cn | ![]() |
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