ZOOM AFRIQUE : Comment la technologie agricole chinoise est devenue un "code de bonne récolte" pour l'Afrique
Sur le billet de 20.000 ariary à Madagascar, un épi de riz hybride doré rappelle l'histoire de la coopération agricole sino-africaine. Depuis 2007, la Chine a envoyé dans l'Etat insulaire des experts agricoles qui ont réussi à doubler ou tripler les rendements des variétés traditionnelles africaines sur les parcelles d'essai de riz. En 2022, la technologie a été appliquée sur 75.000 hectares de terre, doublant les revenus de dizaines de milliers d'agriculteurs, consolidant profondément l'autosuffisance alimentaire du pays.
Dans la plupart des pays africains, la sécurité alimentaire et le développement agricole sont toujours des affaires clé concernant les moyens de subsistance du peuple. Ces dernières années, dans le cadre de la coopération Chine-Afrique, le continent a pu passer tout en profitant de la technologie agricole chinoise d'une "récolte assurée par le ciel" à une "récolte assurée par la technologie". Selon le rapport de la FAO, la Chine a activement aidé les pays en développement à relever leurs défis en matière d'agriculture et de sécurité alimentaire en partageant ses connaissances et son expertise dans des domaines tels que la production de riz, les statistiques agricoles et l'agriculture résistante au climat.
TECHNOLOGIE AGRICOLE ADAPTEE AUX CONDITIONS LOCALES
L'important de la mise en œuvre de la technologie réside dans "l'adaptation aux conditions locales". Les experts chinois élaborent leurs programmes en fonction des caractéristiques des sols et des schémas climatiques africains.
En Guinée-Bissau, l'approche "technologie et matériel" est bien saluée par les locaux. La Chine a non seulement fourni une assistance matérielle sous la forme de machines et d'outils agricoles, mais elle a également envoyé des experts agricoles pour dispenser une formation technique à la Guinée-Bissau sur une longue période, ce qui a permis d'atténuer efficacement le problème de la pénurie de talents locaux dans le domaine de l'agriculture, a expliqué Mamadu Saliu Lamba, ancien ministre de l'Agriculture, des Forêts et du Développement rural du pays.
Face aux ravageurs dans les rizières de Madagascar, l'équipe d'experts s'efforce de cultiver des semences de riz résistant aux insectes. "Autrefois, nous comptions sur le ciel pour manger, mais aujourd'hui, nous comptons sur la technologie chinoise". Le sentiment des agriculteurs locaux témoigne de l'essence même de ce changement. Le riz hybride, a indiqué l'ancien secrétaire général du ministère de l'Agriculture malgache, Philibert Rakotoson, a permis de convaincre le monde que la faim finirait par être éradiquée.
Au cours des dix années précédant la fin de 2023, la Chine a construit 24 centres de démonstration de technologies agricoles en Afrique, promouvant plus de 300 technologies agricoles avancées, ce qui a augmenté les rendements des cultures locales de 30 à 60% en moyenne et bénéficié à plus d'un million de petits exploitants africains. Basées sur les conditions locales, la culture du riz hybride et d'autres technologies agricoles chinoises, constituent des moyens importants pour les pays africains de sortir de la pauvreté et de parvenir à l'autosuffisance alimentaire.
RESTAURATION ECOLOGIQUE MENEE PAR L'INNOVATION TECHNOLOGIQUE
A une soixantaine de kilomètres à l'est de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, le village d'Idini, situé à la lisière du désert du Sahara, était autrefois en proie à une pauvreté résultant de la chaleur torride, de la sécheresse, de la pauvreté des sols et des vents de sable violents. Aujourd'hui, un champignon venant de Chine, dont le nom "Juncao" signifie "champignon-herbe" en chinois, a pris racine ici. Appelé par les locaux "le Juncao du bonheur", cette plante a non seulement aidé à bloquer les sables mouvants, mais a aussi fait prospérer le bétail.
Amir Abdou, un éleveur du village, se souvient de l'époque où son village était entouré de terres arides et sablonneuses. "Nos moutons mouraient de faim ou restaient faméliques", raconte-t-il. "C'est grâce aux experts chinois, qui nous ont appris à cultiver le Juncao et d'autres plantes, que nous avons enfin du fourrage pour nourrir nos troupeaux. Aujourd'hui, j'élève dix moutons, tous en excellente santé. Merci aux amis chinois !", s'exclame-t-il avec émotion.
Des lampes insecticides à énergie solaire qui réduisent l'utilisation de pesticides de 20% à 30%, aux variétés de riz tolérantes à la sécheresse et aux inondations qui conservent près de 60% des récoltes en cas de catastrophe, en passant par les petites machines agricoles qui amortissent la dégradation des sols grâce à l'agriculture de précision et renforcent indirectement la résistance des terres agricoles au changement climatique, l'innovation technologique permet d'engendrer diverses approches pour résoudre d'une manière durable les problèmes agricoles en Afrique.
La coopération sino-africaine dans le domaine agricole a transformé les déserts en terres fertiles. Comme le souhaite l'ancienne vice-présidente de la Commission de l'Union africaine, Monique Nsanzabaganwa, cette coopération peut aider à concrétiser l'aspiration de l'Afrique à l'autosuffisance en exploitant ses propres ressources naturelles.
MECANISME DE COOPERATION POUR UN AVENIR GAGNANT-GAGNANT
En août 2022, l'avocat frais africain est exporté pour la première fois vers la Chine, faisant preuve de coopération agricole plus variée et profonde entre la Chine et l'Afrique. Selon les données officielles publiées en 2024, la Chine a établi des mécanismes de coopération agricole avec 23 pays et organisations régionales africains, et signé 72 documents de coopération. Le nombre d'entreprises agroalimentaires chinoises en Afrique a dépassé les 200 et le stock d'investissements agricoles chinois en Afrique a dépassé un milliard de dollars, mettant en place un réseau de collaboration sur toute la chaîne industrielle, qui comporte la culture, la transformation et le commerce agricoles.
Au Nigeria, les variétés de riz conventionnelles sélectionnées et élevées par des entreprises chinoises ont accru la production d'environ 25% par rapport aux principales variétés locales; en Ouganda, avec le millet introduit de la Chine, les agriculteurs locaux ont pu réaliser un rendement par mu (un mu équivaut à 1/15 hectare) trois fois plus important qu'auparavant. En Tanzanie, des experts de l'Université agricole de Chine labourent les champs à côté des agriculteurs locaux, dans le cadre de projets portant sur le maïs et le soja. Il n'y a jamais eu d'experts d'un autre pays aussi diligents que les experts chinois pour visiter des maisons agricoles et des parcelles agricoles, a déclaré Ernest Robert Mkongo, ancien chef du secteur économique et productif de la région de Morogoro. Dans le même temps, grâce à la formation chinoise au commerce électronique, les producteurs de café rwandais sont directement connectés au marché mondial.
Outre les experts chinois envoyé en Afrique, les stagiaires africains formés en Chine ont contribué à l'application des technologies sur le continent. Ils ont appris les technologies agricoles et ont profité des cours de marketing numérique pour faire entrer sur le marché international les produits agricoles locaux. Comme le dit un agriculteur nigérian : "La technologie chinoise a transformé notre terre en une mine d'or et a illuminé notre avenir d'autosuffisance".