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Accès à l'énergie : les acteurs de l'OMVS misent sur la Chine

La première pierre du barrage de Félou a été posée le 30 octobre 2009 par les Chefs d'Etat et de gouvernement de la Guinée, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal. Une première unité hydroélectrique y avait été déjà construite en ...1928 par les colons.

Cette fois-ci, c'est à une entreprise chinoise que l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) a fait confiance pour réaliser cet ouvrage stratégique. En effet, l'entreprise chinoise Sinohydro Corporation (Filiale de Sinohydro Corporation Limited) va construire ce barrage qui sera opérationnel en 2012.

Ce projet d'envergure, dans une zone où le déficit d'électricité plombe l'économie, coûtera environ 120 milliards FCfa, financés par la Banque mondiale et la Banque européenne d'investissement (BEI).

Lors de la cérémonie de pose de la première pierre, le président Amadou Toumani Touré du Mali a exhorté la population locale et les cadres de l'OMVS à réserver le meilleur accueil possible à l'entreprise chinoise Sinohydro Corporation qui intervient déjà dans le secteur de l'énergie dans de nombreux Etats africains comme le Cameroun et la République démocratique du Congo.

Une expertise qui a beaucoup pesé dans le choix de l'entreprise chinoise. "Ce n'est pas un choix fortuit. Le projet présenté par Sinohydro Corporation était assez consistant car reposait sur une grande expérience dans la construction de barrages. Sans compter qu'avec les sociétés chinoises, on n'a aucun souci à se faire pour le respect des délais", souligne un conseiller technique du ministère malien de l'Energie et de l'Eau.

"La Chine a une excellente coopération avec les quatre pays qui composent l'OMVS. Cette organisation doit s'en inspirer pour s'ouvrir davantage aux entreprises chinoises qui peuvent lui être très utiles dans la réalisation des grandes ambitions qu'elle nourrit pour les populations", souligne Dan Fodio, journaliste économique au quotidien Les Echos.

"Si l'OVMS veut réellement libérer les Etats membres de la tyrannie de l'énergie fossile d'ici 2013, comme l'a annoncé récemment son Haut Commissaire (le Mauritanien Salem Ould Merzoug), elle doit s'allier avec des sociétés comme Sinohydro Corporation qui ont une grande expertise dans la réalisation de grands travaux", pense le maire de Hawa Dembaya (Félou) joint au téléphone.

Selon un ancien fonctionnaire malien de l'organisation, "la difficile mobilisation des financements est l'un des gros handicaps à la réalisation des projets qui sont ajournés ou tout simplement abandonnés. Avec la Chine, l'OMVS ne doit pas rencontrer de difficultés à mobiliser des fonds nécessaires à la réalisation de ces projets. Sans abandonner ses partenaires traditionnels, elle doit s'ouvrir davantage aux Chinois".

La réalisation du barrage de Félou va combler une partie non négligeable des besoins énergétiques des pays membres. La production énergétique annuelle attendue de ce barrage est de 59 MW répartis entre ces Etats, où les projets d'industrialisation sont le plus souvent handicapés par l'insuffisance ou la cherté de l'électricité.

"Le Mali a pris des mesures courageuses et incitatives pour attirer les investisseurs. Toutefois, le déficit et le coût de l'électricité restent toujours des obstacles à l'implantation de nouvelles unités industrielles", a indiqué à Xinhua un entrepreneur européen lors d'un récent forum sur les investissements au Mali. Le barrage de Félou augmentera significativement l'offre d'énergie dans les pays concernés, à un moindre coût.

Le Mali bénéficiera de 45% de cette production d'énergie, 30% sont prévus pour la Mauritanie et 25% pour le Sénégal. Les besoins énergétiques du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal ne sont globalement couverts qu'à 40%, par la production du barrage hydroélectrique de Manantali.

Selon des statistiques officielles de 2004, le taux de couverture nationale par le réseau électrique est de l'ordre de 8% au Mali. La quasi totalité des ménages ruraux n'est pas connectée au réseau. Il est évident que, de 2004 à nos jours, la situation a beaucoup évolué avec le renforcement de la capacité de production des centrales thermiques.

Mais, Bamako et les grandes agglomérations connaissent toujours des coupures intempestives qui bloquent les activités socio-économiques en période de canicule où la demande dépasse loin l'offre de la Société énergie du Mali. La Mauritanie, le Sénégal et surtout la Guinée n'échappent pas au même déficit en termes d'approvisionnement en électricité.

Selon une étude américaine intitulée "L'énergie dans le monde" et datée de 2004, "le parc de production d'électricité sénégalais ne peut répondre à la demande. Depuis 10 ans, les infrastructures souffrent de sous-investissement en maintenance et en équipement neuf avec pour résultat une inadéquation aux besoins du pays : les unités sont trop modestes et vétustes et des installations conçues pour les périodes de pointe sont employées comme base de production".

La récente recrudescence des délestages au Sénégal avait amené les stars Youssou N'Dour et Didier Awadi à sortir des singles pour dénoncer ce fléau qui était en train de plomber l'activité économique du pays. La situation est pire en Guinée où, selon des voyageurs, "l'électricité est un luxe". Le barrage de Félou vient donc à point nommé avec un délai de réalisation minimisé (38 mois). Fin

Agence de presse Xinhua     2009/11/13

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