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Mobilisation de l'industrie aérienne contre la taxe carbone

Les dirigeants d'Airbus, des principales compagnies aériennes européennes et des sociétés d'aviation ont adressé une lettre aux responsables politiques de l'Europe les exhortant à résoudre le conflit commercial croissant provoqué par la taxe carbone de l'UE.

La lettre a été envoyée aux premiers ministres de Grande-Bretagne, de France et d'Espagne et à la chancelière allemande, selon un communiqué publié lundi par Airbus.

Les neuf signataires préviennent dans la lettre que les représailles de la Chine et d'autres pays qui s'opposent au système communautaire d'échange d'émissions de CO2 (ETS en anglais) pourraient conduire à de graves conséquences pour l'industrie de l'aviation de la région et mettre des milliers d'emplois en péril.

« L'Europe peut difficilement se permettre cette situation dans le climat économique actuel », ont écrit les chefs d'entreprises.

La Chine a suspendu l'approbation ce mois-ci de commandes Airbus d'une valeur de 12 milliards de dollars. La société estime que ce blocage pourrait compromettre plus de 1 000 emplois d'Airbus en Europe et au moins 1 000 autres dans la chaîne d'approvisionnement.

Le porte-parole d'Airbus Stefan Schaffrath a déclaré que l'entreprise était témoin de « menaces de représailles » de 26 pays, « en particulier en provenance de Chine », a rapporté Associated Press le 8 mars.

Les commandes suspendues comprennent 35 avions A330 et 10 très gros porteurs A380, a indiqué M. Schaffrath.

Le Wall Street Journal a rapporté lundi que le nouvel ambassadeur de Chine pour l'Union européenne, Wu Hailong, a déclaré qu'il « est logique » pour les compagnies aériennes chinoises d'éviter les avions fabriqués en Europe, en raison de la taxe imposée par l'UE sur les émissions de CO2 des aéronefs.

M. Wu a déclaré aux journalistes que la décision de l'UE d'imposer cet impôt sur les compagnies aériennes non européennes « contribuait au dilemme actuel », a indiqué le journal.

Le principal concurrent d'Airbus, qui a des intérêts importants sur le marché chinois, est le groupe américain Boeing.

Luo Zhuping, secrétaire du conseil d'administration de China Eastern Airlines, a déclaré que les besoins commerciaux de l'entreprise détermineront sa poursuite éventuelle d'achat d'avions Airbus.

« Cela dépend. Nos décisions sont prises en fonction de nos besoins commerciaux », a-t-il déclaré lors d'une interview accordée lundi à la Radio nationale de Chine.

Lorsqu'on lui a demandé si la société allait geler ou annuler ses commandes en cours auprès d'Airbus, M. Luo est resté vague.

« Nous n'avons pas dit que nous allons rompre le contrat, ni que nous annulerons nos commandes », a-t-il répondu.

L'UE a imposé une taxe carbone sur les compagnies aériennes à compter du 1er janvier, mais aucun transporteur ne recevra de somme à régler jusqu'en 2013, après le calcul des émissions de CO2 de cette année.

L'UE a déclaré que la taxe aidera le bloc des 27 nations à atteindre son objectif de réduction des émissions de CO2 de 20 % d'ici 2020 et qu'elle ne reculera pas sur le plan.

L'autorité de l'aviation chinoise a publié un avis en février pour interdire à tous les transporteurs chinois de payer la taxe sans la permission du gouvernement.

Un total de 29 pays, dont la Chine, les États-Unis et la Russie, a signé un accord le 24 février pour s'opposer à la taxe.

« La voix qui émane de l'UE montre que la loi n'est pas vraiment convaincante », a estimé lundi Chai Haibo, secrétaire général adjoint de l'Association chinoise du transport aérien.

« Il est temps à présent pour l'UE de reconsidérer la légitimité de cette loi », a-t-il ajouté.

L'ETS imposera un lourd fardeau aux compagnies aériennes chinoises.

L'industrie aéronautique chinoise aura à débourser environ 800 millions de yuans (96 millions d'euros) supplémentaires par an avec ce système, selon les normes actuelles, et cette somme atteindra 18 milliards de yuans annuellement en 2030, selon Li Jiaxiang, le ministre de l'Administration de l'aviation civile de Chine.

Frank Puettmann, porte-parole de Lufthansa, a déclaré que l'impact de l'ETS actuel sur Lufthansa serait très fort. « À en juger par la tendance moyenne des prix des certificats, Lufthansa s'attend à engager des dépenses supplémentaires de 130 millions d'euros en 2012 », a-t-il souligné.

Les autorités de l'aviation civile de nombreux pays, ainsi que plusieurs gouvernements ont exprimé leur opposition à l'ETS.

french.china.org.cn     2012/03/13

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