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En France, le roi du tatouage lutte pour la reconnaissance de son art

French.china.org.cn | Mis à jour le 08. 03. 2016 | Mots clés : tatouage

En France, le roi du tatouage lutte pour la reconnaissance de son art

Tin-Tin, le roi incontesté du tatouage en France, explique que le secteur lutte pour obtenir sa reconnaissance en tant qu'art, à l'égal de la peinture ou de la musique.

« Tout prouve que nous sommes des artistes selon la définition de l'UNESCO », explique celui qui a tatoué des célébrités, comme Jean-Paul Gaultier, Joey Starr ou encore Yannick Noah.

Principal organisateur du Mondial du Tatouage, qui s'est terminé dimanche dernier à Paris, Tin-Tin cite mot pour mot la définition de l'artiste par l'UNESCO : « Toute personne qui créé [et] considère sa création artistique comme un élément essentiel de sa vie, qui ainsi contribue au développement de l'art et de la culture. »

En France, les personnes reconnues comme « artistes » - comme les peintres, les photographes, les écrivains ou encore les compositeurs - peuvent facturer une TVA considérablement réduite à leurs clients.

« Pour le moment, on est assassinés, comme de simples commerçants », explique le fondateur et président du Syndicat national des artistes tatoueurs.

Tin-Tin a également lancé une pétition en ligne, qui a déjà récolté plus de 14 000 signatures.

En 2014, le Musée du quai Branly l'avait recruté en tant que conseiller pour une exposition sur le tatouage, qui a attiré près de 700 000 visiteurs.

Pour Tin-Tin, « la seule chose qu'on oppose aux tatoueurs pour leur refuser le statut d'artiste, c'est qu'ils créent sur la peau. […] On est en plein paradoxe, mais on gagnera un jour ! »

« Trash polka »

Le Mondial du Tatouage - dont l'affiche présentait cette année une œuvre du célèbre tatoueur japonais, Hide Ichibay - s'est déroulé au Parc de la Villette et présentait quelque 360 tatoueurs venus de 35 pays, de la Bulgarie à la Thaïlande, en passant par les Pays-Bas et le Japon. Il a recueilli près de 30 000 visiteurs.

L'un d'entre eux explique : « C'est un salon très prestigieux, peut-être même l'un des cinq salons les plus importants au monde. C'est un honneur d'être présent parmi tous ces grands artistes. »

En France comme de partout à travers le monde, le tatouage n'est plus l'apanage des marins, des soldats et des motards. Un sondage récent montre, que le pourcentage des 25-34 ans affirmant être tatoué a doublé depuis 2010 et atteint désormais les 20 %.

En 1982, la France ne comptait que quinze salons de tatouage. Ils sont 1500 aujourd'hui.

Tin-Tin a eu son premier tatouage à l'adolescence, pour échapper aux concours de danse de salon, que ses parents lui imposaient.

Parmi la myriade de tendances présentes au Mondial, l'hyper-réalisme fait fureur en ce moment, explique Tin-Tin, dont le dos est couvert d'un énorme tatouage de poisson d'inspiration japonaise, et les bras présentent des dragons qui lui montent jusqu'aux épaules.

« Il y a de plus en plus d'artistes incroyables qui font des tatouages comme des photos, avec une qualité graphique extraordinaire, [mais] le style japonisant et le tribal polynésien ne se démentent pas. »

Il y a également le style « Trash polka », inventé par le duo allemand Simone Pfaff et Volko Merschky : un mélange de dessins réalistes et d'éléments graphiques, le plus souvent en noir et rouge et couvrant le torse.

Pour Tin-Tin, parler de « mode du tatouage » est un paradoxe : « Par définition, la mode est éphémère, mais le tatouage, lui, est permanent. »

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Source: french.china.org.cn

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