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L'UE devrait bientôt proposer de nouvelles restrictions sur les importations chinoises, invoquant à tort le déficit commercial (expert)

French.china.org.cn | Mis à jour le 19. 10. 2026 | Mots clés : UE,restrictions,importations chinoises,déficit commercial,von der Leyen
french.china.org.cn | 19. 10. 2026

La pression exercée par Bruxelles risque de « faire grimper les coûts pour les entreprises et les consommateurs européens »

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré vendredi que l'Union européenne (UE) allait proposer de nouvelles restrictions sur les importations chinoises allant au-delà de l'accord précédemment conclu sur les voitures hybrides, invoquant comme raison le déficit commercial croissant de l'UE avec la Chine, selon Reuters. Des experts chinois ont toutefois avancé que l'UE imputait les déséquilibres commerciaux à la Chine tout en ignorant ses propres restrictions à l'exportation, son coût élevé de l'énergie et ses problèmes de compétitivité industrielle.

Ils ont averti que considérer les négociations commerciales comme un moyen de pression et les restrictions à l'importation comme un levier ne ferait qu'augmenter les coûts pour les entreprises et les consommateurs européens, ajoutant que Bruxelles ne devait pas sous-estimer la détermination et la capacité de la Chine à défendre ses propres intérêts.

S'exprimant à l'issue d'un sommet du Conseil européen, Mme von der Leyen a déclaré que le déficit commercial de l'UE avec la Chine s'élevait à plus d'un milliard d'euros (1,12 milliard de dollars) par jour. Elle a affirmé que l'accord existant ne permettrait pas de résoudre ce qu'elle a qualifié de « déséquilibre structurel ». La Commission européenne doit également présenter une proposition en décembre visant à limiter la dépendance des entreprises de l'UE à l'égard de fournisseurs uniques pour certains approvisionnements essentiels.

Zhou Mi, chercheur à l'Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique, a avancé que « l'affirmation de Mme von der Leyen concernant le déficit commercial quotidien d'un milliard d'euros risque d'attiser l'indignation publique plutôt que d'expliquer l'impact réel sur les entreprises et les consommateurs ». Selon lui, si des restrictions unilatérales étaient imposées, elles compromettraient le respect des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et éroderaient la confiance dans les négociations commerciales Chine-UE.

L'UE ignore ses propres problèmes

« Se focaliser uniquement sur le déficit commercial, et en particulier en exagérant sans cesse son ampleur, n'explique pas nécessairement son impact réel et peut fausser la perception du public », a soutenu M. Zhou.

Le commerce implique des entreprises et des consommateurs aux besoins différents. Les importateurs et les exportateurs prennent des décisions en fonction de leurs propres intérêts commerciaux, tandis que la balance commerciale globale ne reflète pas la répartition des bénéfices de ces transactions entre les différents acteurs du marché, a déclaré M. Zhou.

Par ailleurs, les échanges commerciaux entre la Chine et l'UE ne se limitent pas aux biens. Selon les statistiques chinoises citées par Cai Run, ambassadeur de Chine auprès de l'UE, la Chine a enregistré un déficit commercial de services de 48,3 milliards de dollars avec l'UE en 2025, le bloc représentant 41,6 % du déficit commercial de services total du pays. La Chine a également versé à l'UE plus de 10 milliards de dollars de redevances pour la propriété intellectuelle.

Jian Junbo, professeur au Centre des relations Chine-Europe de l'Université Fudan, à Shanghai, a affirmé que ce déséquilibre commercial reflétait en fin de compte des différences de capacités industrielles et de compétitivité. « La capacité de production plus importante de la Chine confère à ses produits un avantage concurrentiel, tandis que le coût élevé de l'énergie, le retard en matière d'innovation et les contraintes technologiques ont pesé sur la compétitivité des industries européennes. » Il a également souligné une contradiction dans l'approche de l'UE, alors que Bruxelles souhaite accroître ses exportations vers la Chine tout en restreignant celles de certains produits, notamment les machines de lithographie.

Le coût élevé de l'énergie et la faible compétitivité industrielle de l'UE sont à l'origine des difficultés commerciales de l'Europe. Le « Rapport annuel 2026 sur le marché unique et la compétitivité » de la Commission européenne identifie les coûts énergétiques élevés et les obstacles au sein du marché unique parmi les difficultés rencontrées par les entreprises européennes. Ces pressions internes influent également sur la capacité de l'UE à être compétitive à l'international.

« Les coûts énergétiques élevés et les faiblesses de la compétitivité industrielle sont des problèmes que Bruxelles doit résoudre en interne. Restreindre les importations peut certes protéger certains producteurs de la concurrence à court terme, mais cela ne permettra pas de réduire les coûts énergétiques, d'accroître la productivité ni de rendre les produits européens plus compétitifs en Chine », a déclaré M. Jian.

Le ministère chinois du Commerce a exhorté l'UE à aborder les consultations commerciales avec sincérité et à résoudre les différends par le dialogue. En réponse à la proposition de l'UE d'une approche à deux vitesses vis-à-vis de la Chine, un porte-parole du ministère a déclaré que l'objectif des consultations commerciales Chine-UE était de gérer au mieux les différends et de prendre en compte les préoccupations de chacun.

« Les deux parties doivent faire preuve de sincérité dans la résolution des problèmes. L'UE ne doit pas espérer obtenir des avantages par la pression et ne doit pas sous-estimer la détermination et la capacité de la Chine à défendre ses propres intérêts », a indiqué le porte-parole.

Les pressions de l'UE se retourneront contre elle

Selon Zhou Mi, les échanges commerciaux entre la Chine et l'UE reposent sur des avantages économiques complémentaires, les entreprises des deux parties bénéficiant de l'accès réciproque à leurs marchés respectifs. « Les importations chinoises permettent aux entreprises européennes d'obtenir des biens et des composants à prix compétitifs, de gérer l'incertitude liée aux chaînes d'approvisionnement et d'atténuer les pressions inflationnistes. Restreindre ces importations pourrait augmenter les coûts pour les fabricants et les consommateurs européens, sans pour autant contribuer à résoudre les problèmes économiques structurels du bloc », a-t-il affirmé.

Il a noté que les conséquences économiques des échanges commerciaux devraient être évaluées à l'aune des intérêts des entreprises et des consommateurs des deux parties, plutôt qu'en se focalisant uniquement sur le déficit global. Il a souligné que les importateurs et les exportateurs menaient des échanges pour répondre à leurs propres besoins commerciaux. « Considérer le déficit comme la preuve que les échanges entre la Chine et l'UE sont inéquitables revient à occulter les avantages que les entreprises des deux camps tirent de ces transactions. »

L'UE ne saurait attendre de la Chine qu'elle fasse des concessions alors que le bloc prépare, dans le même temps, de nouvelles restrictions et laisse sans réponse les préoccupations chinoises. Utiliser l'accès au marché comme monnaie d'échange risque de transformer les négociations commerciales en une épreuve de force, rendant plus difficile la conclusion d'un accord durable. Selon des experts, si Bruxelles souhaite améliorer les relations commerciales, elle devrait prendre en compte les préoccupations des deux parties au lieu d'exiger que la Chine soit la seule à répondre aux attentes de l'Europe.

Jian Junbo a averti qu'un élargissement des restrictions à l'importation pourrait avoir des répercussions considérables pour les entreprises et les consommateurs européens. Bon nombre de produits importés de Chine sont des biens intermédiaires utilisés dans les processus de production ; les remplacer par des biens provenant d'autres sources pourrait entraîner une hausse significative des coûts et nuire à la compétitivité des entreprises européennes. Les consommateurs, quant à eux, pourraient voir le coût de la vie augmenter alors que l'accès à des produits abordables se réduit, ce qui pourrait accentuer les pressions inflationnistes.

Certains médias étrangers se sont également interrogés sur la capacité des barrières commerciales à résoudre les difficultés industrielles de l'Europe. Dans un éditorial publié en octobre, le Financial Times a fait remarquer que les importations chinoises exerçaient bien une pression concurrentielle sur certains secteurs industriels européens, mais fournissaient également des intrants à des prix compétitifs à d'autres secteurs. Le journal a ainsi plaidé en faveur de réformes visant à renforcer la compétitivité européenne à long terme.

Zhou Mi a averti que des mesures unilatérales porteraient atteinte aux fondements mêmes du commerce et de la confiance mutuelle, ainsi qu'au respect des règles de l'OMC. Il a préconisé que les différends entre la Chine et l'UE soient traités par le biais des mécanismes de concertation existants. Une approche fondée sur la confrontation ne ferait que compliquer la réalisation des objectifs économiques que l'Europe s'est elle-même fixés, a-t-il ajouté.


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Source:french.china.org.cn