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COMMENTAIRE : Le Sommet de l'OCS de Bichkek 2026 promet de la stabilité face à un ordre international turbulent

French.china.org.cn | Mis à jour le 28. 08. 2026 | Mots clés : OCS,Sommet de l'OCS,Bichkek,Kirghizistan
french.china.org.cn | 28. 08. 2026


Le Sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) de 2026, prévu du 31 août au 1er septembre 2026 à Bichkek, capitale du Kirghizistan, intervient à un moment où l'ordre international est confronté à de graves turbulences. La rivalité entre grandes puissances, la guerre russo-ukrainienne, l'instabilité au Moyen-Orient et la perte de confiance dans les institutions multilatérales ont engendré une incertitude généralisée au sein du système international. Dans ce contexte, l'OCS s'est imposée comme une plateforme essentielle pour le dialogue, la stabilité régionale, la coopération au développement, la connectivité et les réformes de la gouvernance mondiale.

En tant que membre fondateur, la Chine a défendu l'« esprit de Shanghai », un principe directeur qui privilégie la confiance mutuelle, l'égalité, l'intérêt commun, la consultation, le respect des différentes civilisations et la recherche d'un développement partagé. L’OCS garantit à tous les États membres la possibilité de participer aux prises de décision, renforçant ainsi l’unité face aux défis.

L’OCS et la recherche de la stabilité

S’appuyant sur le mécanisme des Cinq de Shanghai de 1996, l’OCS a été créée en 2001. Initialement, ses principales préoccupations étaient la confiance, la stabilité et la coopération en matière de sécurité dans la région. L’importance de l’OCS s’est accrue à mesure que l’ordre mondial s’est fragmenté. De nombreux États, notamment en Asie et en Eurasie, s’inquiètent des politiques de blocs, de la diplomatie coercitive, des restrictions technologiques et de l’érosion du multilatéralisme. Dans ce contexte géopolitique incertain, l’OCS propose un modèle alternatif fondé sur la consultation, l’égalité souveraine, la non-ingérence et une sécurité axée sur le développement.

Le rôle de la Chine au sein de l’OCS est à la fois historique et stratégique. Face à un ordre international de plus en plus marqué par la polarisation idéologique, l’« esprit de Shanghai » offre un langage de coexistence pacifique et de coopération concrète. La Chine s'est également efforcée de lier le rôle régional de l'OCS à des réformes plus larges de la gouvernance mondiale, en soulignant que l’OCS demeurerait un artisan de la paix mondiale, un contributeur au développement global et un défenseur de l'ordre international. Cette position reflète les efforts plus généraux déployés par la Chine pour présenter l'OCS comme un pilier de stabilité.

La connectivité et le développement en tant que fondations de la stabilité

La contribution la plus visible de la Chine au programme de stabilité de l'OCS concerne la connectivité et le développement. La géographie de l'Eurasie rend la connectivité essentielle, car de nombreux États membres de l'OCS sont enclavés, riches en ressources et stratégiquement situés entre les principaux marchés. Leur développement dépend des routes, des voies ferrées, des oléoducs et gazoducs, des corridors logistiques, des ports, des infrastructures numériques et de la coopération financière. En soutenant la connectivité, la Chine contribue à faire de la géographie une fondation du développement partagé, alors que l'initiative de « La Ceinture et la Route » complète le programme de connectivité de l'OCS en liant le développement des infrastructures au commerce, à l'investissement et à l'intégration régionale. Le soutien de la Chine aux corridors de transport, aux réseaux logistiques, aux parcs industriels, aux projets énergétiques et à la connectivité numérique contribue à la résilience économique régionale. Dans un contexte de perturbation des chaînes d'approvisionnement mondiales et de politiques de sanctions, une telle connectivité peut contribuer à diversifier les routes commerciales et à réduire la dépendance à l'égard de corridors instables.

La Chine a soutenu les discussions relatives à la Banque de développement de l'OCS et s'est déclarée prête à collaborer avec toutes les parties prenantes afin d'accélérer les préparatifs en vue du sommet de 2026 pour obtenir des résultats concrets. Si elle voit le jour, une telle banque pourrait renforcer les capacités institutionnelles de l'OCS en finançant les infrastructures, le développement et d'autres projets de développement.

Un ordre international juste et équitable

Au-delà de la coopération régionale, la Chine utilise l'OCS pour promouvoir un ordre international plus équitable. La déclaration des ministres des Affaires étrangères de l'OCS de juillet 2026 a réaffirmé l'engagement des États membres en faveur d'un ordre mondial plus représentatif, inclusif, juste et multipolaire, dans lequel les Nations Unies jouent un rôle central et efficace. La contribution de la Chine à ce débat s'appuie sur son plaidoyer en faveur du « multipolarisme » et des réformes de la gouvernance mondiale. La Chine plaide pour une réforme de la gouvernance mondiale conforme aux principes du multilatéralisme, de l'équité et de la justice. En promouvant une coopération mutuellement avantageuse en matière de sécurité, de développement économique et d'échanges entre les peuples, l'OCS incarne l'approche chinoise d'un développement mondial équilibré, dont l’Initiative pour le développement mondial (IDM) constitue le cadre. L'avenir de la stabilité internationale dépendra de plus en plus de la coopération dans des domaines de sécurité non traditionnels, de la coopération verte et numérique, et de la cybersécurité dans le cadre de l'OCS.

L’OCS est devenue une plateforme pour la paix et la tranquillité, promouvant la diversité culturelle et la diplomatie entre les peuples, et donnant aux pays du Sud global une voix active en dehors du paradigme du jeu à somme nulle. Le rôle de la Chine au sein de l’OCS reflète une proposition plus large : face à un ordre international turbulent, une stabilité durable exige non pas une confrontation de blocs, mais un développement partagé, du respect mutuel, un dialogue institutionnel et des mécanismes de coopération en matière de sécurité.

Par le Dr Waseem Ishaque, directeur du Centre d'études chinoises à l’Université nationale des langues modernes (NUML) d’Islamabad, au Pakistan


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Source:french.china.org.cn