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La Chine plaide à l’ONU pour une souveraineté égale en matière d'IA

French.china.org.cn | Mis à jour le 23. 07. 2026 | Mots clés : ONU,IA,souveraineté,Chine
french.china.org.cn | 23. 07. 2026

« Les États-Unis instrumentalisent l'IA contre d'autres pays, tandis que les propositions chinoises privilégient le développement commun » (avis d’un un expert chinois)

Lors de la première réunion du Mécanisme mondial sur les évolutions dans le domaine des TIC (technologies de l'information et de la communication), qui s'est tenue du 20 au 24 juillet au siège de l'ONU, à New York, la délégation chinoise a soumis une note de position sur l'approche du pays en matière de gouvernance mondiale du cyberespace à l'ère de l'intelligence numérique, a rapporté mercredi l'agence de presse Xinhua. Selon des experts, cette note de position vise à faire de l'intelligence artificielle (IA), en tant que puissante capacité technologique, un outil au service de la société humaine, et non un instrument servant à attaquer, contrôler et opprimer d'autres pays.

Lors d'une conférence de presse régulière tenue mercredi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Lin Jian a déclaré que « dans le cadre de la mise en œuvre de l'Initiative pour la gouvernance mondiale et la construction d'une communauté de destin dans le cyberespace, la Chine a soumis un document de position au Mécanisme mondial sur les évolutions dans le domaine des TIC abordant la sécurité internationale et la promotion d'un comportement responsable des États dans l'utilisation des TIC, présentant la position et les propositions les plus récentes de la Chine en matière de gouvernance mondiale du cyberespace à l'ère du numérique intelligent ».

M. Lin a noté que la sécurité internationale et la promotion d'un comportement responsable des États dans l'utilisation des TIC représentaient un autre principe important, après la souveraineté numérique que la Chine a mis en avant dans la gouvernance mondiale du cyberespace. Le document insiste sur le fait que tous les pays doivent respecter les buts et principes de la Charte des Nations Unies dans le cyberespace afin de préserver conjointement la paix et la stabilité. Il appelle également à défendre le multilatéralisme et à s'attaquer efficacement à l'impact perturbateur des technologies émergentes telles que l'IA sur la cybersécurité, ainsi qu’à formuler des règles internationales pour le cyberespace qui soient adaptées à l'évolution des technologies.

Une proposition inclusive

Le document souligne que la révolution de l'intelligence numérique, dont l'IA est le pilier, se développe rapidement. La cybersécurité concerne la souveraineté, la sécurité et les intérêts de développement de tous les pays. Le tabou de la « cyber-guerre » est levé, les chaînes industrielles et d'approvisionnement sont artificiellement rompues, et le monde de l'intelligence numérique est menacé de division et de désordre.

Fidèle à sa vision d'une communauté de destin dans le cyberespace, la Chine a formulé trois propositions majeures : le respect des règles internationales et la sauvegarde de la paix et de la stabilité ; le respect de la souveraineté numérique et la promotion conjointe d'un développement inclusif ; ainsi que la défense du multilatéralisme et la gestion efficace des risques.

Elle précise que tous les pays doivent respecter les buts et principes de la Charte des Nations Unies dans le cyberespace, prévenir une course aux armements numériques, et s'abstenir d'utiliser des moyens cybers pour nuire aux infrastructures critiques d'autres pays. Les pays ont le droit de choisir librement leur voie de développement des technologies d'intelligence numérique, y compris l'IA, ainsi que de choisir librement les technologies, produits et services d'IA en fonction de leur situation nationale respective. Aucun pays ne devrait être contraint de choisir un camp. Les pays ne doivent s'engager dans aucun monopole technologique ni accord d'exclusivité, ni rechercher l'hégémonie en matière d'intelligence numérique au nom d'une priorité nationale.

Les règles internationales régissant le cyberespace doivent être élaborées en tenant compte des réalités actuelles. Un système et des normes d'évaluation et de test mondiaux pour les niveaux de risque en matière de cybersécurité des grands modèles d'IA doivent être mis en place afin de garantir que l'IA devienne un nouveau rempart contre les cyber-menaces, et non un nouvel outil de domination, indique la note de position.

Le document conclut qu'un cyberespace sûr, stable et prospère revêt une importance capitale pour tous les pays et le monde. La Chine est prête à collaborer étroitement avec la communauté internationale pour renforcer la communication et promouvoir la coopération, œuvrer conjointement à un ordre international plus juste, équitable et efficace dans le cyberespace, et construire ensemble une communauté de destin dans le cyberespace.

Xiang Ligang, analyste chevronné du secteur, a affirmé que la position de la Chine reflétait non seulement une position sur l'IA, mais aussi sur les relations entre les nations : les pays doivent se respecter mutuellement et poursuivre un développement commun, transformant cette technologie précieuse en un atout qui renforce les capacités sociales, améliore l'efficacité sociale et réduit les coûts de fonctionnement de la société.

« Par conséquent, alors que nous en sommes aux prémices de l'essor de cette capacité, il est indispensable de parvenir à un consensus institutionnel et à des principes partagés. L'IA ne doit pas devenir un instrument permettant à quelques grandes puissances ou groupes d'intérêts de contrôler le monde entier », a déclaré M. Xiang.

La note de position de la Chine fait suite à la création de l'Organisation mondiale de coopération en matière d'intelligence artificielle (WAICO), qui a été annoncée lors de la Conférence mondiale sur l'IA (WAIC) 2026 et la Réunion de haut niveau sur la gouvernance mondiale de l'IA, qui viennent de se conclure à Shanghai. Vingt-neuf pays ont signé l'accord portant sur la création de l'organisation en tant que membres fondateurs, a rapporté l'agence Xinhua.

« Avec l'avènement de l'ère des grands modèles de langage (LLM), la définition des règles relatives à la juridiction et au contrôle des données demeure une question qui nécessite des améliorations », a déclaré Zhang Linghan, doyen de l'Institut de droit de l'IA à l'Université chinoise de sciences politiques et de droit. Selon lui, « l'aspect le plus important de l'approche chinoise de la souveraineté numérique est l'équilibre entre sécurité et développement ».

L'hégémonie est une impasse

La publication de cette note de position intervient alors que les médias internationaux s'intéressent de plus en plus aux performances, aux avantages concurrentiels et à l'itération rapide des modèles d'IA chinois. Le Guardian a rapporté mardi que « la stratégie générale des entreprises chinoises d'IA consiste à proposer des modèles open source et à pondération ouverte, ainsi qu’à concurrencer les entreprises américaines d'IA sur les prix ».

Le New York Times a comparé les stratégies des États-Unis et de la Chine en matière de produits d'IA, soulignant que tandis que « des entreprises comme Anthropic, OpenAI et Google espèrent rentabiliser leurs investissements massifs en vendant aux entreprises et aux consommateurs des technologies de plus en plus utiles mais souvent coûteuses, la Chine propose des technologies similaires gratuitement ».

Selon Wang Yiwei, professeur à l'École d'études internationales de l'Université Renmin de Chine, « le monde entre dans ce que nous appelons l'ère numérique. Le seul système véritablement indépendant du système américain est celui de la Chine. En matière d'IA, la Chine privilégie une ouverture authentique, le service à la population, ainsi qu’un équilibre entre réglementation, développement et sécurité. Cette approche diffère de celle des États-Unis de “tout dans l’IA” ; la Chine défendant plutôt “l’IA dans tout” ».

M. Xiang a souligné que les grands modèles chinois se développaient rapidement et présentaient des caractéristiques distinctives, alors que de nombreuses entreprises explorent différentes pistes, illustrant parfaitement la valeur d'une collaboration ouverte. « Les entreprises américaines ont démarré plus tôt avec un avantage certain, mais si elles ont recours aujourd'hui à la répression, c'est par crainte que la Chine ne les ait rattrapées », a-t-il soutenu.

La décision prise le 12 juin par l'administration américaine d'interdire aux non-résidents américains l'accès aux modèles les plus avancés d'Anthropic, « Mythos » et « Fable », pour des raisons de sécurité nationale, a contraint l'entreprise à suspendre brutalement l'accès à ces modèles à l'échelle mondiale, selon Reuters. Les législateurs européens ont de leur côté réitéré leurs appels à l'indépendance numérique vis-à-vis des États-Unis.

« L'approche américaine est centrée sur les États-Unis, faisant de l'IA une arme pour attaquer, contrôler et opprimer les autres pays, les empêchant ainsi de se développer. À l'inverse, la Chine privilégie le développement commun, le soutien mutuel et la collaboration, transformant l'IA en un atout précieux », a avancé M. Xiang.

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Source:french.china.org.cn