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Pourquoi l’UE devrait privilégier le dialogue et la coopération à la confrontation

French.china.org.cn | Mis à jour le 04. 06. 2026 | Mots clés : Chine,UE
french.china.org.cn | 04. 06. 2026

Alors que la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, achevait le 3 juin sa visite en Chine, son insistance répétée sur la nécessité du « dialogue » et de la « coopération » lors de ses rencontres avec les responsables chinois a particulièrement marqué les esprits.

Lors du 11e Dialogue stratégique Chine-Royaume-Uni le 2 juin, Mme Cooper a déclaré que dans un contexte international turbulent et complexe, il était plus important que jamais pour le Royaume-Uni et la Chine de renforcer le dialogue et la coopération afin de relever ensemble les défis mondiaux. Le Royaume-Uni est disposé à travailler avec la Chine pour promouvoir le dialogue institutionnel et approfondir la coopération dans les domaines de l’économie et du commerce, de la finance, de l’énergie, de l’intelligence artificielle, et du changement climatique, a-t-elle affirmé, selon l’agence Xinhua.

De toute évidence, les mots « dialogue » et « coopération » ont été des mots clés récurrents tout au long de sa visite. Par ailleurs, Mme Cooper a déclaré mardi sur X : « La Chine est la deuxième économie mondiale et, comme le Royaume-Uni, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies. Nous devons nous engager pour la sécurité et la prospérité du Royaume-Uni, conformément aux valeurs britanniques. » L’implication est claire : le dialogue avec la Chine n’est plus une option, mais une nécessité.

Reste à voir si Londres traduira ces paroles rationnelles en actions concrètes, compte tenu des positions intransigeantes de certains responsables politiques britanniques qui prônent encore une attitude conflictuelle envers la Chine. Il est cependant clair qu’après une période de tensions, le gouvernement britannique recherche désormais une approche plus constructive vis-à-vis de Beijing.

« Globalement, à ce stade, la décision du gouvernement britannique de dialoguer avec la Chine et de promouvoir une coopération pragmatique dans de nombreux domaines témoigne d'une orientation politique plus rationnelle », a déclaré Dong Yifan, chercheur associé à l’Institut d’études nationales et régionales de l’Université des langues et cultures de Beijing, tout en soulignant les difficultés que rencontre Londres pour concilier son besoin de coopération pragmatique avec les impératifs de sécurité et une diplomatie fondée sur les valeurs.

Néanmoins, les efforts déployés par Londres pour réorienter sa politique chinoise offrent un enseignement précieux à Bruxelles, alors que l’Europe est actuellement plongée dans un débat plus large sur ses relations avec la Chine. L’UE intensifie son approche protectionniste envers la Chine, fragilisant gravement les relations bilatérales, et devrait approfondir la question de sa politique chinoise lors du sommet européen prévu les 18 et 19 juin à Bruxelles.

Le Financial Times rapporte que l’ordre du jour du prochain sommet européen « ne mentionnera pas la Chine ». Le journal observe également que « les États membres de l’UE s’orientent avec prudence vers une confrontation commerciale avec la Chine tout en s'efforçant désespérément de ne pas attirer l'attention de Beijing ». Cette situation révèle la contradiction de l’UE vis-à-vis de la Chine.

D’une part, les économies chinoise et européenne sont profondément interdépendantes. D’autre part, au sein de l’UE, on observe une tendance croissante à politiser les questions commerciales. Récemment, la Commission européenne a organisé un débat d’orientation. À l’issue de cette discussion, les dirigeants européens ont déclaré que la Chine demeurait un partenaire essentiel et que les deux parties maintiendraient leur engagement et leur dialogue, tout en soulignant que l’état actuel des relations commerciales et d’investissement n’était pas viable.

« A l’heure actuelle, il subsiste au sein de l’UE des perceptions erronées et inexactes concernant les questions liées à la Chine et les relations économiques et commerciales Chine-UE, ce qui exacerbe les frictions et les tensions dans la sphère économique », a déclaré M. Dong. Les approches conflictuelles ne feront qu’intensifier les frictions commerciales, accroître l’incertitude dans les relations économiques et, en fin de compte, nuire au développement économique de l’UE. « L’UE a encore besoin d’un processus d’ajustement progressif et d’une compréhension plus approfondie de son approche économique et politique à l’égard de la Chine », a-t-il ajouté.

Dans ce contexte, le dialogue devrait être le principe directeur de l’Europe. Pour l’UE, plutôt que d’osciller entre confrontation et évitement, il convient de reconnaître une réalité fondamentale : dans un système mondial fortement interdépendant, les relations avec la Chine ne sauraient se réduire à une simple opposition entre affrontement et compétition. Des enjeux clés tels que le changement climatique, la stabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales et la transition énergétique nécessitent tous une coopération sino-européenne. « L’UE doit renouer avec une approche plus rationnelle et pragmatique afin d’éviter de nouveaux conflits. Les deux parties doivent prendre en compte les préoccupations de l’autre et, dans une optique de résolution des problèmes, s’efforcer de trouver une solution véritable aux difficultés, plutôt que de tenter d’imposer le changement par la pression ou de recourir au protectionnisme commercial », a déclaré M. Dong.

Le retour du Royaume-Uni à une approche rationnelle fondée sur le dialogue et la coopération n’est pas un cas isolé. Lors de plusieurs visites récentes en Chine, de nombreux dirigeants étrangers ont également plaidé en faveur du dialogue et de la coopération. De fait, les voix rationnelles ne manquent pas au sein de l’UE. Par exemple, il a été rapporté la semaine dernière que l’Allemagne et l’Espagne menaient l’opposition au projet de la Commission européenne d’interdire aux fournisseurs de technologies chinois d’accéder aux réseaux de télécommunications dans le cadre de nouvelles règles de cybersécurité. Il est à espérer que Bruxelles entendra ces voix rationnelles et choisira la voie du dialogue et de la coopération plutôt que celle de la confrontation.

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Source:french.china.org.cn