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Une inspiration mutuelle

French.china.org.cn | Mis à jour le 01. 06. 2026 | Mots clés : Institut de coopération et de développement Sud-Sud
Chinafrique | 01. 06. 2026

Depuis dix ans, l’ISSCAD favorise une réflexion indépendante sur le développement 

Le 29 avril, 82 drapeaux nationaux bordaient la scène pour le 10e anniversaire de l’Institut de coopération et de développement Sud-Sud (ISSCAD), symbolisant les liens qui ont uni cet établissement aux étudiants provenant de 82 pays au cours de la dernière décennie. 

Parmi les anciens élèves revenus sur le campus figurait le diplômé omanais Nasser Alshaqsi, qui pouvait à peine dissimuler son enthousiasme. Celui-ci travaille aujourd’hui comme responsable de l’apprentissage et du développement à la banque islamique Alizz en Oman. « L’avantage d’Oman réside dans sa situation géographique. Nous partageons des frontières avec les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Yémen, et sommes face à l’Inde, au Pakistan et à l’Iran de l’autre côté de la mer. Nous devons tirer pleinement parti de cette situation et devenir un centre régional », explique-t-il à CHINAFRIQUE. 

Il y a dix ans, l’ISSCAD a été officiellement créé au sein de l’École nationale du développement de l’Université de Pékin, avec pour objectif de promouvoir une croissance équitable, inclusive et durable dans les pays en développement. Au cours de la dernière décennie, plus de 500 étudiants et plus de 1 100 participants à des programmes de courte durée y ont étudié. 

Des anciens étudiants venus de tout le Sud global ont été invités à se réunir pour interagir et explorer les voies de développement.  

Un vivier de talents 

La création de l’ISSCAD, annoncée par le Président chinois Xi Jinping lors de la Table ronde de haut niveau sur la coopération Sud-Sud organisée à l’occasion du 70e anniversaire des Nations unies à New York en septembre 2015, avait pour objectif de renforcer le partage des expériences de développement et d’améliorer la coopération en matière de renforcement des capacités entre les pays en développement. 

L’établissement bénéficie d’un fort soutien de plusieurs ministères chinois. Il est rattaché à l’École nationale du développement, largement reconnue à la fois comme un établissement universitaire de premier plan et comme un important groupe de réflexion en matière de politiques publiques. L’ISSCAD s’appuie également sur un vaste réseau de membres du corps professoral et d’associés professionnels issus d’autres départements de l’Université de Pékin et d’ailleurs, y compris de hauts responsables gouvernementaux. 

Selon Justin Yifu Lin, doyen honoraire de l’ISSCAD, la qualité de son corps enseignant constitue l’une des principales forces de l’institut. « Beaucoup d’entre eux ont été impliqués dans la réforme économique et les débats politiques en Chine, tout en possédant une vaste expérience académique et professionnelle internationale. Ils sont engagés dans la cause de la coopération Sud-Sud et partagent l’histoire du développement de la Chine d’une manière que les étudiants peuvent facilement comprendre. » 

La diversité de cette expertise a créé un environnement d’apprentissage interdisciplinaire dynamique qui encourage une recherche rigoureuse, un dialogue ouvert et des échanges interculturels, tout en faisant le lien entre théorie et pratique. 

Les recherches de terrain et les ateliers sur les politiques publiques constituent une partie essentielle du programme et portent sur des domaines tels que l’éducation, la réduction de la pauvreté, la santé publique, le développement urbain et la politique étrangère. Les étudiants sont encouragés à développer des outils conceptuels fondés sur une approche pluridisciplinaire, tout en les adaptant aux conditions spécifiques de leurs propres pays. 

M. Lin estime que cette approche a produit des résultats tangibles. « Nous sommes heureux de constater que nos diplômés jouent des rôles importants après leur retour dans leur pays, autant dans l’élaboration des politiques nationales que dans la coordination de la coopération internationale. Beaucoup sont devenus des acteurs clés de la coopération économique et commerciale avec la Chine. » 

Arkebe Oqubay, ancien ministre principal et conseiller spécial du Premier ministre de l’Éthiopie, a salué l’impact de l’institut, affirmant que l’ISSCAD a contribué à façonner le dialogue sur le développement, à promouvoir l’inspiration mutuelle, à élargir la recherche sur le Sud global et à renforcer la coopération pratique en matière de développement.  

Une vingtaine d’étudiants zimbabwéens ont eu la chance d’étudier à l’ISSCAD. L’ambassadrice du Zimbabwe en Chine, Abigail Shoniwa, a remarqué que ces diplômés avaient apporté des contributions positives dans des domaines tels que la politique industrielle, les énergies renouvelables et la protection sociale. Selon elle, en tant que bénéficiaire direct du programme de l’institut, le pays continuera d’envoyer des Zimbabwéens y étudier. 

Une approche pragmatique 

L’ISSCAD s’attache à mettre en lumière aussi bien les réussites que les difficultés rencontrées par la Chine et d’autres pays en développement, élargissant ainsi le discours mondial sur le développement au-delà des modèles occidentaux longtemps dominants. 

L’institut souligne que la simple duplication des théories et des prescriptions politiques des économies développées ne peut garantir le succès des pays en développement. Au contraire, les nations du Sud global doivent explorer des voies de développement en fonction de leurs propres conditions. 

M. Lin, qui enseigne depuis de nombreuses années la théorie de la nouvelle économie structurelle à l’ISSCAD, affirme que les pays en développement devraient bâtir leurs industries en s’appuyant sur leurs propres dotations factorielles et avantages comparatifs. « Nous nous efforçons d’aider les étudiants à identifier les ressources dont leurs pays disposent réellement et à réfléchir à la manière de les valoriser. Construire leurs propres systèmes nationaux de connaissances pour le développement permet de renforcer leur confiance dans l’avenir de leurs pays. » 

Au cours de la dernière décennie, cette perspective pragmatique a profondément influencé les étudiants de l’ISSCAD. Plutôt que de s’appuyer uniquement sur des modèles de développement enracinés dans les expériences historiques des pays occidentaux, ils sont encouragés à étudier les trajectoires économiques de la Chine et d’autres pays en développement afin de rechercher des approches davantage alignées sur leurs propres réalités nationales. 

« Beaucoup d’étudiants arrivent en pensant que le développement de la Chine repose sur une formule magique. Mais une fois qu’ils étudient ici, ils réalisent que la leçon la plus importante n’est ni une technologie particulière ni une politique spécifique, mais l’esprit consistant à rechercher la vérité dans les faits », note M. Lin. Il souhaite que l’institut continue d’élargir ses effectifs et d’améliorer la qualité de son enseignement, dans le but d’en faire un centre influent d’innovation académique et de formation de talents sur les questions de développement du Sud global. « Au cours de la prochaine décennie, nous souhaitons que l’ISSCAD continue de soutenir la coopération dans le Sud global grâce au partage des connaissances et à l’inspiration mutuelle tirée de la pratique. Nous espérons ainsi contribuer à faire des aspirations au développement d’un plus grand nombre de pays une réalité concrète. »  

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Source:Chinafrique