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Un partenariat vert
Les Deux sessions ont mis l’accent sur le développement durable, renforçant la coopération environnementale sino-africaine

Chaque année au printemps, les Deux sessions chinoises ont pour but de définir les grandes orientations politiques annuelles du pays. L’adoption officielle du programme du XVe Plan quinquennal (2026-2030) pour le développement économique et social national fournit un cadre détaillé pour orienter les priorités économiques, sociales et environnementales de la Chine au cours des cinq prochaines années. Il évoque la transition écologique dans tous les secteurs, essentielle à la modernisation de la Chine, à la création d’une « belle Chine » et à la promotion d’un avenir mondial partagé.
Les Deux sessions de 2026 ont coïncidé avec le 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique. Pour célébrer cet événement marquant, les deux parties ont réaffirmé leur engagement à construire une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique, capable de résister aux défis mondiaux sans précédent, comme le changement climatique.
Il est indéniable que ce dernier menace les moyens de subsistance et des économies nationales entières en Afrique, dans les pays du Sud global et dans le monde entier. Ces risques incluent l’insécurité alimentaire, sanitaire et hydrique, ainsi que des perturbations des systèmes de production et des écosystèmes, imputables à des phénomènes météorologiques extrêmes.
Face à ces incertitudes, l’Afrique se tourne vers la Chine pour s’inspirer, misant sur son savoir-faire technique et sa capacité de modernisation rapide.
Un climat challengeant
Pour l’Afrique, le changement climatique figure parmi les plus grands défis au développement. Le continent se trouve exposé à de graves risques du fait d’une préparation insuffisante face à ses impacts.
Bien que l’Afrique contribue à moins de 4 % des émissions mondiales, la Banque africaine de développement estime que le continent perd entre 3 % et 5 % de son PIB annuel en raison d’événements liés au climat. Cette situation est aggravée par un déficit annuel de financement climatique de 227 millions de dollars. Ces facteurs soulignent la nécessité de partenariats solides, d’innovation et de solutions de financement concrètes pour garantir la résilience climatique tout en stimulant la croissance du continent.
Les pénuries d’énergie ont historiquement freiné la croissance de l’Afrique, mais le recours exclusif aux sources d’énergie conventionnelles aurait de graves conséquences environnementales.
Dans ce contexte, la coopération verte sino-africaine est d’une importance stratégique : l’Afrique et la Chine représentent ensemble environ 36 % de la population mondiale, tandis que l’Afrique possède près de 60 % des ressources solaires mondiales, largement inexploitées. La Chine vient compléter cette approche en apportant son expertise dans les domaines des énergies propres, des innovations vertes et de la production manufacturière compétitive. Cette synergie confère à ce partenariat une capacité unique à impulser des progrès vers un avenir énergétique durable.
Le partenariat vert de la Chine avec l’Afrique est résolument concret : au-delà des déclarations d’intention, il produit des résultats tangibles sur le terrain. Le complexe solaire Noor Ouarzazate au Maroc et le parc éolien de De Aar en Afrique du Sud alimentent plus d’un million de foyers tout en réduisant les émissions de CO2. En Afrique de l’Est, les barrages de Karuma et Gibe III, ainsi que la centrale solaire de Garissa, obtiennent des résultats similaires.
Lutter contre la désertification
Au-delà des projets d’infrastructure, des progrès significatifs sont également constatés en matière de renforcement des capacités et d’échange de connaissances et d’expériences visant à verdir le continent. Le Centre de coopération environnementale Chine-Afrique (CAECC), créé en 2020 dans le cadre de l’initiative de la Grande Muraille verte, en est un parfait exemple. Dans l’État de Kano, au Nigeria, elle a contribué au renforcement des défenses en première ligne, au ralentissement de l’avancée du Sahara vers le sud et à la séquestration du carbone. Elle a déjà permis la récupération de dizaines de millions d’hectares de terres dans une région qui perdait autrefois plus de 30 hectares par an à cause de la désertification.
La coopération environnementale Chine-Afrique est en constante évolution. Avant même que le Programme des Nations unies pour l’environnement ne soutienne le CAECC, le Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA) avait déjà élaboré les plans d’action de Charm el-Cheikh, de Beijing et d’Addis-Abeba, jetant ainsi les bases d’une coopération écologique et d’un développement durable avant 2016. Depuis lors, le CAECC a acquis une importance accrue grâce aux plans d’action successifs du FCSA. Les huit initiatives majeures et les neuf programmes de coopération ont renforcé la transition écologique comme pilier essentiel du partenariat.
La Chine continue de montrer son engagement auprès de l’Afrique pour relever les défis de développement, en partageant son expérience afin d’accélérer la croissance par le biais du développement des infrastructures, du renforcement des capacités et du soutien à l’industrialisation. Sa politique envers l’Afrique met l’accent à la fois sur la durabilité et sur les priorités définies par le continent (accès au marché, industrialisation, etc.).
À mesure que la coopération verte sino-africaine se développe dans un contexte de développement de qualité, on peut s’attendre à ce que l’industrialisation respectueuse du climat et la production verte se développent parallèlement aux zones économiques et aux parcs industriels. Cela engendrera sans aucun doute davantage d’industries vertes, des emplois pour la jeune main-d’œuvre du continent et un socle durable pour la croissance et la modernisation.
GEORGE MUSIIME, chercheur attaché au Development Watch Centre, Ouganda
| Source:Chinafrique | ![]() |
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