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Un esprit de dialogue
Les échanges humains et culturels sino-africains constituent un pilier essentiel pour construire une communauté d’avenir partagé sino-africaine durable.

Le 3 décembre 2025, la 4e réunion du Mécanisme de haut niveau des échanges humains et culturels entre la Chine et l’Afrique du Sud s’est tenue à Beijing, insufflant une nouvelle signification contemporaine à l’amitié sino-africaine. L’année 2026 verra se dérouler les activités de l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels et marquera également le 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique. En tant que lien structurant de la coopération sino-africaine, les échanges humains et culturels ont toujours constitué un pont solide reliant les deux grandes civilisations. Les résultats fructueux obtenus ces dernières années ont renforcé la compréhension mutuelle entre les sociétés et les populations, jetant les bases pour faire progresser la construction d’une communauté d’avenir partagé sino-africaine.
Une coopération multidimensionnelle
Le Président chinois Xi Jinping a souligné que la civilisation chinoise est un système ouvert, façonné par des échanges constants et un apprentissage mutuel avec les autres civilisations. Les échanges humains et culturels sino-africains illustrent pleinement cette idée. Aujourd’hui, ils se caractérisent par une dynamique vigoureuse, une diversité d’acteurs et un approfondissement continu des coopérations sectorielles.
La coopération éducative connaît un développement en profondeur. Sous les principes de respect mutuel, d’égalité de traitement, d’ouverture, d’inclusion et d’apprentissage réciproque, la coopération éducative sino-africaine s’est progressivement dotée d’un cadre couvrant l’enseignement supérieur, l’enseignement professionnel et la recherche académique. Le Forum 2025 sur l’innovation et le développement de la coopération éducative sino-africaine a contribué à accélérer la formation de techniciens qualifiés nécessaires à l’industrialisation africaine.
Fin 2025, le Programme de coopération entre cent universités chinoises et africaines avait permis la collaboration de 114 établissements. Dix-sept ateliers Luban avaient été créés dans 15 pays africains, formant plus de 10 000 professionnels. Le chinois est désormais intégré dans les systèmes éducatifs de nombreux pays africains, tandis que des filières consacrées aux langues africaines prennent forme dans les universités chinoises, créant un pont de communication fluide pour les échanges éducatifs et culturels.
La coopération audiovisuelle continue de se renforcer. Malgré des contextes historiques et culturels différents, des œuvres chinoises parviennent à susciter une forte résonance émotionnelle, comme Minning Town, retraçant la lutte contre la pauvreté en Chine et particulièrement appréciée aux Comores. Lors de la 6e édition du Forum sino-africain sur la coopération médiatique, six accords audiovisuels ont été signés, 20 projets annoncés et l’exposition « Amitié et Coopération » organisée. Le Kenya, l’Afrique du Sud et le Nigeria ont également tenu plusieurs festivals du film chinois, où des initiatives telles que « L’Afrique sur la pellicule » ont permis d’exprimer l’amitié sino-africaine à travers le langage universel du cinéma.
Les échanges entre femmes connaissent aussi un nouvel essor grâce aux plateformes de coopération entre femmes chinoises et africaines, jouant un rôle actif dans les échanges humains et culturels. De la Conférence thématique 2024 sur l’éducation et l’autonomisation des femmes au Sommet mondial des femmes 2025, les deux parties ont multiplié les initiatives en matière de formation professionnelle, de partage d’expériences pédagogiques et d’autonomisation féminine. Le Star, média kényan de référence, souligne que la Chine demeure en pointe en matière d’autonomisation des femmes et que l’apprentissage mutuel sino-africain apportera une contribution durable à l’éducation des filles au niveau mondial.
La coopération dans le tourisme et la culture s’accélère également. Au premier semestre 2025, la Chine avait signé des accords bilatéraux de coopération touristique avec 31 pays africains. Plusieurs pays ont mis en place des politiques de visa simplifiées pour les ressortissants chinois, tandis qu’un programme de formation regroupant plus de 200 professionnels du secteur a été mené à bien. La Conférence africaine du tourisme 2025, placée sous le thème « L’Afrique infinie », a mis l’accent sur la construction d’une économie touristique inclusive et durable. De nombreux responsables africains ont exprimé leur confiance dans le potentiel du marché chinois, espérant libérer les capacités touristiques du continent grâce à une coopération renforcée. La Conférence 2025 sur la coopération sino-africaine en matière de tourisme et de culture a par ailleurs réaffirmé l’importance du programme de la Route de la Soie culturelle.
Dans l’ensemble, l’intensification des échanges humains et culturels sino-africains dans les domaines de l’audiovisuel, de l’éducation, des femmes et du tourisme entraîne simultanément une expansion des échanges entre jeunes, du dialogue entre groupes de réflexion, de la coopération médiatique, des interactions sportives et des initiatives en santé publique.

Entre héritage et renouveau
Les échanges humains et culturels sino-africains devront continuer à renforcer la compréhension culturelle par l’interaction, intégrer les innovations technologiques dans les échanges et consolider les dispositifs de coopération, afin d’écrire de nouveaux chapitres de l’apprentissage mutuel entre les civilisations.
Pour enrichir encore les résultats, il est essentiel de promouvoir des coopérations fondées sur les spécificités régionales. La culture chinoise, ancienne et plurielle, possède une grande diversité régionale, tout comme le continent africain. Tirer parti de ces atouts permettra de nourrir durablement les échanges culturels et de promouvoir un développement commun. La coopération entre Xi’an et le Centre culturel chinois du Bénin en fournit un exemple marquant : grâce aux expositions virtuelles et aux créations sur place, les deux parties ont fait revivre des témoins majeurs de la civilisation chinoise, tels que l’Armée de terre cuite de l’empereur Qinshihuang ou le Palais Weiyang des Han. Les artistes béninois, invités à créer au sein des sites historiques de Xi’an, ont laissé une empreinte artistique singulière dans la ville millénaire.
Il convient également d’innover dans les modalités d’échanges culturels en s’appuyant sur les technologies numériques. En tirant pleinement parti de la 5G, de la réalité virtuelle ou de l’intelligence artificielle (IA), les échanges en ligne pourront toucher un public plus large. Une plateforme numérique sino-africaine dédiée aux échanges culturels devrait être mise en place, intégrant l’enseignement immersif 5G+IA et des technologies de traduction multilingue afin d’assurer l’interconnexion transrégionale des ressources éducatives et culturelles.
Parallèlement, une base de données destinée à faire correspondre talents et projets entre jeunes Africains et Chinois devra être développée. Grâce au big data et aux algorithmes, elle permettra d’associer précisément intérêts et besoins en matière d’entrepreneuriat, de recherche ou de création artistique, stimulant ainsi le potentiel d’innovation de la jeunesse.
Il est tout aussi essentiel d’approfondir la coopération dans les échanges humains et culturels en consolidant les dispositifs de planification stratégique. Des initiatives comme les festivals de la jeunesse, le concours d’innovation et d’entrepreneuriat ou les programmes d’autonomisation féminine permettront de transmettre la flamme de l’amitié sino-africaine.
« Seul, on va plus vite ; ensemble, on va plus loin. » Ce proverbe, largement répandu en Afrique, exprime avec justesse la portée et la valeur des échanges humains et culturels sino-africains. À l’aube de l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels 2026, les peuples des deux parties se rapprocheront encore davantage, la dynamique de coopération gagnera en force, et une énergie nouvelle accompagnera leur marche commune vers la modernisation.
YU GUIZHANG est chercheur à la base de l’Université normale du Zhejiang du Centre de recherche sur la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère du Zhejiang.
LI JIAHUI est assistante de recherche à l’Institut d’études africaines de l’Université normale du Zhejiang.
WANG HENG est professeure à l’Institut d’études africaines de l’Université normale du Zhejiang.
| Source:Chinafrique | ![]() |
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