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COMMENTAIRE : La Chine et l’Afrique poursuivent leur construction d’une communauté d'avenir partagé

French.china.org.cn | Mis à jour le 09. 01. 2026 | Mots clés : Chine,Afrique,communauté d'avenir partagé,Wang Yi
french.china.org.cn | 09. 01. 2026

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi s’est rendu en Afrique du 7 au 12 janvier 2026 pour son premier voyage à l'étranger de l’année, effectuant des visites en Éthiopie, en Somalie, en Tanzanie et au Lesotho, perpétuant ainsi une tradition diplomatique que Beijing maintient depuis plus de 30 ans en choisissant l'Afrique comme première destination de l'année.

Cette tradition souligne l'importance stratégique que la Chine continue d'accorder à l'Afrique dans ses priorités et son orientation diplomatiques mondiales. La visite du ministre Wang coïncide également avec le 70e anniversaire des relations diplomatiques sino-africaines et inaugure l'« Année des échanges entre peuples Chine-Afrique », proclamée par le président chinois Xi Jinping et les dirigeants africains. Comme souligné par Beijing, cette période offre aux deux partenaires l'opportunité d'approfondir leur confiance politique, de favoriser les échanges civilisationnels, ainsi que de donner un nouvel élan à la construction d'une « communauté d'avenir partagé Chine-Afrique de tout temps à l'ère nouvelle ».

Un partenariat durable et global

La philosophie d'une communauté d’avenir partagé sino-africaine s'appuie sur des décennies de coopération politique et de développement. La Chine et les pays africains partagent des liens historiques forgés dans la lutte contre le colonialisme et pour la souveraineté nationale. Dès les années 1950, des dirigeants tels que Mao Zedong et Zhou Enlai ont engagé le dialogue avec leurs homologues africains afin d'établir des relations diplomatiques et des cadres d'entraide. Ces premiers liens ont jeté les bases d'une confiance et d'une collaboration politiques durables. Cette histoire commune, caractérisée par l'entraide et le développement économique partagé, a évolué vers un partenariat avancé que les gouvernements des deux parties qualifient de stratégique, global et à toute épreuve. Pour la Chine, l'Afrique est non seulement un partenaire crucial parmi les pays du Sud global, mais aussi une région clé dans sa vision de coopération gagnant-gagnant et de développement inclusif.

La visite du ministre des Affaires étrangères Wang Yi vise avant tout à consolider la confiance politique mutuelle entre la Chine et les États africains. Beijing conçoit sa diplomatie non pas comme transactionnelle, mais comme fondée sur le respect de la souveraineté, l'égalité et la non-ingérence, des principes qui trouvent un écho favorable auprès de nombreuses nations africaines. La continuité des visites annuelles symbolise la constance politique et diplomatique du pays, notamment dans un contexte mondial marqué par l'incertitude géopolitique. Lors de ses rencontres avec les dirigeants africains, Wang Yi a affirmé que la Chine restait l'ami le plus fidèle de l'Afrique, résolue à soutenir son développement et à défendre ses intérêts sur la scène internationale. Ces engagements renforcent des positions communes sur la gouvernance mondiale : les deux parties insistent sur l'égalité souveraine, les solutions multilatérales aux défis mondiaux, et un soutien coordonné aux intérêts des pays en développement au sein d'institutions telles que les Nations Unies.

Une coopération et des liens entre les peuples mutuellement avantageux

Le partenariat sino-africain dans le domaine économique s'est considérablement développé au cours des deux dernières décennies. Le volume des échanges a connu une croissance exponentielle, la Chine devenant le premier partenaire commercial de l'Afrique pendant de nombreuses années consécutives. Cette dynamique commerciale et d'investissement reflète une interdépendance économique croissante et est essentielle à la notion d’avenir partagé. Le Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), plateforme institutionnelle clé, a joué un rôle déterminant dans ce processus. Lors du Sommet de Beijing 2024 du FCSA et des réunions ministérielles qui ont suivi, la Chine et les pays africains se sont entendus sur « 10 actions de partenariat » visant à traduire les résultats du sommet en domaines de coopération concrets, tels que les infrastructures, le développement agricole, la santé et la coopération industrielle. Lors de ses visites en Afrique, Wang Yi s'est attaché à mettre en œuvre des plans d'action visant à concrétiser le consensus politique de haut niveau par une coopération pratique. Les projets d'infrastructure menés dans le cadre de l'initiative de « La Ceinture et la Route », tels que les voies ferrées et les corridors de transport, ont illustré de manière tangible l'empreinte économique de la Chine en Afrique. Au-delà des infrastructures physiques, la coopération s'est étendue à l'économie numérique, au développement durable et aux chaînes de valeur industrielles, témoignant d'une évolution vers une coopération de qualité en phase avec les priorités de développement africaines.

Reconnaissant qu'un avenir partagé ne saurait reposer uniquement sur des accords politiques et économiques, la Chine et ses partenaires africains ont accordé la priorité aux échanges entre les peuples. La désignation de 2026 comme « Année des échanges ente peuples Chine-Afrique » témoigne de l'importance accordée aux liens culturels, universitaires et sociaux. Cette dimension de la coopération vise à approfondir la compréhension mutuelle au-delà des engagements officiels, et ce grâce à des programmes d'échanges universitaires, des collaborations culturelles et l'implication de la société civile. En facilitant les échanges civilisationnels et l'apprentissage mutuel entre deux sphères civilisationnelles anciennes et diverses, les deux parties espèrent renforcer les fondements sociétaux de leur partenariat stratégique.

Malgré ces échanges et cadres de coopération positifs, les relations sino-africaines sont confrontées à la fois à des opportunités et à des défis. La compétition géopolitique extérieure, notamment de la part des puissances occidentales, ainsi que la dynamique sécuritaire régionale créent un environnement complexe. Par exemple, les préoccupations sécuritaires dans des régions comme la Corne de l'Afrique posent des défis diplomatiques et de développement, où l'engagement de la Chine a des implications stratégiques qui dépassent le cadre de la coopération bilatérale.

Vers une vision partagée pour l'avenir

La visite actuelle du ministre chinois des Affaires étrangères en Afrique témoigne de la continuité et de la détermination des relations sino-africaines. En renforçant la confiance politique, en faisant avancer la coopération économique et en approfondissant les liens culturels, la Chine et ses partenaires africains œuvrent activement à la construction d'une communauté d’avenir partagé capable de répondre conjointement aux mutations mondiales et de faire entendre la voix collective des pays du Sud global. Cette vision, ancrée dans l'égalité stratégique, le partenariat pour le développement et les échanges civilisationnels, dépasse le cadre des relations bilatérales. Elle amplifie les interactions en matière de gouvernance mondiale, de modèles de développement équitable et de coopération multilatérale. 

Pour la Chine comme pour l'Afrique, la poursuite de cet avenir partagé n'est pas une simple initiative diplomatique, mais un cadre stratégique guidant leur progression collective dans un ordre international en pleine mutation et marqué par l'incertitude.

Traduit d’un article en anglais écrit pour french.china.org.cn par Dr Waseem Ishaque, directeur du Centre d'études chinoises à l’Université nationale des langues modernes (NUML) d’Islamabad, au Pakistan. Les articles d’opinion reflètent les points de vue de leurs auteurs, et ne sont pas nécessairement représentatifs des opinions de french.china.org.cn.


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Source:french.china.org.cn