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Les dirigeants européens et l'OMC mettent en garde contre les droits de douane unilatéraux et la montée du protectionnisme

French.china.org.cn | Mis à jour le 25. 11. 2025 | Mots clés :
french.china.org.cn | 25. 11. 2025

Le monde devrait s'attaquer d'urgence à la montée du protectionnisme et aux mesures tarifaires agressives qui menacent de déstabiliser le système commercial multilatéral et les marchés mondiaux, ont déclaré les dirigeants européens et d'Afrique du Sud ainsi que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) lors du premier sommet du G20 organisé sur le continent africain.

Sans mentionner directement les États-Unis, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez ont averti que le monde devait résister à la dérive vers des mesures tarifaires et non tarifaires unilatérales.

« Nous devrions promouvoir un commerce ouvert et équilibré, en prenant des mesures pour libéraliser les échanges là où c'est possible, avec de nouveaux accords qui abaissent les droits de douane et les barrières commerciales et qui rétablissent la stabilité et la certitude dont les entreprises ont besoin », a déclaré le Premier ministre britannique.

M. Starmer a souligné que cette question était une priorité absolue pour son gouvernement, ajoutant qu'il avait déjà conclu des accords et réalisé des progrès avec des partenaires comme l'Inde et l'Union européenne (UE). Il a précisé que ces efforts renforçaient leurs économies et créaient de nouvelles perspectives pour leurs populations.

M. Sanchez a également mis en avant la nécessité de s'attaquer d'urgence à la montée du protectionnisme qui, a-t-il noté, érode les fondements de la croissance mondiale.

« Soyons clairs : les droits de douane ne sont pas une arme, mais une barrière », a-t-il déclaré lors de l'ouverture de la conférence de deux jours à Johannesburg, qui s'est conclue dimanche.

« La surcapacité industrielle et la concurrence déloyale constituent de véritables défis, tant pour les pays avancés que pour les pays en développement, mais y répondre par des droits de douane ne peut mener qu'à un échec collectif », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre espagnol a réaffirmé la nécessité de renforcer le système commercial multilatéral et de redonner à l'OMC son rôle central, insistant sur le fait qu'une véritable réforme ne pouvait être réalisée que par la coopération et non par des mesures unilatérales.

Des conséquences concrètes

La directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a déclaré en marge du sommet que l'Afrique subissait de plein fouet les conséquences concrètes de l'escalade des tensions géopolitiques et des droits de douane américains généralisés.

« Les droits de douane unilatéraux élevés et le nombre croissant d'accords commerciaux bilatéraux conclus en dehors de l'OMC ont perturbé le commerce mondial », a-t-elle indiqué.

Elle a souligné que, selon une analyse de l'OMC, 28 % du commerce mondial se déroulait encore en dehors de son cadre réglementaire.

Malgré le coût élevé du commerce intra-africain, plus cher de 20 % que celui du commerce international, la dépendance de l'Afrique à l'égard du commerce intra-africain et du commerce Sud-Sud a contribué à atténuer l'impact de ces mesures, a-t-elle ajouté.

Dans leur déclaration finale, les dirigeants du G20 ont souligné que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et les initiatives commerciales menées par l'Afrique étaient des piliers essentiels de la résilience économique mondiale.

« Nous soutenons la mise en œuvre de la Stratégie et du Plan d'action du Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine (PDDAA) ainsi que de la ZLECAf, notamment par des investissements dans les capacités locales de production, de stockage et de distribution alimentaires », indique la déclaration.

Les dirigeants mondiaux ont noté que cette initiative contribuerait à réduire la dépendance à l'égard des chaînes d'approvisionnement mondiales instables et soutiendrait les efforts menés par l'Afrique pour constituer des banques de semences intégrées, renforcer la production locale d'engrais, ainsi que promouvoir le commerce agricole intra-africain.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a indiqué par le passé que son pays poursuivrait ses efforts diplomatiques en vue d'établir une relation commerciale plus équilibrée et mutuellement avantageuse avec les États-Unis, qualifiant d'injuste l'imposition de droits de douane de 30 %.

Les difficultés rencontrées par les pays subsahariens ont été exacerbées par l'expiration du programme commercial préférentiel américain et l'incertitude qui plane sur le renouvellement de la « Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique » (AGOA), arrivée à échéance le 30 septembre dernier.

Cette loi, en vigueur depuis 2000, accordait aux pays subsahariens éligibles un accès au marché américain en franchise de droits, sous certaines conditions.

Des experts du commerce ont averti que les nouveaux droits de douane, qui varient de 10 à 50 %, fragilisaient déjà les industries africaines, les chefs d'entreprise mettant en garde contre des pertes d'emplois imminentes et une baisse des revenus ruraux.



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Source:french.china.org.cn