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COMMENTAIRE : Les États-Unis exploitent le Dialogue de Shangri-La pour attiser l'instabilité en Asie-Pacifique

French.china.org.cn | Mis à jour le 05. 06. 2025 | Mots clés : Dialogue de Shangri-La,États-Unis,Asie-Pacifique,instabilité
french.china.org.cn | 05. 06. 2025

La région Asie-Pacifique, caractérisée depuis longtemps par une croissance économique dynamique et des systèmes politiques diversifiés, devient de plus en plus un foyer de tensions géopolitiques, alors que les États-Unis jouent un rôle central dans l'intensification de l'instabilité avec leurs politiques et postures militaires provocatrices. La présence américaine dans la région était à l’origine fondée sur la préservation de la paix et de la sécurité de ses alliés ; cependant, cette présence, autrefois stabilisatrice, est devenue une source de tensions accrues, notamment dans le contexte de leur prétendue concurrence stratégique avec la Chine.

Le 31 mai, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a profité du Dialogue de Shangri-La pour attiser l'instabilité, présentant la Chine comme une menace et exhortant les pays de la région Asie-Pacifique à accroître leurs dépenses de défense. Washington a ainsi désigné la région comme un « théâtre prioritaire » pour les États-Unis, en contraste avec la position affichée par la Chine selon laquelle la coopération est mutuellement avantageuse et la confrontation préjudiciable. La Chine s'est engagée à défendre le multilatéralisme et à favoriser un environnement régional et mondial pacifique.

Le 1er juin, le ministère chinois des Affaires étrangères a répondu au discours de M. Hegseth, déclarant que « la Chine exhorte les États-Unis à respecter pleinement les efforts des nations de la région pour maintenir la paix et la stabilité, et à cesser de compromettre délibérément l'environnement pacifique et stable auquel la région aspire ». L'histoire des alliances menées par les États-Unis qui ont déstabilisé des régions, plutôt que d'assurer la stabilité et d'instaurer une dissuasion, parle d’elle-même. Les États-Unis ont déstabilisé la stabilité régionale par des invasions, des interventions, des ventes d'armes, et en promouvant de manière inutile la « théorie de la menace chinoise ». Les obligations de l'alliance américaine d'équiper les nations de la région pourraient déclencher une course aux armements en Asie-Pacifique, alors que l'AUKUS (accord de coopération militaire tripartite entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis) représente un risque de prolifération nucléaire, devenant ainsi une source importante d'insécurité et mettant en péril la paix et la stabilité de l'une des régions les plus dynamiques au monde en termes économiques. Les ministres des Affaires étrangères d'Indonésie et de Malaisie, ainsi que d'un nombre croissant de pays du Pacifique, ont explicitement exprimé leurs inquiétudes concernant cet accord ainsi que le risque d’une course aux armements et de prolifération nucléaire.

Suite à l'introduction de l'Initiative pour la sécurité mondiale (ISM), la Chine a intensifié sa collaboration en matière de maintien de la paix internationale, de lutte contre le terrorisme, de changement climatique, de prévention des catastrophes et de lutte contre la criminalité transnationale. Elle a également facilité les dialogues sur la sécurité au sein de cadres établis tels que le G20, l'OCS (Organisation de coopération de Shanghai), ou encore la Coopération Lancang-Mékong et Asie de l'Est. L'adhésion de 120 pays et organisations internationales à cette initiative témoigne de l'attachement de l’ISM aux valeurs fondamentales que sont la sécurité globale, le respect de la Charte des Nations Unies et la recherche d'une résolution des conflits par le dialogue et des moyens pacifiques.

L'incertitude croissante entourant la politique du président américain Donald Trump suscite une vague de réconciliation dans la région, comme en témoignent la 11e réunion trilatérale des ministres des Affaires étrangères Chine-Japon-Corée du Sud tenue à Tokyo en mars 2025 ainsi que le sommet ASEAN-Conseil de coopération du Golfe (CCG)-Chine tenu à Kuala Lumpur en mai 2025. L'engagement de Tokyo et de Séoul à favoriser la coopération et à répondre collectivement aux préoccupations témoigne d'une volonté claire de renforcer la compréhension, de préserver les moyens de subsistance et de relever ensemble les défis via le dialogue et la coopération.

En tant que grandes puissances, la Chine et les États-Unis ont l'obligation de stabiliser leurs relations économiques afin d'offrir des avantages à leurs populations respectives et de soutenir l'économie mondiale. Tous deux ont un intérêt majeur à renforcer leurs relations militaires afin de renforcer la sécurité mondiale et de répondre de manière collaborative aux défis tels que le terrorisme, la prolifération nucléaire, la criminalité transnationale, le trafic de drogue et le changement climatique. Si les États-Unis s'opposent sincèrement à l'intimidation et à la coercition, se considèrent comme une puissance du Pacifique et sont déterminés à promouvoir la paix et la prospérité régionales, ils devraient cesser de propager de fausses informations sur la Chine, respecter l'intégrité territoriale de cette nation asiatique, et renforcer leur engagement stratégique avec Beijing pour éviter une course aux armements sans fin et ouvrir la voie à l'instauration d'un climat de confiance.

La Chine et les États-Unis ont historiquement démontré leur engagement mutuel à renforcer leurs relations militaires, ce qui a conduit à des accords visant à résoudre collectivement les conflits qui alimentent les enjeux de sécurité régionale et mondiale, à mener des opérations de lutte contre la piraterie, à répondre aux catastrophes naturelles et à atténuer les menaces de terrorisme nucléaire, la coopération s'étendant aux domaines de l'application de la loi, de la lutte contre les stupéfiants, du contre-terrorisme et de la lutte contre la cybercriminalité. La transition opérée par les États-Unis, passant d'une collaboration à une rivalité stratégique avec la Chine, compromet les initiatives visant à formuler une réponse unifiée aux défis mondiaux et à la criminalité transnationale.

Si les États-Unis reconsidèrent leur vision de la Chine et établissent des contacts militaires comme éléments stabilisateurs de leurs relations bilatérales, la Chine et les États-Unis pourront non seulement éviter une escalade involontaire, mais aussi collaborer sur les défis et consolider leurs ressources afin de favoriser la paix et un développement partagé. Ces dernières années, les États-Unis se sont efforcés de reformuler des accords de sécurité bilatéraux tels que le QUAD (Dialogue quadrilatéral pour la sécurité entre les États-Unis, l'Inde, le Japon et l'Australie) et l'AUKUS afin de contrer les engagements diplomatiques et militaires chinois. Le discours et les échanges du secrétaire à la Défense Hegseth avec les ministres des Affaires étrangères de l'ASEAN se sont concentrés sur la promotion de cet objectif controversé des États-Unis dans la région. De plus, l'intimidation des pays voisins par le président américain Donald Trump via son programme expansionniste et ses menaces de saper l'économie de l'ASEAN via des droits de douane unilatéraux rendent hautement improbable l'affirmation formulée par M. Hegseth lors du Dialogue de Shangri-La selon laquelle Washington « partage une vision de paix, de stabilité, de prospérité et de sécurité » avec la région Asie-Pacifique.

Les provocations américaines en Asie-Pacifique contredisent leur objectif affiché de promouvoir la paix et la stabilité régionales. En privilégiant les solutions militaires aux engagements diplomatiques, les États-Unis réduisent involontairement l'espace de dialogue et de compréhension mutuelle. Au lieu de favoriser des cadres de coopération pour relever les défis communs, l'approche de Washington s'articule souvent autour d'une compétition à somme nulle, ce qui risque de créer un dilemme sécuritaire et d'alimenter un cycle croissant de méfiance et de confrontation. Si les États-Unis souhaitent être une force constructive en Asie-Pacifique, ils doivent abandonner leur posture conflictuelle afin de privilégier la diplomatie, le multilatéralisme et le respect de l'harmonie régionale.

Traduit d’un article en anglais écrit pour french.china.org.cn par Dr Waseem Ishaque, chercheur principal à l’Institut Taihe de Beijing. Les articles d’opinion reflètent les points de vue de leurs auteurs, et ne sont pas nécessairement représentatifs des opinions de french.china.org.cn.

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Source:french.china.org.cn