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​Maintenir l’ordre multilatéral du monde, une responsabilité commune Chine-UE

French.china.org.cn | Mis à jour le 27. 04. 2025 | Mots clés : Chine,UE
french.china.org.cn | 27. 04. 2025

Traduction d’une tribune en chinois écrite par Zhou Qiujun, professeure associée de l’École du gouvernement de l’Université de science politique et de droit de Shanghai.


Arianna Podestà, porte-parole adjointe de la Commission européenne, a déclaré lors d’une interview le mardi 23 avril que les négociations de l’Union européenne (UE) avec les États-Unis et les relations du bloc avec la Chine étaient « deux sujets distincts ». Elle a ainsi souligné que la politique de l'UE à l'égard de la Chine restait « la même », basée sur « la réduction des risques, et non le découplage ».

Bien que l’UE ait encore des réserves quant à son attitude envers la Chine, cette dernière déclaration montre qu’elle a commencé à réexaminer ses relations avec la Chine et a pris l’initiative de lui envoyer des signaux positifs.

Les États-Unis abusent des tarifs douaniers contre de nombreux pays, ce qui a de graves répercussions sur les règles et l’ordre économiques et commerciaux internationaux. Dans ce contexte, la coopération sino-européenne dans des domaines divers semble plus précieuse que jamais. Wang Yi, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et ministre chinois des Affaires étrangères, a indiqué lors d’un entretien par téléphone avec la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Beate Meinl-Reisinger, que la Chine et l’UE devraient assumer leurs responsabilités internationales, protéger conjointement le système commercial multilatéral, et travailler ensemble à la construction d’une économie mondiale ouverte. 

En tant que deux piliers de l’économie mondiale, la Chine et l’UE disposent déjà d’une base solide pour leur coopération. Alors que les États-Unis utilisent les tarifs douaniers comme une arme pour lancer des attaques aveugles contre plusieurs pays, l’importance de la coopération entre la Chine et l’UE est devenue de plus en plus évidente.

Premièrement, la guerre tarifaire a gravement nui à l’environnement international, affectant le développement des économies chinoise et européenne. La Chine et l'Europe ont toutes deux leurs propres « spécialités » : elles ont des voies de développement différentes et des avantages respectifs dans divers domaines. Mais en même temps, elles sont des économies dont le développement est profondément intégré au monde, et toutes deux ont grandement bénéficié de cela. Leurs réalisations dans le domaine économique et le commercial international ont été atteintes par leurs propres efforts et dans le respect des règles de l’économie de marché.

Les États-Unis poursuivent le protectionnisme sous prétexte de promouvoir le « rapatriement de la production industrielle », tentant de détourner l’attention de leurs conflits internes et d’inverser la situation difficile que représente leur « dépérissement industriel », et ce sans prêter aucune attention à la logique profonde du fonctionnement de l’économie mondiale. Si la « guerre tarifaire » lancée par les États-Unis brise l’équilibre des chaînes de production et d’approvisionnement mondiales, les intérêts de la Chine et de l’Europe seront tous gravement compromis. L’UE, qui fait face à une reprise économique difficile et une grave menace géopolitique, a besoin d’un partenaire économique fiable et durable. La Chine correspond précisément à ces conditions. 

Deuxièmement, la coopération Chine-UE s'inscrit dans le cadre du plan de développement de l'Europe en matière d'« autonomie stratégique ». L’Europe a toujours été dépendante des États-Unis à des degrés divers dans des domaines comme l’économie et la sécurité, et sa voie de développement comporte donc des menaces cachées. L’administration Trump a frappé un « coup dur » sur l’UE peu après son arrivé au pouvoir. Elle a non seulement négligé la position et la fonction de l’Europe, et a même nié la « valeur du partage » entre les États-Unis et l’Europe, ce qui a ébranlé le fondement de la confiance transatlantique entre les deux parties. Et la politique tarifaire américaine a encore davantage diminué la confiance de l’UE dans le système du dollar et les engagements des États-Unis.

L’Union européenne a commencé à comprendre qu’elle ne pourra prendre l’initiative dans les domaines de l’économie et de la sécurité qu’en rompant sa dépendance et en réalisant son « autonomie stratégique ». La Chine n’a pas de contradiction fondamentale avec l’Europe, et les deux parties présentent une forte complémentarité dans des domaines tels que le marché, la structure industrielle, l’investissement et la coopération technologique. Ayant des liens économiques et commerciaux extrêmement étroits, la Chine et l’Europe ont un potentiel de développement encore large. La coopération Chine-UE peut aider l’Europe à construire une chaîne d’approvisionnement stable et résistante aux risques, à réduire sa dépendance envers les États-Unis en s’appuyant sur le marché chinois, et à injecter davantage de résilience dans son économie.

Troisièmement, la coopération Chine-UE correspond au besoin mutuel de maintenir l’ordre multilatéral. Le multilatéralisme incarne les principes d’égalité, de bénéfice mutuel et d’ouverture, soulignant la nécessité de résoudre les différends et d'ajuster les relations entre les parties via le dialogue, de déterminer le contenu et l'orientation de la coopération via la négociation, et de mener une coopération sur la base d'intérêts communs. Il s'efforce au maximum de prendre en compte les intérêts de toutes les parties et s'oppose aux relations exclusives et discriminatoires. Le processus de développement de l’UE est essentiellement un processus de recherche de « certitude » dans le cadre de règles multilatérales par le biais de l’intégration institutionnelle. Son développement économique rapide au cours d’une certaine période a également bénéficié de la coordination et de la coopération entre les États membres de l’UE et de la popularité du multilatéralisme dans le monde.

Les « retraits » des États-Unis de plusieurs organisations internationales, les mesures d’intimidation tarifaire et d’autres actions ont eu un impact direct sur l’ordre international multilatéral et sur les « fondements de la survie » de l’Union européenne. La Chine a également toujours été une force importante dans le maintien et la pratique du multilatéralisme. Elle attache de l’importance à jouer un rôle constructif au sein des Nations Unies et d’autres organisations multilatérales et préconise un programme de coopération ouvert, inclusif et transparent dans le cadre multilatéral. Ainsi, la Chine et l’Europe partagent des valeurs communes en matière de maintien du système commercial multilatéral et d’opposition à l’unilatéralisme, et ont de vastes intérêts communs. La coopération entre les deux parties peut non seulement fournir un « lest » à la stabilité économique mondiale, mais aussi envoyer un signal fort au monde pour le maintien de l’ordre multilatéral.

Bien qu’il existe des différences structurelles au sein de l’UE et un biais cognitif envers la Chine, qui font que l’attitude de l’UE envers la Chine devrait encore rester « maladroite » pendant un certain temps, il est indéniable que la coopération Chine-UE a encore le potentiel et l’élan pour se développer davantage. Le maintien du multilatéralisme et la lutte contre le protectionnisme sont non seulement dans l’intérêt des deux parties, mais constituent également un soutien essentiel à la stabilité économique mondiale. Dans le futur, avec l’approfondissement de leur mécanisme de coopération, les deux économies devraient élargir leur coopération dans des domaines tels que la résilience des chaînes d’approvisionnement, la transformation verte et la gouvernance numérique, insufflant ainsi une impulsion durable à la construction d’une économie mondiale ouverte.

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Source:french.china.org.cn