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La synergie mise en avant à la réunion de l’APEC pour faire face aux défis
Par George N. Tzogopoulos
La troisième réunion de l’APEC (Coopération économique pour l'Asie-Pacifique) s’est tenue du 11 au 17 novembre à San Francisco, aux États-Unis. L’endroit est symbolique, alors que c’est dans cette ville que la Charte des Nations Unies a été signée en 1945. Cette référence à l’histoire met en valeur l’importance du multilatéralisme en tant que principe qui doit caractériser les relations internationales, encore plus dans un monde où la paix est menacée et où la fragmentation remplace souvent l’unité.
La déclaration des dirigeants de l’APEC fait résonner la nécessité de la collaboration au niveau international. Le document est basé sur 16 points qui montrent une volonté commune de produire des résultats positifs pour la région Asie-Pacifique. Les dirigeants ont particulièrement mis en avant le développement durable, les progrès technologiques, l’économie verte, la transition énergétique, ou encore la sécurité alimentaire. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l’économie de la région Asie-Pacifique continuera à contribuer à la croissance globale en 2023 malgré des politiques monétaires plus strictes et le changement de la demande internationale se tournant davantage vers les services plutôt que les marchandises. Selon les prévisions, la croissance dans la région devrait monter à 4,6% en 2023, contre 3,9% en 2022.
Si l’APEC fonctionne comme une plateforme de synergie, les perspectives de développement pour tous les pays membres n’en seront que meilleures. La « Vision de Putrajaya pour 2040 » devrait permettre de faciliter l’intégration régionale vers la création d’une zone libre-échange. Le cinquième point de la déclaration de San Francisco répète cet objectif majeur des dirigeants, qui ont décidé d’accélérer les discussions en ce sens. Le Conseil consultatif des entreprises de l’APEC devrait également jouer un rôle plus actif et le dialogue entre le secteur public et le secteur privé devrait s’intensifier.
Pour la Chine, l’intégration régionale est un développement nécessaire. La Chine a déjà pris l’initiative pour établir conjointement avec ses partenaires le Partenariat économique régional global (RCEP), et elle aspire à rejoindre l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) ainsi que l’Accord de Partenariat sur l’économie numérique (APEN). Dans ce cadre, le pays a davantage promu l’innovation, le développement vert, l’inclusivité et l’ouverture, et ce tant au niveau national qu’international. Sa modernisation continue crée des opportunités pour les pays de la région alors que ses investissements aident au développement de nombre d’entre eux.
En outre, une collaboration efficace permettra aux leaders de l’APEC de faire face ensemble aux défis. La déclaration de San Francisco cite par exemple le problème de la corruption comme un facteur qui empêche le développement économique. La coordination transfrontalière pourrait aider à freiner l’évasion fiscale, le commerce illicite et les flux financiers illégaux. Les dirigeants ont reconnu les progrès fait au cours de la dernière année et se sont dits déterminés à renforcer leurs mesures contre la corruption.
Dans le contexte mondial actuel, l’avenir de l’APEC dépendra de l’attitude des grands acteurs sur la scène internationale. La direction que prendront les relations entre la Chine et les États-Unis sera un baromètre pour la stabilité du système international. Si les deux pays trouvent un moyen de gérer leurs tensions, ceci aura un impact positif non seulement au niveau bilatéral, mais aussi au niveau régional et global. Au lendemain de la réunion de San Francisco, la communauté internationale a pu regagner un certain niveau de certitude et un relatif sentiment de sûreté. Tout en travaillant pour une détente dans ses relations avec les États-Unis, la Chine continuera à faire des efforts pour multiplier les succès de l’APEC.
George N. Tzogopoulos est directeur du programme UE-Chine au Centre international de formation européenne et maître de conférences invité à l'Institut européen qui lui est affilié. Il enseigne également les relations internationales ainsi que les relations internationales énergétiques au département de droit de l'Université Démocrite de Thrace.
Les articles d'opinion reflètent les points de vue de leurs auteurs, et ne sont pas nécessairement représentatifs des opinions de french.china.org.cn.
| Source:french.china.org.cn | ![]() |
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