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Texte intégral : Dévoilement des origines, des faits et des dommages de l'hégémonie militaire des États-Unis

French.china.org.cn | Mis à jour le 07. 09. 2023 | Mots clés : USA,militaire,hégémonie
Agence de presse Xinhua | 07. 09. 2023

L'Institut Xinhua, le groupe de réflexion de l'agence de presse Xinhua, a publié mardi un rapport intitulé "Dévoilement des origines, des faits et des dommages de l'hégémonie militaire des États-Unis".

Voici le texte intégral du rapport :

Dévoilement des origines, des faits et des dommages de l'hégémonie militaire des États-Unis

Table des matières

Avant-propos

Chapitre I Formation de l'hégémonie militaire des États-Unis

1.1 Évolution de l'hégémonie militaire des États-Unis

1.2 Origines idéologiques de l'hégémonie militaire des États-Unis

1.3 Motivations fondamentales de l'hégémonie militaire des États-Unis

Chapitre II Actes et moyens des États-Unis pour défendre leur hégémonie militaire

2.1 Contrôle explicite : guerres et bases

2.2 Contrôle implicite : alliances et règles

2.3 Nouveaux modèles et tendances

Chapitre III Dommages causés par l'hégémonie militaire américaine à l'échelle mondiale

3.1 Catastrophes humanitaires

3.2 Atteinte à la souveraineté

3.3 Atteinte à l'ordre

3.4 Souffrance de leurs propres comportements

Conclusion

Avant-propos

Le 30 août il y a deux ans, un avion de transport américain évacuant les derniers soldats américains a décollé depuis l'aéroport international de Kaboul en Afghanistan, mettant fin à la plus longue guerre de son histoire. Le général Mark Alexander Milley, président du Comité des chefs d'état-major interarmées a déclaré plus tard devant le Congrès que la guerre en Afghanistan finissait par un « échec stratégique » pour les États-Unis. L'hégémonisme militaire américain et ses méfaits ont suscité encore une fois de sérieuses contestations tant aux États-Unis qu'à l'étranger.

L'année 2023 marque aussi le 20e anniversaire du déclenchement de la guerre d'Irak par les États-Unis. Il s'agit d'une guerre d'agression déclenchée par les États-Unis contre un pays souverain pour poursuivre une sécurité absolue, réaliser leurs propres intérêts géopolitiques et d'autres tentatives, sous prétexte de mensonges et en contournant le Conseil de sécurité de l'ONU. Cette guerre a coûté cher pour l'Irak, le Moyen-Orient, le monde et les États-Unis eux-mêmes, et ont des impacts considérables.

Depuis l'indépendance et la fondation du pays en 1776, les États-Unis se sont étendus sans cesse en dépendant de la force, et ont réalisé un doublement du territoire national en profitant de la guerre américano-mexicaine. Après la guerre hispano-américaine, ils sont devenus une puissance transrégionale, et ont étendu leur influence jusqu'à l'hémisphère occidental et à l'Asie de l'Est ; Les deux guerres mondiales ont permis le pays de devenir une superpuissance mondiale ayant la capacité de projeter sa force et de formuler des règles à travers le monde; il a mis fin à la structure bipolaire et a établi une hégémonie unipolaire après la Guerre froide, et agit désormais à sa guise. Jusqu'à présent, il s'engage toujours dans l'expansion militaire, dans le but de défendre son hégémonie militaire.

Dans leur histoire de plus de 240 ans, la période pendant laquelle les États-Unis ne sont pas impliqués dans une guerre dure moins de 20 ans, et ils sont sans doute le pays le plus guerrier dans l'histoire mondiale. Selon des statistiques non exhaustives, parmi les 248 conflits armés dans 153 régions dans le monde entier qui ont eu lieu de la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945 à 2001, il y en a 201 déclenchés par les États-Unis, représentant environ 81%. Les États-Unis ont des tentacules militaires touchant le monde entier, et possèdent environ 750 bases militaires dans au moins 80 pays à travers le monde; Des soldats américains stationnent dans 175 des 193 pays membres des Nations Unis.

Depuis 2001, les États-Unis ont déclenché des guerres et menés des opérations militaires dans plus de 80 pays à travers le monde sous la bannière de l'« antiterrorisme », entraînant directement environ 929 000 morts dont 387 000 civils, et environ 38 millions de sans-abris ou réfugiés.

Dans le processus de poursuite et de maintien de l'hégémonie militaire, les États-Unis adhèrent toujours à des « idéologies impériales » telles que la Destinée manifeste et l'exceptionnalisme américain et défendent leur hégémonisme en ayant recours à la théorie de la puissance maritime et à la théorie de la stabilité hégémonique. Poussés par le pouvoir absolu et des intérêts étroits, ils déclenchent fréquemment des guerres, sont friands d'interventions forcées et sont obsédés par le contrôle d'autres pays, pour tenter de dominer la terre, la mer, le ciel et même l'espace extra-atmosphérique et d'établir une soi-disant « paix sous la dominance américaine », et leur but réel est de maintenir un monde unipolaire régi par l'hégémonie américaine.

En s'appuyant sur leur hégémonie militaire, les États-Unis pratiquent des politiques et actes hégémoniques qui ont bouleversé le monde et ont de nombreux méfaits : porter préjudice à la dignité de la vie, fouler aux pieds le principe de souveraineté, perturber l'ordre international et entraver un développement pacifique, apportant ainsi d'énormes souffrances et catastrophes aux peuples de différents pays, menaçant et détruisant en continu la sécurité et la stabilité mondiales et empêchant le progrès de la civilisation humaine.

Dans le présent rapport, on cherche, sur la base des faits et données, à tracer les origines idéologiques de l'hégémonie militaire des États-Unis, à analyser les moyens et outils par lesquels les États-Unis maintiennent et étendent leur hégémonie militaire, à révéler une variété de péchés de l'hégémonie militaire américaine qui porte atteinte au monde, pour que la communauté internationale puisse voir le vrai visage de l'hégémonie militaire des États-Unis.

Chapitre I Formation de l'hégémonie militaire des États-Unis

Dans l'histoire des États-Unis, leurs concepts stratégiques consistent à l'ambition de dominer le monde, à prétendre à « gouverner les océans et toutes les mers », à prédire que les États-Unis sont « peut-être l'empire le plus puissant et le plus redoutable du monde », à envisager de «contrôler d'abord le continent américain, mais ce n'est que le prélude à l'hégémonie mondiale, pour devenir bientôt la puissance contrôlant le monde entier», dans le but d'inaugurer définitivement un « siècle américain ».

L'histoire est un miroir. Au sens large, l'histoire de l'évolution allant de la germination, de l'essor, de l'établissement jusqu'à la consolidation et à l'extension de l'hégémonie militaire des États-Unis est en fait une histoire d'expansion des États-Unis de l'est vers l'ouest sur le continent nord-américain, de la terre vers la mer et de la région vers le monde entier, enracinée dans l'« idéologie impériale ».

1.1 Évolution de l'hégémonie militaire des États-Unis

L'hégémonie militaire américaine évolue approximativement en quatre phases : phase de préparation à partir de la guerre américano-mexicaine jusqu'à la guerre hispano-américaine, phase d'établissement à partir de la Première Guerre mondiale jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, phase de compétition pendant la Guerre froide entre les États-Unis et l'Union soviétique et phase de crête après la fin de la Guerre froide.

——La phase de préparation dura de la guerre américano-mexicaine au milieu du XIXe siècle à la guerre hispano-américaine à la fin du XIXe siècle.

Dès l'indépendance et la fondation du pays, les États-Unis ont entamé la « conquête de l'Ouest » durant près de cent ans. La guerre américano-mexicaine de 1846-1848 fut la première grande opération militaire américaine en dehors du territoire national, à travers laquelle les États-Unis occupaient un autre pays pour la première fois. Dans cette guerre, les États-Unis se sont successivement emparés d'environ 2,3 millions de kilomètres carrés de terres, de sorte que leur territoire traverse le continent nord-américain et touche l'accès à l'océan Pacifique, créant ainsi des conditions pour les expansions militaire et économique ultérieures des États-Unis dans l'océan Pacifique et en Asie de l'Est.

À la fin du XIXe siècle, la demande populaire en renforcement de la force militaire était grande aux États-Unis, et la modernisation de la marine américaine s'est déroulée progressivement pendant cette période. La guerre hispano-américaine de 1898 est considérée comme le premier apogée de l'expansion impérialiste dans l'histoire des États-Unis. Dans cette première guerre de conquête en dehors de l'Amérique du Nord, les États-Unis ont vaincu l'Espagne et ont contrôlé Cuba, le Porto Rico, les Philippines et le Guam, et ont annexé Hawaii, cela a marqué le début de l'hégémonie des États-Unis pour une expansion à travers le monde reposant sur la force. Le fait que les États-Unis ont implanté des bases militaires dans la mer des Caraïbes et le Pacifique a reflété directement l'expansion rapide des frontières américaines et l'ambition du gouvernant américain de renforcer davantage les puissances économique, politique et militaire.

——La phase d'établissement de l'hégémonie militaire mondiale des États-Unis correspond à la période des deux guerres mondiales de la première moitié du XXe siècle.

La puissance militaire des États-Unis s'est considérablement améliorée grâce à la Première Guerre mondiale. Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, les États-Unis ont adopté la loi sur la défense nationale et la loi sur la marine en 1916 pour étendre la taille des armées de terre et de mer américaines, et sont entrés en guerre en 1917 et ont déployé des forces militaires à grande échelle en Europe. Après la fin de la Première Guerre mondiale, les États-Unis ont émergé et sont devenus une force importante dans le monde, les effectifs de leur armée de terre sont passés à 4 millions contre moins de 130 000 en 1917, et de nouvelles unités combattantes motorisées et un système de soutien logistique ont été constitués; En même temps, la force de la marine américaine s'est développée sans cesse, et le Traité sur la limitation des armements navals conclu en 1922 a rendu la taille de la marine américaine comparable à celle du Royaume-Uni et a limité le Japon, cela a marqué la fin de la domination britannique et la cession de la place en faveur des États-Unis.

L'ère européenne dans la politique mondiale a été clôturée par la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis éloignés des champs de bataille ont montré un énorme potentiel militaire et ont combattu simultanément sur le champ de bataille pacifique et le champ de bataille européen. Après la Guerre, les États-Unis étaient le seul pays plus puissant qu'avant la Guerre.

En août 1945, les États-Unis larguent des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki au Japon. Ces deux attaques accélèrent dans une certaine mesure la fin de la Seconde Guerre mondiale et démontrent pleinement la puissance des armes nucléaires et jettent une base solide pour l'hégémonie militaire américaine après la Seconde Guerre mondiale. Jusqu'à présent, les États-Unis sont le seul pays qui a utilisé des armes nucléaires dans la guerre.

Dans la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont remporté non seulement la victoire, mais aussi la machine de guerre sans précédent qui est la pierre angulaire déterminant leur hégémonie mondiale : à la fin de la Guerre, les États-Unis comptaient 12,5 millions de soldats, dont 7,5 millions stationnés à l'outre-mer, et avaient une armée de mer possédant d'environ 1 200 grands navires de guerre et une armée de l'air possédant de bombardiers à longue portée, et ils avaient le monopole des armes nucléaires...Après deux guerres mondiales, les États-Unis ont établi une hégémonie militaire mondiale et sont devenus la première puissance de l'histoire à contrôler les axes stratégiques « à deux extrémités de l'Eurasie », avec une influence et un contrôle sans précédent dans le monde entier.

——La phase de compétition pour l'hégémonie militaire entre les États-Unis et l'Union soviétique correspond à la période de la Guerre froide durant plus de 40 ans.

Pendant la Guerre froide, les États-Unis et l'Union soviétique ainsi que les deux camps : l'OTAN et le Pacte de Varsovie qu'ils représentent respectivement ont investi beaucoup de ressources humaines et matérielles dans une course aux armements et ont lancé des guerres ou des guerres par procuration. La crise de missiles de Cuba en octobre 1962 a mis les États-Unis et l'Union soviétique au bord d'une guerre nucléaire, cet événement était considéré comme le moment le plus critique pendant la Guerre froide. La guerre de Corée et la guerre du Vietnam, deux guerres à grande échelle dans lesquelles les États-Unis sont intervenus pendant la Guerre froide, avaient toutes les deux pour objectif clé de « réprimer l'expansion du communisme ».

Le rapport N°68 du Conseil de sécurité nationale (NSC-68) adopté en 1950 a proposé la « stratégie de supériorité militaire mondiale », préconisant la réalisation d'une « forte puissance globale » par une mobilisation continue, il s'agit d'un programme fondamental guidant la politique américaine concernant la Guerre froide. Divers plans formulés sur cette base portent sur l'expansion à grande échelle des armements, la mise en place à grande échelle d'armes conventionnelles et d'armes nucléaires, le renforcement des avantages technologiques américains, la dissuasion de l'Union soviétique et la défense des intérêts américains à l'outre-mer.

Pour cela, les États-Unis cherchent à construire des forces militaires conventionnelles et nucléaires basées sur la haute technologie, à mettre en place un vaste système d'alliances bilatérales et multilatérales ainsi que des bases militaires réparties à travers le monde, les deux derniers sont impossibles pour l'Union soviétique. Selon certaines opinions, dans les années 1950, la supériorité des États-Unis en matière de force nucléaire a contrebalancé la supériorité quantitative de l'Union soviétique en matière de forces militaires conventionnelles ; dans les années 1970 et 1980, l'Union soviétique était comparable avec les États-Unis en matière de force nucléaire, alors les États-Unis ont contrebalancé à nouveau la supériorité en développant des armes à guidage conventionnelles et en construisant un réseau de champ de bataille.

Les deux « stratégies de compensation » ont permis aux États-Unis de maintenir leur supériorité dans la course à l'hégémonie militaire contre l'URSS et de l'étendre à l'après-Guerre froide.

——L'hégémonie militaire des États-Unis est entrée dans la phase de crête unipolaire par la suite de la situation bipolaire après la fin de la Guerre froide.

Au fur et à mesure de l'effondrement de l'Union soviétique en 1991, les États-Unis sont devenus la seule superpuissance qui est dotée d'une puissance militaire écrasante : il s'agit du premier pays au monde en termes de dépenses militaires, loin devant le deuxième pays ; Non seulement il est capable de contrôler tous les océans et mers du monde, mais aussi il a développé la capacité militaire de contrôler la côte grâce à une coordination entre les armées de mer, de l'air et de terre ; ses pays serviteurs et vassaux militaires sont répartis sur tout le territoire de l'Eurasie.

Afin de maintenir leur hégémonie militaire, les États-Unis ont accru l'intervention militaire et la dissuasion militaire à travers le monde en augmentant les dépenses de défense, en élargissant leurs forces militaires et en construisant des bases, etc. d'une part, et ont trouvé la nécessité de l'existence des alliances militaires sous leur direction au moyen d'opérations militaires ininterrompues d'autre part. Dans le but d'éviter que le système d'alliances ne perde sa cohésion après la fin de la Guerre froide, les États-Unis ont vigoureusement promu l'expansion de l'OTAN vers l'est tout en maintenant les alliances bilatérales en Asie-Pacifique dans les 1990, pour défendre les intérêts militaires et géopolitiques américains dans le monde entier.

Après les attentats du « 11-Septembre » 2001, les États-Unis ont successivement déclenché deux guerres respectivement en Afghanistan et en Irak, et ont mené des opérations militaires en Libye et en Syrie. La « guerre mondiale contre le terrorisme » prolongée a grandement consumé la puissance nationale des États-Unis, a ébréché la réputation américaine, la volonté des Américains d'employer la force par l'armée américaine contre l'extérieur a diminué. Néanmoins, les États-Unis occupent toujours une position dominante absolue dans le domaine militaire et s'efforcent de poursuivre le maintien de leur hégémonie militaire mondiale au XXIe siècle grâce à l'application intégrée de nouvelles technologies et de nouveaux concepts opérationnels et à un ajustement approfondi du système d'alliances.

1.2 Origines idéologiques de l'hégémonie militaire des États-Unis

Des convictions telles que l'« empire », l'« hégémonie » et l'« autorité » s'enracinent dans l'histoire des États-Unis. Bien que les États-Unis rejettent le mot « empire » en termes politiques, l'idéologie impériale a mis son empreinte sur le monde spirituel de la nation américaine depuis la fondation du pays, et a constamment traduit et affecté les politiques et les actes des États-Unis dans le processus d'évolution vers l'hégémonie militaire mondiale.

Le poète et écrivain américain Walt Whitman a déclaré que les États-Unis étaient un « empire » en 1860 - « Je chante ce nouvel empire, plus grand que tout avant, comme dans une vision, il me vient ; Je chante les États-Unis, hégémon, je chante une plus grande suprématie (I chant the new empire, greater than any before—As in a vision, it comes to me ; I chant America, the Mistress—I chant a greater supremacy) ».

L'écrivain américain Robert Kaplan a directement utilisé Empire sauvage (An Empire Wilderness) comme le titre de son livre décrivant les États-Unis. Et l'historien américain Bernard Augustine DeVoto a souligné avec acuité : « Qu'il s'agisse d'un rêve ou d'un fait, l'Empire américain était né avant les États-Unis ».

——Idée impériale de destinée manifeste : de la « destinée manifeste » à l'« exceptionnalisme américain »

L'expansion militaire et les guerres ont été constantes tout au long de l'histoire des États-Unis, et les racines idéologiques peuvent être retracées au « destin de l'empire ».

Un tel auto-positionnement et un tel concept de valeur sont nés au fur et à mesure du débarquement des colons occidentaux sur le continent nord-américain, en particulier reflétés par un sermon prononcé par John Winthrop, le premier gouverneur de la colonie de la baie du Massachusetts pendant la période de l'Amérique du Nord britannique.

Avant son arrivée dans la colonie en 1630, ce dirigeant immigré puritain a proclamé : « Comme une ville sur une colline, le regard de tout le monde se porte sur nous...Le monde racontera nos histoires et nos paroles (As a city upon a hill, the eyes of all people are upon us... we shall be made a story and a byword through the world).

Cette phrase a été scandée à plusieurs reprises par d'innombrables Américains pendant plus de 240 ans, formant progressivement la conscience nationale que la nation américaine est le « peuple élu de Dieu », et donnant naissance à la conviction en l'exercice du droit de conquérir des « nations arriérées » dans ses yeux au nom de la civilisation. Comme l'a dit le célèbre historien moderne Eric Hobsbawm, c'est une croyance fondamentale messianique rendant les États-Unis expansionnistes depuis le début, dont la décision initiale était de devenir un géant continental pour prendre finalement toute la population de l'ensemble du continent.

Les deux principaux arguments que sont la « destinée manifeste » et l'« exceptionnalisme américain » ont depuis lors conféré aux États-Unis une soi-disant « légitimité » et un « caractère sacré » dans leur expansion et leur hégémonie militaires.

La « destinée manifeste » est une expression proposée par le journaliste américain John O'Sullivan en 1845, selon laquelle la nation américaine aurait pour mission divine l'expansion du territoire et de la sphère d'influence sur le continent nord-américain ou même vers le dehors du continent, pour diffuser son régime et ses valeurs. Selon des historiens, l'acquisition de la Louisiane par les États-Unis à la France en 1803 a donné à la « destinée manifeste » un élément substantiel de l'expansion du territoire et de la construction d'un empire, tandis que les faucons de guerre américains préconisant l'expansion par la force ont libéré la « destinée manifeste » en tant qu'un moyen politique pour la première fois avant le déclenchement de la guerre anglo-américaine de 1812.

Du Texas à Hawaii, la « destinée manifeste » servait d'un argument et d'un prétexte pris par les États-Unis pour étendre le territoire et persécuter violemment les peuples autochtones par des moyens militaires, et a les caractères égoïste et raciste évidents. Avec l'évolution de l'histoire mondiale et les changements dans la puissance nationale des États-Unis, la « destinée manifeste » est devenue l'une des origines idéologiques à partir desquelles les États-Unis disputent la domination mondiale, exportent leurs valeurs et pratiquent des interventions militaires extérieures depuis le XXe siècle.

L'« exceptionnalisme américain » considère que les États-Unis sont un pays unique dans l'histoire humaine et dirigent l'évolution de la civilisation. Le philosophe anglo-américain Thomas Paine a déclaré dans son pamphlet Bon sens (Common Sense) que « l'Angleterre et l'Amérique appartiennent à des systèmes différents ; la première à l'Europe, l'Amérique, à elle-même », ce qui est considéré comme une forme précoce de germination de l'« exceptionnalisme américain ».

En ce sens, l'expansion extérieure de l'Amérique vise à renverser l'ancien ordre et à construire un soi-disant « nouveau monde ». Un tel exceptionnalisme a rendu l'idéologie impériale, en particulier la politique d'expansion des États-Unis plus propulsive et plus concluante. Il est l'une des origines des politiques extérieures américaines, et aussi un prétexte sous lequel les États-Unis prétendent que leur hégémonie est meilleure et plus civilisée que les anciens empires. Comme l'a dit l'historien américain Niall Ferguson : « Pour ceux qui insistent encore sur l', les historiens qui étudient les empires ne peuvent que les réfuter que les États-Unis sont aussi exceptionnels que les 69 autres empires.»

——Vision du monde impériale : de la « théorie de la puissance maritime » à la « théorie de la stabilité hégémonique »

Dans le processus de leur expansion à travers le monde et d'établissement de l'hégémonie militaire mondiale, les États-Unis ont progressivement développé leur propre système théorique qui sert d'un manteau théorique pour pratiquer l'hégémonisme militaire.

La guerre hispano-américaine à la fin du XIXe siècle a changé significativement le statut des États-Unis dans le monde. Avant le déclenchement de cette guerre, la voix domestique américaine pour l'expansion vers l'extérieur a fait un grand tapage, et des « théories » prônant l'expansion vers l'extérieur ont vu le jour en conséquence. Parmi elles, la « théorie de la puissance maritime » proposé par Alfred Thayer Mahan répondait non seulement aux besoins politiques de l'expansionniste Theodore Roosevelt à cette époque-là, et est devenue un booster pour le développement de la marine américaine. La « théorie de la puissance maritime » a exercé une grande influence sur le développement militaire et de l'établissement de l'hégémonie des États-Unis : les États-Unis maîtrisent pas à pas les océans du monde en s'emparant du canal de Panama, en dominant la mer des Caraïbes, en constituant la « grande flotte blanche », en mettant les pieds sur l'Extrême-Orient et l'océan Pacifique, en implantant des bases navales à travers le monde et en étouffant la gorge maritime.

L'émergence de la discipline des relations internationales au début du XXe siècle et l'évolution de théories connexes ont eu des influences non négligeables sur la politique étrangère américaine. Les États-Unis sont devenus une superpuissance après la fin de la Seconde Guerre mondiale, et cette période coïncide avec la maturité et le développement de théories des relations internationales. Les études sur les théories des relations internationales sont centrées sur les États-Unis, les écoles théoriques telles que le réalisme et le libéralisme ont fourni des fondements et principes directeurs selon lesquels les États-Unis poursuivent et maintiennent l'hégémonie et mènent des interventions militaires extérieures.

L'école réaliste s'axe sur le pouvoir et la politique, l'opinion clé du néoréalisme est que la communauté internationale étant anarchique, la survie et la sécurité constituent les considérations primordiales d'un pays, et la force militaire est le premier élément du pouvoir de l'État. Selon le réalisme offensif, plus les forces armées d'un État sont puissantes, plus cet État sera sûr, chaque État espère devenir la plus grande puissance militaire du système international, le résultat optimal est de devenir un État hégémonique dans le système international pour garantir ainsi la survie.

Le libéralisme souligne que les êtres humains possèdent des droits qu'aucun pouvoir n'a le droit de violer, cette logique permet aux soi-disant pays libres de s'immiscer dans les affaires intérieures d'autres pays sous prétexte des droits humains, et la meilleure façon de protéger les droits humains d'un autre pays est d'y réaliser les soi-disant « liberté et démocratie », et la « voie idéale » pour parvenir à la paix mondiale est de construire un monde composé de démocraties. La formation et l'évolution de cette théorie ont donné aux États-Unis une impulsion et un enthousiasme considérables pour intervenir dans les affaires intérieures d'autres pays et entraîner des changements de régime.

La théorie de la stabilité hégémonique, la théorie de la stabilité unipolaire et la théorie de la paix démocratique ont également attiré beaucoup d'attention et de controverses dans les milieux académique et politique. La théorie de la stabilité hégémonique propose que l'existence de puissances hégémoniques peut apporter une paix et une stabilité relatives au système international, tandis que « le déclin relatif de la puissance nationale des États-Unis et un recours restreint à la force conduisent à une ère de coexistence instable entre les superpuissances ». La théorie de la stabilité unipolaire est l'héritage et le développement de la théorie de la stabilité hégémonique, qui maintient le monde de l'après-Guerre froide est un système unipolaire stable dominé par les États-Unis et que le système unipolaire peut apporter une paix durable. « Faire trop peu est bien plus dangereux que trop faire... compte tenu de la répartition des pouvoirs, l'élan des États-Unis vers l'interventionnisme est compréhensible. Dans de nombreux cas, l'intervention des États-Unis était motivée par les besoins, comme on pourrait s'y attendre dans un système avec un leader clair ». Cette théorie reflète le statut mondial des États-Unis et les dynamiques internationales liées au pouvoir après la Guerre froide, et interprète théoriquement l'interventionnisme américain à l'étranger.

De plus, la théorie de la paix démocratique est également considérée comme un fondement important permettant aux États-Unis d'exercer leur hégémonie militaire sous prétexte de la démocratie après la fin de la Guerre froide. L'argument clé de cette théorie est que les démocraties entrent rarement (ou jamais) en guerre, la vulgarisation du régime démocratique permet de favoriser la paix et la stabilité dans le monde. [28 Ni Shixiong, Théorie contemporaine des relations internationales occidentales (Contemporary Western International Relations Theory), Presses de l'Université Fudan, en 2004, pages 452-453.]28 L'expansion de l'OTAN vers l'est dans les années 1990, la compagne de bombardements aériens contre la Yougoslavie lancée par l'OTAN et dirigée par les États-Unis en 1999 en prétextant que « les droits de l'homme sont supérieurs à la souveraineté », la guerre lancée par les États-Unis en Irak en 2003, le renversement du régime libyen de Mouammar Kadhafi par violence en 2011 sous prétexte de la soi-disant « responsabilité de protection » et d'autres opérations militaires étaient toutes directement ou indirectement liées au soutien et à la vulgarisation des soi-disant « valeurs libérales et démocratiques » par le gouvernement américain.

En fait, aucune de ces théories n'est à l'épreuve de l'histoire et de la réalité. N'importe comment ces théories s'expriment, ce sont toutes des théories qui défendent et servent l'hégémonie militaire et les intérêts américains, leur noyau reflète la pensée impériale des États-Unis caractérisée par le bellicisme, l'expansion, l'intervention et le blanchiment moral. Cette pensée continuera à jouer un rôle non négligeable sur le chemin de l'hégémonie militaire pratiqué par les États-Unis.

1.3 Motivations fondamentales de l'hégémonie militaire des États-Unis

Le maintien et l'extension de l'hégémonie militaire par les États-Unis peuvent être considérés du point de vue de trois motivations fondamentales, à savoir la motivation par les intérêts, la motivation stratégique et la motivation par la politique domestique.

——Motivation par les intérêts : instinct naturel de l'expansion capitaliste

L'historien grec Thucydide a indiqué, à partir de l'expérience de la Grèce, que le lien le plus fiable entre pays et individus résidait dans les intérêts partagés. Le fondateur et le premier président des États-Unis, George Washington, a pris cette affirmation comme principe général du gouvernement : les intérêts constituent un principe prédominant pour la majorité absolue des gens.

Le marxisme croit que l'économie est le fondement de la politique et que la politique est une manifestation concentrée de l'économie. Selon la théorie marxiste, tant que leurs marchés intérieurs et lieux d'investissement ne permettent plus au capitalisme de rechercher le profit, les sociétés capitalistes s'étendront vers l'extérieur, afin de trouver des marchés et opportunités d'investissement pouvant leur apporter davantage de profit.

L'hégémonie militaire américaine, un phénomène politique, est juste un produit du régime capitaliste qui est le régime économique donnant naissance à ce phénomène. La trajectoire de la formation de cette hégémonie coïncide approximativement avec celle de l'expansion du capital : extension du territoire vers l'ouest et le sud dès l'indépendance, pillage de terres et de ressources pour obtenir un vaste marché intérieur, réalisation de l'industrialisation, de l'urbanisation et de la mécanisation agricole pour créer des conditions favorables pour devenir une puissance capitaliste ; déclaration de la sphère d'influence dans l'hémisphère occidental en s'appuyant sur la « doctrine Monroe » pour annexer les « pays d'or » riches en ressources au bord de l'empire ; redistribution des colonies grâce à la guerre hispano-américaine en 1898 pour exercer un contrôle commercial sur l'océan Pacifique ainsi que ses îles et continents côtiers ; formulation de la « politique de porte ouverte » en 1899 pour rivaliser avec l'Europe pour les intérêts en Asie. Plus tard, les États-Unis ont maîtrisé le marché mondial et les secteurs clés économiques en profitant de la Première Guerre mondiale et de la Seconde Guerre mondiale. Dans le but de garantir les ressources stratégiques nécessaires à l'hégémonie militaire, ils ont contrôlé des régions riches en ressources pétrolières et minérales, en particulier au Moyen-Orient.

On peut citer quelques exemples simples : fomenter l'indépendance du Panama pour s'emparer du droit de creusement et de la concession perpétuelle du canal de Panama ; participer au renversement du gouvernement iranien démocratiquement élu de Mohammad Mosaddegh pour faciliter l'expansion de compagnies pétrolières américaines au Moyen-Orient ; faire stationner des troupes en permanence dans des pays du Moyen-Orient tels que l'Arabie Saoudite, le Koweït, le Qatar et Bahreïn, ce qui a permis de déclencher la guerre du Golfe et la guerre d'Irak pour dissuader des pays « désobéissants » , dans le but de diriger l'ordre pétrolier et de consolider la sécurité énergétique ; faire stationner illégalement des troupes en Syrie pour tenter de prendre en main les champs de pétrole et de gaz naturel ainsi que les principales régions productives de céréales du pays ; faire patrouiller des navires, des avions et même des porte-avions dans le détroit d'Ormuz pour étouffer ainsi la gorge de cet important canal de transport d'énergie du monde.

De l'avis des États-Unis, un pays hégémonique doit contrôler les sources et les marchés de matières premières et de capitaux et avoir une supériorité concurrentielle dans la production à grande valeur ajoutée. Pour cela, le moyen le plus direct consiste à obtenir des ressources et des marchés par la force militaire, « car la conquête permet d'acquérir des ressources humaines et matérielles supplémentaires qui pourront être employées lors de la compétition ultérieure avec d'autres grandes puissances ».

——Motivation stratégique : pouvoir absolu et sécurité absolue

Dans le système mondial conçu par les États-Unis, ils se trouvent au centre d'un univers dédaléen. Dans un tel univers, le pouvoir est exercé par des marchandages, des dialogues et des communications répétés et par la recherche d'un consensus formel, néanmoins, ce pouvoir émane finalement d'une même source -Washington, où le jeu de puissance se joue conformément aux règles des États-Unis.

Aux yeux de dominateurs américains, la domination militaire revêt une importante signification pour leur quête d'un pouvoir absolu à travers le monde, et un pouvoir croissant peut nourrir l'hégémonie militaire. Selon Thomas Barnett, principal conseiller de l'ancien secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld de l'administration Bush, à partir de 2001, l'extension de la structure de sécurité américaine a transformé les États-Unis en un « géant militaire » dont la principale fonction mondiale est de discipliner les parties désobéissantes et turbulentes dans les régions post-coloniales en « exportant la sécurité », pour contrôler ainsi la politique et l'économie mondiales et protéger le « noyau » américain.

Une telle structure de sécurité poursuivie par les États-Unis est une expansion excessive, comme de nombreux empires historiques. Les stratégistes américains croient que la sécurité nationale ne peut être maintenue qu'à travers une expansion, et que les menaces permettent d'assujettir d'autres pays. Les États-Unis sont convaincus que la sécurité est réalisée à travers l'expansion sur la voie vers l'hégémonie militaire.

L'expansion militaire américaine se poursuit en l'absence d'un pays capable ou désireux de défier la domination mondiale des États-Unis. Prenons l'exemple de l'expansion de l'OTAN vers l'est, en tant que produit de la Guerre froide, l'OTAN aurait dû disparaître dès la fin de la Guerre froide. Dans le but de maintenir leur hégémonie mondiale et de poursuivre une sécurité absolue, les États-Unis ont dirigé successivement l'expansion de l'OTAN vers l'est pour cinq fois, de sorte que le nombre d'États membres est passé de 16 à 30. Néanmoins, ils n'arrêtent pas encore le rythme d'expansion et se préparent toujours à admettre de nouveaux membres. De plus, cette organisation a étendu son influence jusqu'à l'Asie-Pacifique, pour promouvoir la « mondialisation de l'OTAN ». Des données montrent qu'en 2021, les dépenses militaires des États-Unis représentent 38% du total mondial et dépassent la somme des dépenses de tous les autres pays parmi les top 10. Le total des États-Unis et de leurs alliés faisant partie de l'OTAN représentent 55% des dépenses militaires mondiales. Cette proportion atteint jusqu'à 61% si on compte certains alliés des États-Unis dans le Pacifique : l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée.

La recherche d'une sécurité absolue, l'exclusion politique et l'endiguement militaire contre une partie spécifique ne permettent pas de mettre en place un cadre de sécurité, mais créeront un dilemme de la sécurité, et même conduiront à une plus forte agitation.

——Motivation par la politique domestique : complexe militaro-industriel

« La guerre n'est que la simple continuation de la politique par d'autres moyens. », cette phrase de Carl Von Clausewitz dans son livre De La Guerre révèle la relation entre le militaire et la politique.

L'expansion de l'hégémonie militaire américaine a son propre marché politique intérieur, et vice-versa, divers groupes de pouvoir et d'intérêts sur le marché politique affectent le comportement de l'hégémonie militaire des États-Unis. Dans le cadre de la classe dirigeante des États-Unis, le complexe militaro-industriel influence les politiques américaines et encourage le « régime de chars » des États-Unis.

L'expression « complexe militaro-industriel », proposée par le président américain Dwight D. Eisenhower à l'occasion de son « discours de fin de mandat » le 17 janvier 1961, désigne une union entre la puissante organisation militaire et l'industrie de l'armement des États-Unis. Aujourd'hui, le complexe militaro-industriel se compose principalement de quatre sortes d'entités : organes de sécurité militaire, entreprises liées à la défense, Congrès et institutions universitaires. De plus, il couvre également les médias, les organisations de lobbying, etc.

Il s'agit d'une énorme alliance de super groupes d'intérêts, au sein de laquelle les intérêts des différentes parties sont mutuellement complétés, formant ainsi une relation globale d'interdépendance et de coopération. Ces groupes d'intérêts ont un énorme besoin de promouvoir l'hégémonie militaire des États-Unis, sont capables d'exercer une énorme influence politique et partagent les fruits de l'hégémonie. L'ancien fonctionnaire du Département de la défense Franklin Spinney a écrit en mars 2022 un article indiquant que le complexe militaro-industriel américain agit de connivence avec les médias, les groupes de réflexion, le milieu universitaire et les agences de renseignement au cours des 30 dernières années. Cette chaîne d'intérêts gagnera beaucoup dans le conflit russo-ukrainien. 

Chapitre II Actes et moyens des États-Unis pour maintenir leur hégémonie militaire

Dans son éditorial intitulé « Le siècle américain » publié en 1941, l'éditeur américain et le cofondateur du magazine Time, Henry Luce, a appelé les États-Unis à « exercer sur le monde le plein impact de notre influence, aux fins que nous jugeons appropriées et par les moyens que nous jugeons appropriés ».

L'hégémonie militaire dépend d'une capacité de contrôle durable. Pour défendre leur hégémonie militaire mondiale, les États-Unis exercent non seulement un contrôle direct par des moyens explicites tels que le déclenchement de guerres ou l'intervention dans des guerres et la mise en place d'un réseau mondial de bases militaires, et exercent aussi un contrôle indirect par des moyens implicites tels que la création d'un système d'alliances et l'utilisation de règles. Tout en conservant leurs propres avantages, ils répriment tout concurrent potentiel grâce à de nouveaux modèles d'intervention, de nouvelles technologies militaires et de nouveaux concepts opérationnels en fonction de l'évolution de la situation, pour l'empêcher de devenir une puissance comparable avec les États-Unis, et de capable de défier l'unique hégémonie mondiale des États-Unis.

2.1 Contrôle explicite : guerres et bases

-- Les guerres et les opérations militaires constituent les moyens les plus directs pris par les États-Unis pour maintenir leur hégémonie militaire.

« La guerre fait partie intégrante de l'histoire de ce pays. La guerre elle-même a créé les États-Unis plutôt que les États-Unis s'engagent toujours dans des guerres depuis la fondation. Les guerres menées par les États-Unis ont fait des États-Unis ce qu'ils sont aujourd'hui, et façonneront les États-Unis futurs. » L'historien français Thomas Rabino a ainsi décrit la relation « incassable » entre les États-Unis et la guerre.

La formation, l'expansion et l'hégémonie de ce pays sont toutes liées à la guerre. La période pendant laquelle les États-Unis gravissent jusqu'au sommet du pouvoir mondial au cours des 240 dernières années est tracée par une série de guerres consécutives : guerre d'indépendance, guerres indiennes, guerre américano-mexicaine, guerre civile, guerre hispano-américaine, Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale, guerre de Corée, guerre du Vietnam, guerre du Golfe, guerre du Kosovo, guerre d'Afghanistan, guerre d'Irak... Les chars de l'hégémonie militaire américaine ont marché presque partout dans le monde.

Par voie de guerres, les États-Unis ont élargi leur territoire, pris des lieux critiques stratégiques et élargi leur sphère d'influence. Le territoire américain mesure actuellement environ 9,37 millions de kilomètres carrés contre environ 800 000 kilomètres carrés au début de la fondation du pays, soit une extension de plus de 10 fois. Au moyen d'interventions militaires, de coups d'État et de guerres par procuration, les États-Unis prennent les pays d'Amérique latine et des Caraïbes comme leur «arrière-cour» et contrôlent des gorges géopolitiques eurasiatiques telles que le Moyen-Orient.

Par voie de guerres, les États-Unis contrôlent des lignes de transport maritime et des régions critiques riches en ressources. Les États-Unis ont annexé de nombreuses îles sur l'océan Pacifique telles que Hawaï et l'île de Wake, colonisé les Philippines, forcé par violence la construction du canal de Panama, partagé les intérêts en Chine avec d'autres puissances impérialistes, déployé des troupes en Afrique et contrôlé d'importantes ressources et matières premières par le biais d'opérations militaires.

Par voie de guerres, les États-Unis ont divisé le monde en camps et évincé les opposants. Après l'attaque du « 11-Septembre », les États-Unis ont déclenché des guerres ou mené des opérations militaires dans 85 pays à travers le monde sous la bannière de l'« antiterrorisme ». Des agences telles que l'Agence nationale de la sécurité (NSA) et l'Agence centrale de renseignement (CIA) « créent » constamment des ennemis, renversent les gouvernements d'autres pays au moyen d'opérations secrètes illégales et assassinent des dirigeants étrangers qui sont hostiles aux États-Unis.

Guerres courtes, guerres prolongées, guerres mondiales, Guerre froide, guerres secrètes, guerres par procuration, guerres contre le terrorisme... ces guerres sans fin visant à défendre et étendre l'hégémonie mondiale transforment les États-Unis en une nation spartiate en guerre perpétuelle.

-- Les bases militaires couvrant le monde entier constituent les points d'ancrage stratégiques permettant aux États-Unis de dominer le monde.

Les bases militaires sont des fronts où les États-Unis entament des dissuasions et des interventions militaires. En s'ancrant dans les bases militaires, les États-Unis ont étendu leur hégémonie militaire vers le monde entier, allant de l'Arctique jusqu'au Cap de Bonne-Espérance, de l'océan Atlantique jusqu'à l'océan Pacifique.

Le nombre de bases militaires américaines à l'étranger ont connu une augmentation considérable pendant la Seconde Guerre mondiale. En septembre 1940, les États-Unis ont offert à la Grande-Bretagne, leur allié en quasi-faillite, 50 destroyers datés de la Première Guerre mondiale en contrepartie du contrôle américain d'une série de bases de forces navales et aériennes dans 8 colonies britanniques. Cette disposition reflète l'ambition américaine d'intensifier son déploiement militaire à travers le monde. En 1943 et 1944, les planificateurs militaires américains ont formulé un plan visant à mettre en place un système de bases à l'étranger pour lequel on supposait que la puissance hégémonique américaine couvrirait l'océan Atlantique et l'océan Pacifique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armée américaine a construit et occupé environ 2 000 bases sur les différents continents du monde, avec un total d'environ 30 000 installations militaires.

Après la Seconde Guerre mondiale, les bases militaires des États-Unis à l'étranger servaient de lames de l'extension infinie du « front stratégique » des États-Unis, délimitant une large étendue de «souveraineté de facto» des États-Unis. Pendant la Guerre froide, en maintenant un grand nombre de troupes et de bases militaires dans des zones aussi proches que possible de l'Union soviétique, les États-Unis ont réalisé l'encerclement et l'endiguement. Après la fin de la Guerre froide, les politiciens américains croyaient toujours obstinément que les bases militaires à l'étranger joueraient un rôle crucial pour la sécurité globale des États-Unis, elles permettraient non seulement aux forces armées américaines de se trouver en état mobilisé en permanence, et permettraient aussi aux États-Unis d'avoir de fronts de défense offshore. Par exemple, le gouvernement présidé par George Walker Bush a affirmé que les bases à l'étranger « ont contribué au maintien de la paix », tandis que le gouvernement présidé par Barack Obama a estimé que « le déplacement vers l'avant et le déploiement frontal de l'armée américaine sont significatifs et nécessaires ».

Par la suite des attaques du « 11 -Septembre » en 2001, sous prétexte de l'« antiterrorisme », les États-Unis ont mis en place un puissant réseau de bases militaires en Afghanistan et dans l'ensemble du Moyen-Orient, érigeant ainsi leurs propres têtes de pont militaires, géostratégiques et géopolitiques au cœur de l'Eurasie.

Après l'arrivée du XXIe siècle, les États-Unis ont commencé à ajuster progressivement leur stratégie de déploiement de bases militaires à l'étranger, et ont procédé à la mise en place de « bases opérationnelles frontales » plus petites et plus flexibles qui sont appelées aussi « nénuphars », afin de réduire la dépendance de l'armée américaine vis-à-vis des bases militaires à grande échelle de type guerre froide. Ces « bases nénuphars » se trouvent dans des pays et régions tels que la Colombie, le Kenya et la Thaïlande, elles sont généralement localisées dans des zones où l'armée américaine était peu présente auparavant, ce qui rend ces zones « à portée de main ».

Depuis tant d'années, les États-Unis ont tissé un réseau de bases militaires à travers le monde en concluant des actes bilatéraux et multilatéraux tels que des conventions sur les bases militaires, des conventions sur le statut des forces et des traités de coopération en matière de sécurité avec d'autres pays. Selon une étude menée par le groupe de réflexion américain, Institut Quincy pour la gouvernance responsable (Quincy Institute for Responsible Statecraft), en 2021, les États-Unis enregistrent 750 bases militaires dans 80 pays et régions d'outre-mer, soit presque 3 fois le nombre d'ambassades, de consulats et de missions américains à l'étranger, leurs coûts d'exploitation pourraient s'élever jusqu'à 55 milliards de dollars. À compter de l'année 2001, des bases militaires à l'étranger ont permis aux États-Unis de lancer des guerres ou opérations militaires dans au moins 25 pays. Selon certaines analyses, il semble qu'il y a une causalité entre la mise en place de bases militaires à l'étranger par les États-Unis et l'émergence de guerres extérieures, les bases militaires sont susceptibles de provoquer des guerres, et les guerres nécessitent la mise en place de davantage de bases militaires.

2.2 Contrôle implicite : alliances et règles

-- Le système d'alliances est un pilier essentiel pour maintenir l'hégémonie militaire américaine.

Un système d'alliances est un partenariat formel ou informel en matière de sécurité établi entre deux pays ou parmi plusieurs pays. À la différence des guerres et bases militaires « tangibles », le système d'alliances établi et piloté par les États-Unis peut être classé comme un moyen de contrôle implicite pour maintenir leur hégémonie.

L'hégémonie militaire mondiale des États-Unis repose sur un système d'alliances militaires couvrant le monde entier. Le mode principal par lequel les États-Unis établissent et maintiennent l'hégémonie militaire consiste à nouer des alliances visant à mettre en place un système d'alliances axé sur les États-Unis, afin d'aider les États-Unis à atteindre leurs buts stratégiques.

Avec la fondation de l'OTAN en 1949 comme jalon, les États-Unis ont entamé la création d'une alliance militaire, plus tard, ils ont établi des alliances bilatérales avec le Japon, la République de Corée, l'Australie et les Philippines, construisant ainsi un réseau d'alliances mondial axé sur les États-Unis. Pendant la Guerre froide, le système d'alliances mondial des États-Unis a joué un rôle important pour que les États-Unis remportent la victoire ultime dans la Guerre froide contre l'Union soviétique. Après la Guerre froide, au lieu de s'effacer avec la Guerre froide, le système d'alliances axé sur les États-Unis s'est renforcé, par exemple, les États-Unis ont fait évoluer la mission de l'OTAN de défense collective vers l'intervention mondiale à travers de « nouveaux concepts stratégiques de l'OTAN », de sorte qu'elle devienne un outil politique et militaire permettant de maintenir l'hégémonie mondiale américaine. Dans la série de guerres d'intervention extérieures auxquelles les États-Unis ont été impliqués après la Guerre froide et la guerre mondiale contre le terrorisme par la suite des attaques du « 11-Septembre », le système d'alliances des États-Unis a joué un rôle substantiel et a servi d'un pilier essentiel permettant aux États-Unis de maintenir leur déploiement militaire à travers le monde et de défendre leur statut hégémonique mondial.

Les États-Unis construisent leur système d'alliances militaires pour trois motifs : premièrement, dissuader les opposants sous la forme de garnisons, d'exercices militaires conjoints et d'assistances militaires ; deuxièmement, obtenir une supériorité dans la puissance militaire globale grâce à des alliances, afin de réaliser leurs propres intérêts politiques et de sécurité ; troisièmement, un objectif subsidiaire de nouer des alliances est de contenir et de contrôler les alliés. Des statistiques montrent que le Commandement militaire américain pour le Pacifique a piloté un total de 146 exercices militaires impliquant l'armée américaine et ses alliés au cours de l'exercice 2011. Et l'OTAN dirigée par les États-Unis a mené un total de 88 exercices militaires en 2020.

Dans l'ensemble, le système d'alliances militaires des États-Unis est un système inter-États « Essieu et Rayon (hub-and-spoke) » au sein duquel les États-Unis jouent un rôle prédominant et fixent les règles, pour former une autorité hégémonique dans des conditions asymétriques et inégales.

Ces dernières années, les États-Unis ont pris l'initiative de promouvoir la trilatéralisation et la multilatéralisation du système d'alliances bilatérales. Partant des États-Unis-Japon-Australie, États-Unis-Japon-Philippines, le « Dialogue quadrilatéral sur la sécurité » entre les États-Unis, le Japon, l'Australie et l'Inde et au partenariat trilatéral États-Unis-Royaume-Uni-Australie en matière de sécurité, le pays tente de renforcer ses alliances pour faire face avec des soi-disant menaces et défis potentiels. Avec le déplacement progressif vers l'est du pivot stratégique militaire américain, l'importance de la zone indo-pacifique ne cesse pas d'augmenter. En mettant tout en œuvre pour construire l'« Alliance indo-pacifique », les États-Unis entendent utiliser ce système d'alliance pour intégrer les ressources stratégiques régionales, de manière à améliorer l'efficacité des actions des États-Unis dans la région, son véritable objectif étant de maintenir son propre système d'hégémonie dominante.

-- Maintenir la position dominante de l'hégémonie militaire américaine avec les règles et les mécanismes américains.

Premièrement, le contrôle des exportations.

La technologie militaire de pointe au niveau mondial constitue une base importante pour la position dominante de l'armée américaine. D'une part, cela est dû à ses propres capacités de recherche scientifique et de fabrication, et d'autre part, il est également lié à diverses mesures de contrôle des exportations introduites par les États-Unis. Ce dernier est un outil essentiel pour maintenir et étendre sa supériorité militaire et rechercher l'hégémonie militaire. Pendant la Guerre froide, les politiques occidentales de contrôle des exportations ont joué un rôle auxiliaire pour isoler, contenir et finalement désagréger l'Union soviétique.

La politique américaine de contrôle des exportations a une histoire de plus d'un siècle, remontant à la Loi sur le commerce avec l'ennemi de 1917. Celle-ci a été renforcée pendant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide, le but étant de maintenir un avantage technologique militaire sur ses adversaires. Les méthodes spécifiques comprennent : utilisation des Règlementations américaines relatives à l'exportation, de la Réglementation américaine sur le trafic d'armes au niveau international et d'autres lois et réglementations pour mettre en place un système militaire de contrôle des exportations militaires à double usage ; établissement de lois dans des domaines spécifiques tels que la Loi sur l'énergie atomique et le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires ; mise en place ou la direction de mécanismes multilatéraux tels que le « Comité de coordination pour le contrôle multilatéral des exportations », le « Régime de contrôle de la technologie des missiles » et « L'arrangement de Wassenaar sur le contrôle des exportations d'armes conventionnelles et de biens et technologies à double usage ». L'existence de ces règles et mécanismes internationaux sert essentiellement les intérêts de sécurité des États-Unis.

Afin de servir leur hégémonie, les États-Unis ont même réprimé et sanctionné leurs alliés. Le « scandale Toshiba-Kongsberg » en est un exemple. Dans les années 1980, la société japonaise Toshiba Machine a exporté des machines-outils CNC à 9 axes vers l'Union soviétique. Les États-Unis considéraient cette action comme une menace pour leur supériorité militaire et leur sécurité nationale, et ils ont donc imposé des sanctions à Toshiba Machine et ont profité de cet incident pour mettre la pression sur le Japon en ce qui concerne le programme de chasseur de nouvelle génération du Japon, le forçant à faire des concessions aux États-Unis. Le « scandale Toshiba-Kongsberg » a révélé, du début à la fin, la pensée et le comportement hégémoniques des États-Unis.

Deuxièmement, le contrôle des armements.

L'opinion traditionnelle est que les accords de contrôle des armements conclus entre les États-Unis et l'Union soviétique pendant la Guerre froide visaient à améliorer la transparence, à réduire le risque de conflit nucléaire entre les deux parties, à accroître la stabilité stratégique des États-Unis et de l'Union soviétique, et à empêcher la course aux armements nucléaires de devenir incontrôlable, ce qui a contribué à la conclusion pacifique de la Guerre froide. Par contre, pour les États-Unis, l'objectif principal du contrôle des armements était d'établir et de maintenir leur avantage technologique militaire sur l'Union soviétique.

Thomas Countryman, ancien sous-secrétaire d'État américain par intérim au contrôle des armements et à la sécurité internationale, estimait que : « les accords de contrôle des armements [...] sont un outil vital qui peut limiter la capacité d'autres nations à agir contre nos intérêts, tout en permettant la liberté d'action nécessaire pour défendre les intérêts américains et ceux de nos proches alliés. En d'autres termes, les accords de contrôle des armements ne sont pas une concession faite par les États-Unis, ni une faveur faite à une autre nation ; ils sont une composante essentielle de notre sécurité nationale et y contribuent ».

En utilisant le mécanisme de contrôle des armements avec souplesse, les États-Unis peuvent obtenir trois avantages essentiels. Tout d'abord, libérer des fonds pour améliorer leur puissance militaire dans d'autres domaines. Par exemple, le Traité anti-missile balistique (ABM) conclu entre les États-Unis et l'Union soviétique en 1972 a permis aux États-Unis d'économiser des milliards de dollars; deuxièmement, ils peuvent s'appuyer sur les mesures de transparence et de vérification prévues par les accords de contrôle des armements tels que le Nouveau traité de réduction des armes stratégiques (New START) pour saisir et analyser les renseignements militaires des adversaires, afin de planifier efficacement le développement de leurs propres forces nucléaires ; troisièmement, les États-Unis peuvent limiter au maximum le développement des domaines avantageux des adversaires, et en même temps les inciter à lancer une course aux armements difficile à gagner dans les domaines supérieurs des États-Unis. Par exemple, les États-Unis et l'Union soviétique ont conclu le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire en 1987. Ce traité ne visait pas les missiles à moyenne portée marins et aériens, pour lesquels les États-Unis présentaient des atouts évidents en termes de technologie, de géographie et d'alliés par rapport à l'Union soviétique.

En février 2021, le gouvernement américain a prolongé le Traité New Start avec la Russie, ce qui reflétait dans une large mesure la considération de « faire valoir ses points forts et remédier à ses points faibles ». Jon Wolfsthal, qui a été directeur principal du contrôle des armements et de la non-prolifération au Conseil de sécurité nationale des États-Unis de l'administration Obama, a déclaré en 2020 que la Russie était en voie d'achèvement de son cycle de modernisation. Si le Nouveau traité de réduction des armes stratégiques venait à expirer, les États-Unis pourraient se retrouver derrière la Russie en termes de forces nucléaires stratégiques en raison de l'incertitude du programme de modernisation nucléaire américain. Par conséquent, la prorogation du traité permettrait aux États-Unis de maintenir une limite et de surveiller l'arsenal nucléaire stratégique de la Russie tout en faisant avancer leurs propres projets de modernisation nucléaire.

Troisièmement, la mauvaise interprétation et l'utilisation abusive du droit international.

Les États-Unis s'appuient depuis longtemps sur une stratégie consistant à appliquer sélectivement le droit international lorsqu'il sert leurs intérêts et à l'ignorer dans le cas contraire, ce qui constitue une pratique constante de l'hégémonisme américain. L'exemple le plus flagrant dans le domaine militaire est que les États-Unis interprètent de manière erronée la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) dans l'optique de maintenir leur hégémonie navale par la mise en œuvre des actions de « Liberté de navigation » basées sur leurs propres normes.

Les États-Unis ont mis en place la soi-disant l'opération « Liberté de navigation » depuis 1979, affirmant que son objectif est de « sauvegarder le commerce légal et la mobilité mondiale des forces américaines ». Pourtant, ces actions visent à garantir que les États-Unis puissent disposer de capacités de projection de puissance sans restriction et sans entrave. Certains experts américains ont jugé que l'opération persistante « Liberté de navigation » menée par les États-Unis en mer de Chine méridionale constituait un moyen essentiel pour l'armée américaine de maintenir sa présence militaire dans la région.

Lors de l'opération « Liberté de navigation », les États-Unis déploient inconsidérément de grands navires de combat pour contester la souveraineté et la juridiction des pays côtiers sur leurs eaux territoriales, leurs zones économiques exclusives, leurs archipels et leurs détroits. Le refus des États-Unis de se conformer aux demandes de notification ou d'autorisation préalables des pays côtiers et leur entrée arbitraire dans les eaux territoriales étrangères mettent en évidence leur hégémonie militaire. Le fait que les États-Unis n'aient pas encore ratifié la CNUDM, mais qu'ils l'interprètent et l'utilisent de manière sélective pour maintenir leur hégémonie maritime, reflète pleinement leur logique « La force prime le droit ».

2.3 Nouveaux modèles et tendances

Le monde auquel sont confrontés les États-Unis aujourd'hui est très différent du passé. Il connaît actuellement une nouvelle tendance : les pays émergents se développent rapidement, la technologie militaire des grandes puissances se généralise progressivement et l'équilibre international des forces évolue vers une structure multipolaire.

Face aux changements profonds de la situation internationale, les États-Unis s'accrochent toujours à leur pensée hégémonique, essayant par divers moyens de maintenir et de renforcer leur hégémonie militaire.

-- Nouveau modèle d'intervention militaire

L'emploi de la force est depuis longtemps un moyen important pour les États-Unis d'exercer leur hégémonie militaire. Cependant, après de nombreuses guerres qui ont consommé leur pouvoir national et porté atteinte à leur réputation, le soutien de la société américaine en faveur de l'utilisation de troupes à l'étranger a diminué ces dernières années, et la volonté du gouvernement et du Congrès américains d'utiliser la force militaire à l'étranger s'est également affaiblie. Dans un tel contexte, les États-Unis et leurs alliés se sont appuyés sur la fourniture d'une aide militaire et d'un soutien en matière de renseignement importants pour contrôler la situation de guerre dans le conflit russo-ukrainien sans envoyer publiquement de personnel pour intervenir directement dans le conflit, ce qui pourrait devenir un nouveau modèle pour les futures interventions militaires américaines à l'étranger.

Ce modèle d'intervention militaire présente trois nouvelles caractéristiques :

Premièrement, l'assistance militaire est très ciblée et peut être complétée et ajustée en fonction de l'évolution du champ de bataille. Depuis le déclenchement du conflit russo-ukrainien, les États-Unis ont promis de fournir à l'Ukraine une aide militaire d'une valeur de plus de 46 milliards de dollars, ainsi qu'une aide en matière d'armements dont les types variaient en fonction de l'évolution de la situation sur le champ de bataille et des besoins de l'armée ukrainienne.

Deuxièmement, une utilisation ultime des avantages du renseignement. Les informations de renseignements et la connaissance de la situation sur le champ de bataille fournies par les États-Unis à l'armée ukrainienne ont joué un rôle clé dans la capacité de combat de cette dernière. Selon des rapports, il est presque sans précédent que les États-Unis ont fourni une telle quantité de renseignements à l'Ukraine, un pays non allié, et l'agence de renseignement américaine a même spécialement révisé 27 politiques sur le partage de renseignements à cette fin.

Troisièmement, une utilisation de la nouvelle guerre hybride. Les États-Unis et leurs alliés ont lancé une guerre hybride contre la Russie qui combine la guerre économique, la guerre diplomatique et la guerre de l'opinion publique. Bien que l'armée américaine ne soit pas intervenue directement dans le conflit, elle a été pleinement impliquée dans la guerre en substance. Certains experts ont souligné que la manière dont les États-Unis sont intervenus dans le conflit russo-ukrainien a fourni les règles et les modèles pour les futures interventions militaires américaines à l'étranger.

-- Ajustement et mise à niveau du système d'alliance

Compte tenu de l'affaiblissement de la supériorité absolue de l'armée américaine et de son objectif stratégique de se tourner vers la concurrence des grandes puissances ces dernières années, les États-Unis ont progressivement franchi les limites géographiques, structurelles et technologiques dans l'utilisation de leur système d'alliance militaire.

Premièrement, les États-Unis encouragent les alliés extérieurs à la région à intervenir dans les affaires de sécurité de l'Indo-Pacifique. L'inclusion par l'OTAN des questions de sécurité indo-pacifique dans sa vision stratégique et l'extension de sa présence militaire dans la région en sont la preuve. En 2021, un groupe de pays comprenant le Canada, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, et les Pays-Bas ont envoyé 21 navires de guerre en mer de Chine méridionale pour participer à des exercices maritimes des États-Unis et de leurs alliés indo-pacifiques.

Deuxièmement, dans la région Asie-Pacifique, les États-Unis sont passés « de manière progressive » d'une alliance militaire bilatérale à des alliances trilatérales et multilatérales. Après son entrée en fonction en 2021, l'administration Biden a relevé l'importance du Dialogue quadrilatéral pour la sécurité (Quad) entre les États-Unis, le Japon, l'Inde et l'Australie et a établi un partenariat trilatéral sur la sécurité avec le Royaume-Uni et l'Australie. Dans le même temps, les États-Unis renforcent leur engagement dans des mécanismes multilatéraux de sécurité plus restreints, tels que les partenariats États-Unis-Japon-Australie et États-Unis-Japon-République de Corée, tout en encourageant les alliés à renforcer la coopération en matière de sécurité.

Troisièmement, les États-Unis transfèrent des technologies militaires avancées à leurs alliés régionaux pour renforcer leurs capacités militaires. Par exemple, dans le cadre du Partenariat trilatéral États-Unis-Royaume-Uni-Australie en matière de sécurité, les États-Unis et le Royaume-Uni ont convenu de construire au moins huit sous-marins nucléaires d'attaque pour la marine australienne. C'est la première fois que les États-Unis partagent leur technologie de propulsion nucléaire avec un autre pays depuis qu'ils l'ont fait avec le Royaume-Uni il y a plus de 60 ans. Cette démarche pourrait présenter un risque de prolifération nucléaire car elle exploite les lacunes de la loi sur la non-prolifération nucléaire et pourrait potentiellement compromettre la sécurité et la stabilité régionales. Les États-Unis s'écartent des limitations et conventions du passé en transférant des technologies militaires de base et des armes offensives à des alliés régionaux, avec pour objectif fondamental d'accroître leur compétitivité dans la course militaire de la région indo-pacifique.

-- Application de nouvelles technologies et de nouveaux concepts opérationnels

D'une part, le Département américain de la défense attache une grande importance à l'intérêt stratégique des nouvelles technologies telles que l'intelligence artificielle et l'automatisation dans la future compétition militaire. Compte tenu des atouts en termes de recherche et de développement et de l'expérience d'application d'entreprises technologiques commerciales américaines dans des domaines pertinents, le Pentagone a travaillé dur pour renforcer les liens avec les entreprises technologiques commerciales et a continuellement encouragé le développement et l'application de nouvelles technologies telles que l'intelligence artificielle et l'automatisation aux armes et équipements.

D'autre part, les Etats-Unis continuent d'innover dans les concepts militaires pour s'adapter aux nouvelles situations. Par exemple, la « guerre mosaïque » qui met en évidence la dispersion, la flexibilité et l'intelligence du réseau, et le concept de « commandement et contrôle conjoints dans tous les domaines » consistant à réaliser la fusion de capteurs et de plates-formes de combat et la transmission en temps réel d'informations et de données, etc. Dans la nouvelle version du Stratégie de défense nationale 2022 des Etats-Unis, les Etats-Unis considèrent le concept de « dissuasion intégrée » comme le cœur de la défense nationale qui nécessite un degré élevé d'intégration entre les nouvelles technologies et les concepts et capacités opérationnelles, et une élimination des frontières entre les branches militaires et les divers domaines de combat et une collaboration avec les alliés. 

Chapitre III Dommages causés par l'hégémonie militaire américaine

« Nous pouvons avoir un drapeau spécial - notre pays peut aussi le faire : nous pouvons garder notre drapeau habituel, avec les rayures blanches peintes en noir et les étoiles remplacées par le crâne et les os croisés. », Mark Twain, écrivain américain, avait écrit un tel texte en 1901 pour condamner le comportement impérialiste des Etats-Unis en déclenchant la guerre et des massacres sanglants aux Philippines.

Les Etats-Unis sont nés au milieu des guerres et des massacres, se sont étendus par l'ingérence et les complots, ont formé l'hégémonie militaire à travers l'appât du pouvoir et du gain, et ont maintenu ses intérêts stratégiques par l'hégémonie et l'intimidation.

Comme l'a dit Walter Russell Mead, savant américain et professeur au Bard College, « les Etats-Unis d'Amérique sont la puissance militaire la plus dangereuse de l'histoire du monde ».

De nombreux faits ont prouvé au monde que l'hégémonisme militaire des Etats-Unis, source principale de l'instabilité mondiale, présente le plus grand défi aux progrès humains et est au contraire de la tendance générale à la paix et au développement.

Les actions hégémoniques ont entraîné des catastrophes humanitaires partout dans le monde, violé la souveraineté d'autres pays, piétiné les règles internationales et perturbé l'ordre international. En outre, cela a provoqué une grande calamité et des dommages infinis dans de nombreux pays et même aux Etats-Unis eux-mêmes.

3.1 Catastrophes humanitaires

- Massacre de civils

L'ancien opérateur de drone de l'armée américaine Brandon Bryant a raconté à plusieurs reprises aux médias son expérience personnelle : au cours d'une mission d'attaque en Afghanistan, il a vu à partir des images du drone un enfant afghan entrer sur le site cible au dernier moment avant le lancement du missile. Plus tard, lorsqu'il a signalé cet incident à son supérieur, ce dernier a dit : « c'était un chien, laisse tomber. ».

Selon les statistiques de l'« Agence de presse d'investigation », dont le siège est à Londres, au Royaume-Unis, du février 2004 au février 2020, les frappes de drones américains en Afghanistan, au Pakistan, en Somalie et au Yémen ont tué 910 à 2 200 civils, dont 283 à 454 enfants.

L'Intercept, une organisation d'informations non-lucrative américaine, a dévoilé en 2015 qu'au cours d'une opération militaire américaine de cinq mois, environ 90% des personnes tuées n'étaient pas intentionnellement ciblées.

Le droit à la vie est le droit humain le plus important ; cependant les chars américains ont apporté des catastrophes humanitaires sans fin. La guerre pour conquérir les Indiens a directement anéanti des millions d'Indiens ; 200 000 à 1 million de Philippins ont été tués pendant la guerre coloniale des Philippines; plus de trois millions de victimes civiles pendant la guerre de Corée ; deux millions de victimes civiles pendant la guerre du Vietnam ; plus de 100 000 victimes civiles pendant la guerre afghane ; 200 000 à 250 000 victimes civiles pendant la guerre en Irak ...

Selon les chiffres publiés en septembre 2021 par le projet « Coûts de la guerre (Costs of War) » de l'université Brown aux Etats-Unis, depuis 2001 seulement, la « guerre mondiale contre le terrorisme » lancée par les Etats-Unis a directement entraîné la mort d'environ 929 000 personnes, dont 387 000 civils, et a déplacé 38 millions de personnes ou en a fait des réfugiés.

- Piétinement de la dignité humaine

Ces dernières années, le scandale des abus sexuels systématiques de prisonniers par l'armée américaine a été fréquemment rapporté dans les journaux. Cela constitue une solide preuve que les Etats-Unis ignorent les droits de l'homme et bafouent la dignité humaine.

Dès 2009, un rapporteur spécial du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies sur la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste a déclaré dans un rapport soumis à la 10e session du Conseil des droits de l'homme que les Etats-Unis avaient créé un ensemble complet de déportations extraordinaires, de détentions prolongées et secrètes et de violations de la Convention des Nations Unies contre la torture.

Dans son rapport soumis à la 64e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, il a noté que les Etats-Unis et leurs sous-traitants privés avaient eu recours à des techniques d'interrogatoire telles que l'empilement forcé de prisonniers nus, les rapports homosexuels forcés avec d'autres détenus et la nudité forcée contre les hommes musulmans détenus en Irak et ailleurs.

L'étude du projet « Coûts de la guerre (Costs of War) » souligne qu'après les attentats du « 11- Septembre », les Etats-Unis ont créé des « prisons noires » à l'étranger sous couvert d'« antiterrorisme », impliquant au moins 54 pays et régions, où des centaines de milliers de personnes ont été détenues, dont des musulmans, des femmes et des mineurs.

Bedi Hamid, Irakien, a été détenu par l'armée américaine dans la prison d'Abou Ghraib, à l'ouest de la capitale Bagdad, pour des motifs de soi-disant « terrorisme ». Selon la description d'Hamid, la vie en prison était comme un enfer : il n'avait pas assez de nourritures pour remplir son ventre ; l'armée américaine les a mis à l'isolement pendant un mois, les faisant souffrir d'une chaleur et d'un froid extrêmes.

Les forces américaines ont forcé les Irakiens à se torturer en prison. Elles ont mis un policier irakien capturé dans la cellule des extrémistes, et ces derniers lui ont arraché les mains et les pieds et ont tenté de le tuer et cela dépasse la violation des droits de l'homme, a estimé Hamid.

En raison des problèmes mentaux causés par la détention à long terme, Hamid ne pouvait même pas reconnaître les membres de sa famille pendant un certain temps.

Dans la prison de Guantanamo, en plus des mauvais traitements et de la torture courante, les Américains ont également torturé des prisonniers en profanant le Coran et en violant les croyances islamiques, notamment en jetant le Coran dans les toilettes, en déchirant et en brûlant le Coran sous prétexte de chercher des armes, en laissant des gardiennes surveiller des prisonniers nus dans la salle de bain, etc. Ces atrocités ont déclenché des protestations collectives et même des suicides de masse parmi les prisonniers.

- Dommages écologiques

Les actions militaires des Etats-Unis à l'échelle mondiale ont également entraîné une grave crise écologique.

Par exemple, les quelque 350 000 tonnes de bombes explosives et de mines terrestres laissées par l'armée américaine au Vietnam prendraient 300 ans pour être complètement éliminées. Dans les frappes aériennes continues contre la République fédérale de Yougoslavie, l'OTAN dirigée par les Etats-Unis a utilisé un grand nombre de bombes à l'uranium appauvri, ce qui a entraîné une croissance dramatique de l'incidence du cancer et de la leucémie locaux et causé de graves dommages à l'environnement écologique local, voire européen. De 2002 à 2016, au moins 270 incidents de pollution environnementale se sont produits dans les trois bases militaires américaines à Okinawa, au Japon, dont la plupart n'ont pas été signalés au gouvernement japonais. En mai 2022, lorsque la République de Corée a repris la base militaire américaine de Yongsan, le ministère sud-coréen de l'Environnement a constaté que le total des hydrocarbures pétroliers dans le sol du dortoir du camp sud de la base dépassait la norme de 29 fois, et les cancérigènes benzène et phénol dans les eaux souterraines dépassaient la norme de 3,4 fois et 2,8 fois, respectivement.

De plus, l'armée américaine est connue comme la plus grande organisation consommatrice de carburant au monde. Sa consommation de carburant en dehors des guerres, et l'empreinte carbone qui en résulte, dépasse celle de la plupart des pays du monde.

Bien que les Etats-Unis fassent semblant d'être respectueux de l'environnement et de la neutralité carbone, la véritable priorité de l'armée américaine est la sécurité et la létalité. Chacun de leurs principaux systèmes d'armes, qu'il s'agisse d'un avion de chasse ou d'un porte-avions, est équipé d'équipements utilisant une technologie à forte intensité de carbone. L'armée d'aucun autre pays ne peut égaler la destructivité de ses émissions de gaz à effet de serre comme l'armée américaine.

« L'armée américaine est l'un des plus gros pollueurs de l'histoire », selon une étude publiée en 2019 par les universités de Lancaster et de Durham au Royaume-Uni. Elle a consommé plus de combustibles liquides et a émis plus de gaz à effet de serre que la plupart des pays du monde. « Si l'armée américaine était un Etat, elle serait le 47e plus grand émetteur de gaz à effet de serre (GES) au monde. » Selon les données de l'Institut Watson pour les affaires internationales et publiques de l'Université Brown aux Etats-Unis, depuis la guerre mondiale contre le terrorisme en 2001, l'armée américaine a produit 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre.

3.2 Atteinte à la souveraineté

Le principe de souveraineté a été établi en 1648 lorsque les Traités de Westphalie a mis fin à la guerre de Trente ans et a établi l'Etat territorial comme base du système étatique moderne.

Il n'est pas rare que les Etats-Unis utilisent leur hégémonie militaire pour violer le principe de souveraineté. En plus de l'agression militaire directe contre d'autres pays, leurs actions comprennent également le changement de régime, l'exercice d'un pouvoir extraterritorial et la violation de l'espace aérien et de la mer territoriale.

- Intervention militaire étrangère

Depuis la déclaration de l'indépendance en 1776, les interventions militaires étrangères des États-Unis par le biais d'une invasion directe par la force se sont répandues dans le monde entier. L'ancien président américain Jimmy Carter a dit une fois que les États-Unis étaient le pays le plus belliqueux dans l'histoire du monde et qu'ils n'étaient en paix que pendant 16 de ses 240 ans en tant que nation.

Selon le rapport de recherche de l'Université Tufts intitulé Présentation du projet d'intervention militaire : Un nouvel ensemble de données sur les interventions militaires américaines, 1776-2019, depuis la fondation du pays jusqu'en 2019, les États-Unis ont mené quelque 400 interventions militaires dans le monde entier pendant cette période. En termes de régions, 34% des interventions militaires américaines ont été menées en Amérique latine et dans les Caraïbes, 23% en Asie de l'Est et dans le Pacifique, 14% au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et 13% en Europe et en Asie centrale. Actuellement, leurs interventions militaires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ainsi qu'en Afrique subsaharienne sont en hausse.

- Subversion de gouvernements légaux

Peu de temps après la fondation du pays, les États-Unis ont entamé le processus de subversion de gouvernements légaux d'autres pays. Pendant la guerre de Tripoli de 1801 à 1805, avec l'approbation et l'autorisation du président de l'époque, Thomas Jefferson, le consul américain en Tunisie a participé à la planification du renversement du gouvernement de Tripoli. Il s'agissait de la première fois que les États-Unis menaient une opération subversive contre un gouvernement légitime dans un pays étranger.

Dans son livre Changement de régime secret : la Guerre froide secrète de l'Amérique, Lindsey O'Rourke, politologue au Boston College aux États-Unis, a écrit que de 1947 à 1989, les États-Unis ont mené 64 opérations secrètes de subversion et six opérations ouvertes dans d'autres pays, qu'ils soient ennemis ou alliés et quelque soient les systèmes politiques qu'ils adoptent.

Après la fin de la Guerre froide, les États-Unis ont entrepris des opérations subversives dans plusieurs pays, dont Haïti, l'Afghanistan, l'Irak, la Libye, la Syrie et le Venezuela.

En 2022, l'ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, John Bolton, a admis publiquement avoir aidé à planifier des coups d'État dans d'autres pays, faisant allusion à la tentative de coup d'État au Venezuela en 2019.

- « Jouissance » de la juridiction extraterritoriale

Les violations de la loi par les troupes américaines des pays dans lesquels elles sont déployées sont monnaies courantes. Cependant, les États-Unis ont fait de leur mieux pour empêcher que leur personnel militaire ne soit soumis à la juridiction de ces pays, ce qui constitue de graves violations de la souveraineté judiciaire des pays hôtes.

Une étude récente menée par Asif Efrat, Faire face à la pression extraterritoriale des États-Unis : Les troupes américaines dans les tribunaux étrangers pendant la Guerre froide, a montré que l'implication des troupes américaines à l'étranger dans la criminalité était bien plus importante qu'on ne le pensait auparavant, et a suggéré que dans les pays dépendant de la sécurité fournie par les États-Unis, les troupes américaines étaient moins susceptibles d'être jugées. Plus de 360 000 affaires criminelles impliquant des militaires américains et leurs familles ont été recensées entre 1954 et 1970, mais seulement un tiers de ces affaires ont été jugées par les tribunaux des pays où ils étaient stationnés.

Selon un rapport publié par les médias sud-coréens en 2017, le taux de non-poursuites des affaires impliquant des crimes commis par des troupes américaines stationnées en République de Corée s'élève à 70,7 %, et le chiffre pour les crimes violents, y compris les meurtres, les viols et les vols, est encore plus élevé, à 81,3 %.

- Violation de l'espace aérien et des eaux territoriales

Pendant la Guerre froide, les États-Unis ont utilisé leur supériorité technologique pour violer l'espace aérien d'autres pays en vue d'effectuer des activités militaires telles que la reconnaissance à haute altitude. Du juin 1956 à la fin de 1959, l'Agence centrale de renseignement (CIA) a utilisé l'avion de reconnaissance à haute altitude U-2 pour effectuer plus de 250 survols et missions de reconnaissance périphérique en Europe, en Union soviétique, au Moyen-Orient et en Asie de l'Est, dans le but de collecter des renseignements des images et des signaux.

Après que l'Union soviétique a abattu un U-2 en mai 1960, la CIA a déplacé le lieu principal de ses activités de reconnaissance à haute altitude vers l'Amérique latine et l'Asie de l'Est, y compris la Chine, et ses activités de reconnaissance en Asie de l'Est se sont poursuivies jusqu'en 1974. Depuis les attentats du « 11-Septembre », sous le prétexte de la soi-disant "guerre contre le terrorisme", les États-Unis ont lancé des frappes de drones à grande échelle au Pakistan et dans d'autres pays, violant la souveraineté de l'espace aérien de ces pays tout en causant un grand nombre de victimes civiles.

Afin de maintenir la liberté de déployer leur armée dans le monde entier, les États-Unis ont mis en place depuis 1979 la soi-disant « Liberté de navigation » pour menacer et saper la souveraineté des eaux territoriales d'autres pays.

Selon les Annual Freedom of Navigation Reports publiés par le Département américain à la défense, de 1990 à 2021, les États-Unis ont eu recours à des options militaires pour menacer la souveraineté ou la juridiction de plus de 70 États et régions côtiers dans les eaux territoriales, les zones économiques exclusives, les archipels et les détroits, y compris leurs alliés traditionnels tels que le Japon, la République de Corée, l'Italie et l'Arabie saoudite.

3.3 Atteinte à l'ordre

Pour Stanley Hoffman, professeur de relations internationales à l'Université de Harvard aux États-Unis, l'ordre mondial était un modèle idéalisé pour l'établissement de relations pacifiques entre les États. Il constitue une condition importante pour une coexistence amicale entre les États et fournit un ensemble de règles pour un comportement normatif, ainsi qu'un moyen efficace pour résoudre les différends et les conflits tout en promouvant la coopération internationale pour un développement commun.

Les États-Unis, en s'appuyant sur leur hégémonie militaire, ont toujours refusé de respecter les principes fondamentaux du droit international et les normes de base régissant les relations internationales, et ont délibérément agi en opposition avec eux.

L'interdiction du recours illégal à la force ou à la menace de la force, un principe fondamental du droit international, a été constamment ignorée par les États-Unis, un pays qui a lancé des guerres contre des pays souverains de manière répétée et effrontée. La création d'une force spatiale indépendante et l'établissement d'un commandement spatial ont accéléré les essais d'armes spatiales et les exercices militaires américains, ce qui contredit sérieusement le concept d'utilisation pacifique de l'espace. Plus encore, les scandales liés à la maltraitance systématique de prisonniers à la prison de Guantanamo Bay ont prouvé que l'armée américaine avait bafoué la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

En septembre 2022, lors de la conférence de négociation officielle des États parties à la Convention sur les armes biologiques qui s'est tenue à Genève, en Suisse, la délégation russe a publié une série de documents accusant les États-Unis d'avoir violé la convention. L'un des documents divulgués décrivait une technologie brevetée appelée « Toxic Mosquito Aerial Release System », qui implique l'utilisation de drones pour transporter un grand nombre de moustiques contenant des toxines vers des zones spécifiques. Ces moustiques sont ensuite relâchés dans le but d'infecter la population ciblée avec des maladies mortelles, afin de réaliser une « dissémination à faible coût de maladies mortelles » et de neutraliser l'adversaire. Le document ajoute qu'une fois que les « restrictions légales auront été ajustées ou supprimées », la technologie pourrait être utilisée immédiatement à des fins militaires et devenir un « outil » plus meurtrier que les armes les plus avancées disponibles.

La Convention sur les armes biologiques a été conclue en 1972 et est entrée en vigueur en 1975, avec 185 États parties et quatre États signataires à ce jour. Elle constitue le fondement de la gouvernance mondiale en matière de sécurité biologique.

Cependant, les États-Unis, l'un des États parties à la convention, mènent depuis longtemps des expériences biologiques dangereuses dans des pays tels que la République de Corée et se livrent à des expériences sur des êtres humains sur leurs propres sols, tout en s'opposant exclusivement à la mise en place d'un mécanisme de vérification multilatéral pertinent, ce qui a bloqué jusqu'à présent les négociations sur le protocole de vérification de la convention.

Les États-Unis ont toujours eu pour habitude de se montrer sélectifs dans leur approche des lois, des normes et des organisations internationales, en s'y conformant lorsque cela sert leurs intérêts et en s'en retirant dans le cas contraire.

Selon les statistiques, depuis les années 1980, les États-Unis se sont retirés de 17 organisations ou accords internationaux, dont le Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'UNESCO, l'Accord de Paris sur le changement climatique, l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien, le Traité sur le commerce des armes, le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire et le Traité Ciel ouvert.

Parallèlement, il est arrivé que les États-Unis se retirent de ces organisations ou accords, puis les rejoignent, avant de s'en retirer à nouveau.

Après l'arrivée au pouvoir de l'actuel gouvernement américain, bien qu'il ait affirmé de manière très médiatisée que « les États-Unis sont de retour » et qu'ils ont rejoint certaines organisations ou accords internationaux, ils n'ont jamais abandonné la politique « L'Amérique d'abord ». Les États-Unis continuent de se retirer ou de violer des accords qui ne sont pas considérés comme conformes à leurs intérêts, tels que le Traité Ciel ouvert.

Notant que « ce sont maintenant les règles non écrites de la route pour notre planète. Cela représente le véritable exceptionnalisme américain », Alfred McCoy, un historien américain, a souligné que Washington continuera à violer la souveraineté nationale par des interventions secrètes et ouvertes à l'ancienne et insistera sur le rejet des conventions internationales qui limitent son pouvoir.

3.4 Retour de bâton

L'hégémonie militaire américaine, qui consiste à lancer des guerres et à envahir d'autres pays, a provoqué des désastres dans le monde entier, tout en causant de graves dommages aux États-Unis eux-mêmes.

Dans son livre De la guerre en Amérique, l'historien français Thomas Rabino a indiqué que presque chaque génération aux États-Unis avait subi les conséquences du chaos politique, économique et social causé par la guerre.

- Victimes de citoyens américains

Les guerres lancées par les États-Unis ont entraîné la perte d'un grand nombre de militaires américains. Selon les statistiques du Département américain de la Défense (DOD), environ 36 000 soldats américains ont été tués et plus de 100 000 autres blessés pendant la guerre de Corée, tandis que 58 000 soldats américains ont été tués et plus de 150 000 autres blessés pendant la guerre du Vietnam.

Selon les données du projet Coûts de la guerre (Costs of War), plus de 7 000 soldats américains et environ 8 000 entrepreneurs américains sont morts dans les guerres lancées par les États-Unis suite aux attentats du « 11- Septembre ».

De plus, les anciens combattants américains qui ont servi en Irak et en Afghanistan étaient plus susceptibles que la population ordinaire d'être suicidaires, traumatisés et dépendants de la drogue et de l'alcool. Les taux de divorce et de maltraitance des enfants sont également plus élevés dans leurs familles. Dans les guerres qui ont suivi les attentats du « 11- Septembre », plus de 30 000 soldats américains se sont suicidés, soit quatre fois plus que le nombre de morts au combat.

- Coût économique

Les dépenses militaires astronomiques que les États-Unis ont investies dans le maintien de leur hégémonie militaire ont imposé un lourd fardeau au peuple américain.

En dollars de 2011, les États-Unis ont dépensé 737 milliards de dollars pour la guerre du Vietnam (1965-1975). La guerre du Vietnam a eu un grave impact sur l'économie américaine à cette époque. La guerre a provoqué une forte inflation et d'énormes déficits aux États-Unis, ce qui a été l'une des principales raisons de l'effondrement du système de Bretton Woods.

Dans la guerre d'après 2001, les États-Unis ont dépensé plus de 5.800 milliards de dollars. Selon des médias américains en 2019, les États-Unis ont dépensé environ 350 milliards de dollars américains en soins médicaux pour les soldats handicapés en Afghanistan et en Irak, et des études prévoient que les États-Unis investiront 2.200 milliards de dollars supplémentaires dans ce domaine au cours des trois prochaines décennies.

La guerre a apporté des coûts d'opportunité pour l'économie et la société américaines. Les dépenses des États-Unis après les attentats du « 11- Septembre » auraient pu fournir à 13 millions d'enfants américains vivant sous le seuil de pauvreté une assurance médicale jusqu'à l'âge adulte et deux ans d'éducation scolaire, fournir à 28 millions d'étudiants des bourses universitaires publiques, à 1 millions d'anciens combattants 20 ans d'assurance maladie et à 4 millions de travailleurs de l'énergie propre 10 ans de chèques de paie.

- Faillite de réputation

De l'« incident du golfe du Tonkin » à la fabrication d'armes de destruction massive en Irak, des « Pentagon Papers » aux « Afghanistan Papers », l'armée américaine est habituée à créer des tromperies et des mensonges lorsqu'elle déclenche et prolonge des guerres.

Quant aux diverses atrocités commises par l'armée américaine dans les guerres étrangères, qu'il s'agisse du massacre de No Gun Ri pendant la guerre de Corée, du massacre de My Lai pendant la guerre du Vietnam, de la torture de prisonniers pendant la guerre d'Irak ou du meurtre aveugle d'innocents par des drones pendant les guerres contre le terrorisme, les États-Unis ont l'habitude de dissimuler la vérité.

Un mensonge après l'autre et une escroquerie après l'autre, nuisent constamment à l'image et à la crédibilité des États-Unis.

Nicholas Burns, l'actuel ambassadeur des États-Unis en Chine et l'ancien professeur à l'Université de Harvard, a noté en 2010 que le lancement de la guerre en Irak était une erreur de jugement stratégique de la part des États-Unis et avait été le plus grand coup porté à la puissance et au prestige américains depuis la guerre du Vietnam. « La prison d'Abou Ghraib et la prison de Guantanamo ont causé des dommages durables à la réputation de l'Amérique parmi plus d'un milliard de musulmans dans le monde. »

Selon un sondage publié par le Centre de recherche Pew en 2019, la réputation internationale des États-Unis a chuté de 2013 à 2018, et le taux d'étrangers qui pensaient que la force et l'influence des États-Unis constituaient une menace grave est passée de 25% en 2013 à 45% cinq ans plus tard.

L'hégémonie militaire des États-Unis et les guerres étrangères lancées par eux ont engendré et encouragé des forces extrémistes, qui ont mis en péril leur propre sécurité.

Les attentats du 11-Septembre 2001 ont été un cas typique, avec près de 3 000 personnes tuées dans cet incident terroriste le plus horrible aux États-Unis.

Au cours des années qui ont suivi, les États-Unis ont invoqué le terme « guerre contre le terrorisme » pour justifier leurs interventions et exercice de l'hégémonie militaire, ce qui a entraîné le développement d'organisations extrémistes telles que l'« État islamique » et l'insécurité dans plusieurs régions.

En même temps, cela a continué à entraîner de nombreuses conséquences néfastes pour eux-même : l'attaque contre l'ambassade américaine à Benghazi en 2012, l'attentat du marathon de Boston en 2013 et l'attaque au camion-bélier à New York en 2017 en sont des exemples.

- Érosion de la société

Les guerres étrangères prolongées ont également exacerbé les troubles intérieurs aux États-Unis. Pendant la guerre du Vietnam, les pertes et les atrocités commises par l'armée américaine au Vietnam, ainsi que la conscription nationale du gouvernement et les augmentations d'impôts, ont suscité un fort sentiment anti-guerre et une méfiance à l'égard du gouvernement. En mai 1970, la Garde nationale de l'Ohio a ouvert le feu sur des étudiants qui manifestaient contre la guerre à l'Université d'État de Kent, ce qui a entraîné quatre morts et neuf blessés parmi les étudiants. Cette tragédie a marqué la scission radicale de la politique et de la société américaines à cette époque. Harry Haldeman, alors chef de cabinet de la Maison Blanche, a déclaré par la suite que cet incident était un tournant pour le président de l'époque Richard Nixon et le début de son scandale du Watergate.

Environ un demi-siècle plus tard, la « guerre contre le terrorisme » des États-Unis a conduit à l'érosion des droits sociaux et politiques fondamentaux au sein du pays. Par exemple, le travail de législation et de renseignement a sapé la liberté constitutionnelle et la militarisation de la police américaine s'est également considérablement renforcée après les attentats du « 11- Septembre ». Au cours de la guerre antiterroriste de 20 ans, les forces de l'ordre américaines ont acquis de grandes quantités d'armes militaires et d'équipements de surveillance auprès de l'armée. Cela a entraîné des changements dans la culture organisationnelle, la formation et les tactiques des forces de l'ordre, ainsi qu'une fissure dans la relation de confiance entre les forces de l'ordre et le public. Il existe également des opinions selon lesquelles il existe un lien entre l'acquisition d'équipements militaires par la police américaine et son recours à la force.

En outre, selon le projet « Coûts de la guerre (Costs of War) », le gouvernement américain a emprunté des milles milliards de dollars pour payer la guerre tout en réduisant les impôts, ce qui pourrait continuer à exacerber les inégalités dans la société américaine.

Comme le dit Stephen Walt, professeur de relations internationales à l'Université de Harvard, le lien entre l'« aventure de l'empire » américaine à l'étranger et les troubles intérieurs ne peut être ignoré. Les « guerres sans fin » des États-Unis à l'étranger déchaîne plusieurs forces politiques telles que le militarisme, le pouvoir exécutif renforcé, la xénophobie, le pseudo-patriotisme et la démagogie, qui vont tous à l'encontre de la morale civique sur laquelle repose une saine démocratie.

Conclusion

Les États-Unis ont été fondés pendant la guerre, se sont développés pendant la guerre et ont prétendu à l'hégémonie pendant la guerre.

Les États-Unis, depuis leur indépendance il y a plus de 240 ans, avec leur idéologie impériale enracinée dans les gènes, sont passés d'un pays isolé en Amérique du Nord à une hégémonie militaire mondiale, après la guerre américano-mexicaine, la guerre hispano-américaine, la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide, occupant maintenant une position dominante dans le monde unipolaire.

Ainsi, les États-Unis ont construit une démocratie de style américain, ou « Améri-cratie», sur une base d'hégémonie et d'intimidation d'autres pays.

Les États-Unis n'ont jamais été satisfaits de leur domination et n'ont épargné aucun effort pour étendre leur hégémonie militaire. Ces actions ne sont pas seulement basées sur la nature de l'expansion et l'avidité du profit du capitalisme, mais aussi sur leur ambition et leur poursuite paranoïaque du pouvoir, ainsi que sur la manipulation des groupes politiques et d'intérêts à l'intérieur du pays.

Pendant longtemps, afin de maintenir leur hégémonie militaire mondiale, les États-Unis ont utilisé des moyens explicites, notamment le lancement ou l'intervention dans des guerres et la construction d'un réseau mondial de bases militaires, tout en adoptant des moyens implicites, dont le système d'alliance et les règles internationales dirigées par les États-Unis. De plus, ils utilisent de nouveaux modèles, de nouvelles technologies et de nouveaux concepts dans de nouvelles situations, afin d'empêcher tout concurrent potentiel d'ébranler leur hégémonie mondiale.

L'histoire et la réalité ont prouvé que l'hégémonie militaire américaine constitue une menace sérieuse pour le monde. Présentant des défis sans précédent à la société humaine, cela n'apporterait pas la paix et la sécurité, mais ne conduirait qu'à la guerre et au désastre ; n'apporterait pas l'égalité et la liberté, mais ne causerait que l'esclavage et l'oppression ; n'apporterait pas le développement et la coopération, mais ne créerait que des contradictions et des divisions.

Aujourd'hui, face à un monde marqué par d'énormes bouleversements, l'expansion militaire des États-Unis se poursuit toujours, et l'hégémonie militaire des États-Unis continue d'apporter des instabilités et de nuire à notre avenir partagé.

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Source:Agence de presse Xinhua