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La Chine et l'UE rouvrent leur dialogue sur les droits de l’Homme

French.china.org.cn | Mis à jour le 20. 02. 2023 | Mots clés : UE,droits de l’Homme

« Un échange efficace permettra de repousser la tendance à la politisation et les pratiques à deux poids deux mesures »

Lors de la 38e session du Dialogue Chine-UE sur les droits de l’Homme, qui s'est tenue vendredi à Bruxelles (heure locale) et qui a marqué la reprise des pourparlers après avoir été suspendu en 2019, la Chine a exhorté l'Union européenne (UE) « à considérer de manière objective le développement de la cause des droits de l’Homme en Chine, à cesser de politiser les questions relatives aux droits de l’Homme avec des pratiques à deux poids deux mesures, et à respecter la souveraineté et les intérêts fondamentaux de la Chine ».

Des observateurs chinois ont indiqué qu'« une telle reprise, après que les relations bilatérales sont devenues glaciales en mars 2021, est d'une grande nécessité et constituera une mesure efficace pour rectifier la tendance malveillante à politiser les questions liées aux droits de l’Homme, les pratiques de deux poids deux mesures et l'utilisation des droits de l’Homme comme outil de rivalité ».

Selon un communiqué de presse officiel de l'événement, le dialogue a été co-présidé par Sun Lei, directeur général adjoint pour les organisations internationales et les conférences au ministère chinois des Affaires étrangères, et Paola Pampaloni, directrice générale adjointe pour l'Asie et le Pacifique au Service européen pour l’action extérieure.

M. Sun a affirmé à cette occasion que « les questions liées aux régions autonomes chinoises du Xinjiang (nord-ouest) et du Tibet (ouest) ainsi que les affaires liées à la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong ne doivent pas être classées comme des questions de droits de l’Homme, mais plutôt comme des questions de principe majeures liées à la souveraineté, à l'indépendance et à l’intégrité territoriale de la Chine, sans interférence externe autorisée ».

« L'UE est priée, lors du dialogue, d'accorder une attention sérieuse aux préoccupations de la Chine et d'être prudente dans ses paroles et ses actes sur les questions concernant les intérêts fondamentaux et les préoccupations majeures de la Chine », a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Chine a également partagé sa vision des droits de l’Homme, qui est centrée sur les personnes et considère que les droits à la survie et au développement sont prioritaires en tant que droits de l’Homme fondamentaux. Le pays a avancé que « l'UE devrait prendre note de ses propres problèmes de droits de l’Homme, tels que les violations des droits des réfugiés et des migrants, une augmentation de l'exclusion et du racisme, ainsi que l'application de mesures coercitives unilatérales qui violent les droits de l’Homme dans d'autres pays et de l’application de deux poids deux mesures dans des domaines tels que la liberté de la presse et le travail forcé ».

Les deux parties ont salué leur discussion approfondie et franche malgré leurs divergences. « Cependant, ces différences ne doivent pas être politisées et les deux parties doivent poursuivre le dialogue pour améliorer la compréhension et gérer les différences par des mesures constructives. Les deux parties ont convenu de collaborer pour protéger les droits des femmes et des enfants », selon le communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.

Selon Chang Jian, professeur et directeur du Centre d'étude des droits de l’Homme à l'Université de Nankai, « la réouverture des discussions était d'une grande nécessité. Un tel dialogue sera efficaces pour corriger la tendance malveillante occidentale dirigée par les États-Unis à politiser les questions liées aux droits de l’Homme, les pratiques de deux poids deux mesures et l'utilisation des droits de l’Homme comme outil de concurrence ».

Tang Yingxia, vice-directrice du Centre de recherche sur les droits de l’Homme à l'Université de Nankai, a affirmé que cela montrait également la confiance et l'ouverture de la Chine sur les questions liées aux droits de l’Homme.

Mme Tang vient de participer au troisième examen de la mise en œuvre par la Chine du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) à Genève, où elle faisait partie de la délégation chinoise de haut niveau représentant les ONG, durant lequel elle a tenu un face-à-face avec des groupes de défense des droits de l’Homme occidentaux.

« Ces groupes de défense des droits de l’Homme claironnent leurs valeurs qui promeuvent les droits de l’Homme, la démocratie et la liberté, tout en négligeant les progrès réalisés par d'autres pays dans ce domaine et les efforts déployés pour de tels progrès. Ils utilisent des ouï-dire et de fausses informations pour accuser et contenir la Chine », a soutenu Mme Tang.

Le Dialogue Chine-UE sur les droits de l’Homme, qui a débuté en 1997 et se tenait deux fois par an, est au point mort depuis une session en avril 2019, à la suite de sanctions de l'UE sur les questions de droits de l’Homme et de contre-mesures de la Chine. La décision de reprendre le dialogue a été prise lors du sommet Chine-UE en avril 2022.

Bien que la porte-parole des affaires étrangères de l'UE, Nabila Massrali, ait déclaré aux médias que l'UE et la Chine avaient des points de vue différents sur les droits de l’Homme, elle a souligné que c'était exactement la raison pour laquelle le dialogue était important. Des groupes de défense des droits de l’Homme en Europe ont critiqué ces discussions, les qualifiant de « dénuées de sens », alors qu’ils préconisent davantage de sanctions contre la Chine et contre des individus Chinois « responsables de violations des droits de l’Homme ».

Des observateurs chinois se sont dits contre ces points de vue, soulignant que pour tirer des fruits positifs de ces discussions, il est crucial d'être tout d’abord sincère et humble, afin que les deux parties puissent apprendre l'une de l'autre et mieux comprendre les raisons de leurs divergences, avançant que la Chine avait fait preuve de sincérité dans les échanges.

Wang Yi, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et directeur du Bureau de la Commission centrale des affaires étrangères, a rencontré samedi le haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, dans le cadre de sa participation à la conférence de Munich sur la sécurité. Il a souligné à cette occasion que « la Chine et l'UE ne sont pas des rivaux mais des partenaires, et partagent plus de points d'accord que de points de divergence ».

Chang Jian, le professeur à l'Université de Nankai, a affirmé vouloir « avertir l'UE et l'Occident dirigé par les États-Unis que les questions de droits de l’Homme devraient être un pont plutôt qu'une barrière. Si une partie tente d'imposer par la force sa propre compréhension et ses pratiques aux autres, les questions relatives aux droits de l’Homme deviendront inévitablement un obstacle au rétablissement des liens ».

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Source:french.china.org.cn