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La COP15 conclut un accord « historique » sur la protection de la biodiversité

Après deux semaines d'intenses débats lors de la 15e réunion de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (COP15), les délégués du monde entier ont convenu lundi d'adopter un plan historique pour arrêter et inverser la perte de biodiversité d'ici 2030.
« C'est un moment historique », a déclaré Huang Runqiu, président de la COP15 et ministre chinois de l'Écologie et de l'Environnement, qui a noté que l'adoption de ce texte était le résultat de nombreux efforts de toutes les parties.
« Enfin, nous avons atteint notre destin. Nous avons adopté le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal », a-t-il annoncé.
Le nouveau cadre est un engagement de 196 parties à la Convention sur la diversité biologique de conserver au moins 30% des terres et des océans de la Terre d'ici la prochaine décennie. Il augmentera également l'aide financière annuelle attendue des pays développés jusqu'en 2030 pour aider les pays en développement à protéger la biodiversité.
En outre, il promet de réduire les subventions gouvernementales qui nuisent à la nature d'au moins 500 milliards de dollars par an, porte l’attention sur les droits des peuples autochtones et appelle à l'équité entre les sexes dans la mise en œuvre du cadre.
L'accord sur l'adoption de cet important Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal intervient après quatre ans de discussions et deux semaines d'intenses négociations. Il s'agit du premier cadre mondial sur la biodiversité depuis l'adoption il y a 12 ans des Objectifs d'Aichi pour la biodiversité.
Dans une interview exclusive accordée à China Daily après l'adoption de l'accord, le ministre canadien de l'Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, s'est dit « très heureux » du résultat.
« C'est un jour historique pour le monde. Certaines personnes l'ont comparé au “Moment de Paris”, lorsque l'Accord de Paris a été adopté en 2015, et je suis d'accord. C'est un moment historique pour la protection de la nature dans le monde. Je félicite la présidence chinoise (de la COP15) […] Ils ont fait un travail fantastique, nous avons travaillé très étroitement ensemble et c'était un excellent partenariat », a-t-il déclaré.
La COP15 a réuni des délégués du monde entier à Montréal du 7 au 19 décembre pour décider des termes du cadre de la biodiversité post-2020.
La session plénière d'adoption du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal devait initialement commencer dimanche à 19h30 (heure locale), avec l'intention de sceller un accord plus tôt. Cependant, la session a été retardée car les négociations entre les hauts responsables se sont poursuivies à huis clos tandis que les délégués attendaient anxieusement.
Vers 2h45 du matin lundi, dernier jour officiel du sommet, M. Huang est entré dans la salle pour annoncer le début de la réunion plénière. À 3h30, lorsqu'il a annoncé que le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal avait été adopté, de vifs applaudissements et acclamations ont accueilli l'annonce.
Alors qu’il attendait le résultat, Hugo Maria Schally, conseiller pour les négociations internationales de l'Union européenne (UE), avait noté que « la présidence chinoise travaille dur dans les coulisses pour nous faire parvenir un accord ».
Rosalind Helfand, chercheuse au Conservation Leadership Alumni Network de l'Université de Cambridge, qui a assisté à la conférence au nom de l'ONU Femmes, avait déclaré qu'elle espérait voir un cadre mondial pour la biodiversité qui aide à communiquer l'importance d'un accord mondial visant à sauver la nature.
« Et c'est pourquoi je pense que la section K du cadre, qui concerne la communication, l’information, la sensibilisation et l’assimilation, est en fait une section très importante. Et je pense qu'il y a une planification ambitieuse pour cela. Et j'espère vraiment pour que cela se produira », a noté Mme Helfand.
La section K appelle à « une communication, une éducation et une sensibilisation renforcées sur la biodiversité » par tous les acteurs pour assurer la mise en œuvre effective de l'accord.
En tant que présidente de la COP15, la Chine a soumis dimanche matin un projet de texte du « Cadre mondial pour la biodiversité pour l'après-2020 » qui énumère 23 objectifs à atteindre d'ici 2030.
Le nouveau cadre comprend un consensus sur plusieurs questions qui étaient considérées comme des points de friction tout au long des négociations, comprenant entre autres les engagements de ressources des pays développés. Selon les estimations, un déficit de financement annuel de 700 milliards de dollars devait être comblé au cours de la prochaine décennie afin que le cadre pour la biodiversité soit effectivement mis en œuvre.
Dans le cadre du nouvel accord, les parties mobiliseront collectivement au moins 200 milliards de dollars par an d'ici 2030. L'argent proviendra de sources publiques et privées.
Plus précisément, les pays du Nord ont convenu d'augmenter le financement de la conservation pour les pays en développement, les petits États insulaires et les « pays à économie en transition » à au moins 20 milliards de dollars par an d'ici 2025 et à 30 milliards de dollars par an d'ici 2030.
Lors de la première partie de la COP15 à Kunming, en octobre de l'année dernière, le président chinois Xi Jinping avait donné le ton en investissant 1,5 milliard de yuans (215 millions de dollars) pour créer le Fonds pour la biodiversité de Kunming, visant à soutenir la protection de la biodiversité dans les pays en développement. Il a invité d'autres nations à contribuer.
Des pays comme le Canada, le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Australie, le Japon, la Norvège, l'Allemagne, la France, l'Espagne et les Pays-Bas, ainsi que l'UE, se sont engagés à accroître leur soutien financier aux pays en développement.
Jusqu'à présent, le montant total des engagements internationaux en faveur de la biodiversité annoncés publiquement par les gouvernements, les philanthropes, les entreprises et les investisseurs s'élève à 8,3 milliards de dollars par an, selon un outil de veille de plusieurs organisations environnementales, dont Campaign for Nature et Conservation International.
Le cadre crée un nouveau fonds pour la biodiversité au sein du Fonds pour l'environnement mondial des Nations Unies. Il s'agit d'un compromis entre les pays en développement, qui voulaient un nouveau fonds, et les pays développés, qui ne le souhaitaient pas.
L'accord reconnaît également les rôles et les contributions des peuples autochtones.
Dans un communiqué, le Forum international des peuples autochtones sur la biodiversité a remercié le président de la COP15 pour avoir inclus « un langage fort sur le respect des droits des peuples autochtones et des communautés locales ».
Tous les États membres de l'ONU, à l'exception des États-Unis, ont ratifié le traité international sur la biodiversité.
| Source:french.china.org.cn | ![]() |
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