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La mise sur liste noire de nouvelles entreprises chinoises par le Pentagone est « une décision qui finira par nuire aux investisseurs américains »
Le département américain de la Défense a ajouté jeudi de nouvelles entreprises chinoises à une liste noire, dont le fabricant de drones DJI Technology et la société de génomique BGI Genomics Co, affirmant qu'elles ont des liens avec l'armée chinoise et ouvrant la voie à de nouvelles restrictions sur leurs activités.
Des experts chinois ont avancé que « cette nouvelle décision, qui manque de preuves et intervient sur fond de rivalité technologique accrue entre la Chine et les États-Unis, est une autre répression renforcée et sans fondement de l'essor technologique de la Chine, mais cela ne reviendra qu’à “soulever un rocher pour le laisser retomber sur ses propres pieds” ».
Selon un communiqué publié sur le site officiel du département de la Défense, les entreprises incluses dans la liste sont des « sociétés militaires chinoises » opérant directement ou indirectement aux États-Unis conformément à l'exigence légale de la section 1260H de la Loi sur l'autorisation de la défense nationale pour l'exercice 2021.
Le fabricant d'équipements de surveillance Zhejiang Dahua Technology, China State Construction Group Co, ainsi que le fabricant de matériel roulant CRRC Corp Ltd figurent parmi les 13 entreprises ajoutées à la liste noire.
« Le département est déterminé à mettre en évidence et à contrer la stratégie de fusion militaro-civile de la République populaire de Chine, qui soutient les objectifs de modernisation de l'Armée populaire de libération (APL) en garantissant que son accès aux technologies de pointe et à l'expertise soient acquises et développées par des entreprises, des universités et des programmes de recherche qui semblent être des entités civiles », a déclaré le Pentagone dans son communiqué.
« Cette nouvelle décision représente l'objectif des États-Unis de chercher une stratégie plus globale et approfondie afin de “concurrencer” la Chine, en particulier dans le secteur de la haute technologie, car la plupart des entreprises sanctionnées représentent la force technologique et globale de la Chine, ce par quoi les États-Unis estiment être “menacés” », ont affirmé des experts chinois.
« On ne peut que dire que cette liste est une autre excuse de Washington pour réprimer le progrès scientifique et technologique ainsi que la modernisation industrielle de la Chine », a soutenu vendredi Gao Lingyun, expert à l'Académie chinoise des sciences sociales de Beijing.
Cette nouvelle liste est une version étendue de la première publiée le 3 juin 2021. Le Pentagone a déclaré qu'il « continuera à mettre à jour la liste avec des entités supplémentaires, le cas échéant ».
La première tranche comprenait 47 entreprises, dont Huawei Technologies et les trois plus grandes entreprises de télécommunications chinoises. En vertu d'un décret signé par le président américain Joe Biden, il sera interdit aux investisseurs américains d'acheter ou de vendre des titres cotés en bourse de ces sociétés.
En réponse à la décision de M. Biden, Wang Wenbin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, avait déclaré à l'époque que la Chine prendrait les mesures nécessaires pour protéger les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises et qu’elle les soutiendrait fermement dans la protection de leurs propres droits conformément à la loi, exhortant les États-Unis à respecter les lois et principes du marché et à retirer la liste d’interdiction d'investissements.
Le Pentagone n'a pas précisé les restrictions à venir sur la nouvelle tranche d'entreprises dans sa déclaration de jeudi, mais des experts ont avancé que le département américain du Commerce pourrait être le prochain à annoncer des restrictions qui pourraient détourner les investissements américains de ces entreprises.
Du point de vue des entreprises chinoises, les difficultés à court terme, telles qu'un changement de stratégie commerciale aux États-Unis, sont inévitables, mais l'impact à long terme sera plutôt limité, a affirmé Gao Lingyun.
He Weiwen, ancien conseiller économique et commercial aux consulats généraux de Chine à San Francisco et à New York, avait déclaré au Global Times dans une précédente interview que la principale limitation causée par l'interdiction d'investissements était que les investisseurs américains ne pouvaient pas investir directement dans ces entreprises chinoises. Les entreprises chinoises figurant sur la liste ne peuvent elles pas publiquement lever des fonds sur le marché américain.
« Cependant, selon les données publiques, les investissements directs américains en Chine ne représentent que 2% des investissements étrangers de la Chine, soit environ 2,6 milliards de dollars. L’impact est donc faible », a-t-il affirmé, ajoutant que l'impact de l'interdiction sur les investissements indirects devait encore être davantage étudié.
« Cependant, l'interdiction plus large ne reviendra sûrement qu’à “soulever un rocher pour le laisser retomber sur ses propres pieds” pour le gouvernement américain et les investisseurs américains, étant donné que les entités figurant sur la liste sont toutes des entreprises avec de grandes perspectives et des rendements élevés », a soutenu M. Gao.
Davantage d'investisseurs d'autres pays pourront « prendre le train en marche » et partager les dividendes, a avancé l'expert.
M. Gao a également conseillé aux entreprises concernées figurant sur la liste de chercher à obtenir une annulation des restrictions par des moyens légaux et de lutter pour leurs droits légitimes, compte tenu de l'expérience réussie de certaines entreprises chinoises.
Par exemple, le fabricant chinois de smartphones Xiaomi a déclaré en mai de l'année dernière qu'il avait été officiellement retiré de la liste noire du gouvernement américain après avoir déposé une plainte.
Selon une ordonnance finale émise par le Tribunal du district de Columbia, ce dernier a annulé la désignation par le département américain de la Défense de Xiaomi en tant que « compagnie militaire chinoise communiste », et le tribunal a officiellement levé toutes les restrictions sur la capacité des personnes américaines à acheter ou détenir des titres de la société.
« Davantage d'entreprises peuvent emboîter le pas et contester les ordonnances administratives américaines discriminatoires ou les interdictions irresponsables », a déclaré M. Gao au Global Times.
| Source:french.china.org.cn | ![]() |
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