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Des étudiants chinois, dont la demande de visa pour poursuivre des études scientifiques supérieures dans des universités aux Etats-Unis a été rejetée, se préparent à porter plainte contre le gouvernement américain. Ils ont créé pour cela un site internet et prévoient de lever entre 750 000 et un million de dollars US avant de porter plainte.
« Nous avons parlé avec de nombreux avocats américains et eu deux réunions avec l’avocat de renom spécialisé dans les droits civils et l’immigration Ira Kurzban. [...] Nous nous préparons à lutter dans la durée », explique l’un des étudiants à l’initiative du site, qui souhaite rester anonyme.
Selon lui, les étudiants concernés proviennent principalement de huit universités scientifiques majeures de Chine, que les Etats-Unis accusent d’avoir des liens avec l’armée chinoise. Celles-ci incluent l’Université d’ingénierie de Harbin, l’Institut de technologie de Harbin, l’Université Beihang et l’Institut de technologie de Beijing.
En mai de l’année dernière, l’ancien président des Etats-Unis Donald Trump avait adopté la Proclamation présidentielle 10043, qui interdit aux étudiants chinois de niveau doctorat et aux chercheurs d’étudier ou de travailler aux Etats-Unis, si Washington estime qu’ils ont une affiliation avec la « stratégie de fusion militaro-civile » de la Chine.
« Aujourd’hui, les restrictions sont imposées sur les étudiants de huit universités. Qui peut garantir que cette interdiction ne sera pas étendue ? [..] L’interdiction affecte les étudiants spécialisés dans les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques (STIM). Qui peut garantir qu’elle ne s’appliquera pas un jour à tous les étudiants chinois qui veulent étudier à l’étranger ? Garder aujourd’hui le silence reviendrait à permettre une discrimination injustifiée », s’insurge l’étudiant.
D’après lui, près de 2000 étudiants chinois ont indiqué subir des restrictions en matière de visa. Certains sont spécialisés en littérature et d’autres sont des étudiants de deuxième cycle ou des professeurs invités par le Conseil des bourses d’études de la Chine. « Partir étudier à l’étranger n’est pas une décision facile. Cela nécessite plusieurs années de préparation et d’investissement financier. Beaucoup d’entre eux sont attristés, en colère voire déprimés par cette nouvelle », explique l’initiateur.
Une lettre ouverte signée par plus de 500 étudiants chinois se plaignant du rejet de leur demande de visa pour les Etats-Unis a suscité une forte réponse de la part des internautes sur les réseaux sociaux chinois. A l’occasion d’une récente conférence de presse, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian a souligné que les restrictions sur les visas étaient une continuation de « l’héritage empoisonné » de l’administration Trump.
Lors d’une autre conférence de presse, l’ancien porte-parole du ministère Wang Wenbin a cité une analyse réalisée par un laboratoire d’idées de l’Université de Georgetown, qui montre que les étudiants chinois en STIM étaient affectés de façon disproportionnée par la proclamation présidentielle : 3000 à 5000 étudiants chinois pourraient avoir été jusqu’à présent affectés par la proclamation, représentant 16 % à 27 % des 19 000 étudiants chinois de deuxième cycle qui poursuivent chaque année leurs études dans les disciplines STIM aux Etats-Unis.
Une étudiante préparant un doctorat de physique dans une université américaine et diplômée de l’une des huit universités chinoises concernées, explique que l’obtention d’un visa valide a perturbé ses études : « Les inquiétudes sans fin sur l’obtention d’un visa valide me tourmentaient même lorsque je croulais sous les tâches académiques. [...] J’ai également passé de nombreuses nuits à souffrir constamment de colère, de tristesse et d’anxiété », raconte l’étudiante sur le site pour lever des fonds.
La Chine est la plus grande source d’étudiants internationaux aux Etats-Unis. Au cours de l’année académique 2019-2020, il y avait plus de 372 000 étudiants chinois aux Etats-Unis, soit près d’un tiers des quelque un million d’étudiants internationaux dans le pays, indique le rapport Open Doors (« Portes ouvertes »), une étude annuelle réalisée par l’Institut de l’éducation internationale des étudiants et des professeurs étrangers aux Etats-Unis.
En 2019, le ministère chinois de l’Education avait mis en garde les étudiants chinois sur les risques de poursuivre leurs études aux Etats-Unis du fait des restrictions sur les visas.
D’après un rapport de la société Vision Overseas Consulting publiée en mai, le Royaume-Uni reste pour la deuxième année consécutive la destination la plus populaire pour les étudiants chinois souhaitant étudier à l’étranger, avec les Etats-Unis une nouvelle fois en deuxième position. Le Royaume-Uni était choisi par 44 % des personnes interrogées, contre 32 % pour les Etats-Unis.
| Source:french.china.org.cn | ![]() |
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