| Le 26 août 2012, le magazine français d'actualité Le Point a publié un long article intitulé L'intrigante réussite des Chinois en France signé par Jérome Pierrat qui explique, en déformant les faits, la réussite des Chinois par le non-respect des jours de repos, le travail au noir et la fraude fiscale, et en taxant les Chinois d'entrée illégale sur le territoire français et d'entretien de groupes mafieux.
Le 10 décembre 2012, l'Association des jeunes chinois de France (AJCF) a mandaté SOS Racisme pour engager un procès contre l'hebdomadaire Le Point pour diffamation envers la communauté chinoise en France.
Le tribunal annoncera le 24 janvier 2013 s'il acceptera ou non l'acte d'accusation de SOS Racisme contre Le Point.
Juste avant l'annonce du tribunal, Le Point a publié le 17 janvier 2013 un reportage « très positif » sur la communauté chinoise en France, accompagné d'un article intitulé Pour mettre fin à une polémique stupide rédigé par M. Franz Olivier Giesbert, responsable éditorial et directeur de publication du magazine. Dans cette « lettre d'excuses », admettons-le, à l'égard de la communauté chinoise en France, l'auteur affirme : « C'est stupide. Nous n'avons jamais dit que toutes les Françaises d'origine chinoise sont des prostituées. Elles sont sans aucun doute pareilles aux autres Françaises. On regrette que cette histoire ait été prise au premier degré, alors que c'était de l'humour, une forme d'humour qui n'est pas passée ».
Mme Flore Ganon, responsable du service contentieux du Pôle anti-discrimination de SOS Racisme, ne se laisse pas intimider par la « lettre d'excuses » de M. Franz Olivier Giesbert. Selon elle, « Le Point est depuis toujours un magazine d'actualité, il n'a jamais été un magazine humoristique. Ils cherchent un prétexte pour expliquer leurs propos discriminatoires ». Elle affirme que selon le résultat d'une enquête menée par SOS Racisme l'année dernière, la discrimination raciale à l'encontre de la communauté asiatique qui s'accentue dans la société française se traduit dans différents domaines et ce phénomène n'est pas pris au sérieux.
« Ce n'est pas une véritable lettre d'excuses, estime Wang Rui, porte-parole de l'AJCF, elle ne consiste qu'à expliquer leur soi-disant humour. L'auteur n'admet pas le message transmis dans son long article qui affirme que toutes les Chinoises sont des prostituées et que les hommes d'affaires chinois ne paient pas d'impôts. Il n'y a pas de classificateur dans cet article. »
Une audience de fixation est prévue pour le 24 janvier. D'après Mme Ganon, « nous avons remporté la victoire d'une première étape puisque nous sommes arrivés à attirer l'attention et la réflexion de la société française. J'espère que le tribunal acceptera notre plainte et que nous gagnerons le procès, avec le souhait de ne plus voir de tels actes à l'avenir. »
« SOS Racisme a accumulé une solide expérience en matière de procès dans le domaine de la discrimination raciale, note Wang Rui. Suite aux discussions avec le groupe juridique de SOS Racisme, nous sommes parvenus à la conclusion que nous avons une grande chance de gagner le procès si le juge accepte notre demande de procès. » |