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Jacques Malaterre : l'image au service du dialogue entre les cultures

Réalisateur français de documentaires et de fictions, Jacques Malaterre entretient depuis plus de trois décennies un lien étroit avec la Chine. Il y est venu pour la première fois en 1994 et y est retourné à de nombreuses reprises. En 2021, il a notamment participé à la préparation et au tournage du film sino-français « Les derniers secrets de l'humanité », consacré aux origines communes de l'humanité.
Invité au Forum culturel de Beijing 2026, Jacques Malaterre a accordé un entretien exclusif à China.org.cn. De son expérience de réalisateur en Chine à la transmission du patrimoine culturel, il a indiqué estimer que l'image pouvait contribuer au dialogue entre les cultures.
Une Chine transformée, des racines préservées
Lors de sa première venue en Chine en 1994, M. Malaterre a découvert un pays encore largement rural. Lorsqu'il y est revenu en 2021, il a été frappé par les transformations intervenues en près de trois décennies, dont notamment l'amélioration de la qualité de l'air, les infrastructures modernes, le réseau ferroviaire à grande vitesse et les transports urbains.
Mais au-delà des changements matériels, c'est la continuité culturelle qui l'a particulièrement marqué. « La grande force de la Chine, c'est de grandir avec son époque sans jamais couper ses racines », a affirmé le réalisateur.
Cette expérience a également fait évoluer son regard. Attaché à la Chine et à son peuple accueillant et chaleureux, il a depuis fait le choix d'inscrire ses projets audiovisuels dans une perspective sino-française. Il a notamment déclaré souhaiter aller au-delà des représentations préconçues et montrer une Chine contemporaine à travers des histoires racontées de l'intérieur.
Faire vivre le patrimoine par l'image
Pour M. Malaterre, le patrimoine ne doit pas être simplement conservé comme « quelque chose de mort derrière une vitrine ». Il doit être transmis et réapproprié par le public. « Il faut que les gens se réapproprient leur histoire », a-t-il expliqué, évoquant le cinéma comme un moyen privilégié de faire vivre cette mémoire.
Selon lui, connaître l'histoire et la civilisation de l'autre permet de mieux comprendre les différences et de dépasser la peur de l'inconnu. C'est dans cet esprit qu'il développe aujourd'hui plusieurs projets liés aux relations entre la Chine et la France, notamment autour du père Armand David, qui a fait connaître le panda géant au monde occidental, des travailleurs chinois en France pendant la Première Guerre mondiale, ainsi que des liens historiques entre Montargis et Beijing.
« Ce que je veux faire, ce ne sont pas des films français tournés en Chine. Je veux faire des films chinois qui racontent la Chine aux Français », a déclaré M. Malaterre, soulignant qu'il travaillait toujours avec des équipes locales afin de favoriser un véritable échange. Pour lui, une véritable coproduction ne consiste pas simplement à réaliser un projet dans plusieurs pays.
Renouveler les formes de transmission
Membre du jury de la première édition des prix Golden Panda, Jacques Malaterre a indiqué s'intéresser également à l'évolution des formes audiovisuelles. Selon lui, les œuvres capables de toucher un public international doivent s'appuyer sur de belles histoires, des émotions et des expériences humaines communes, tout en renouvelant les formes narratives.
Il voit notamment dans les vidéos courtes et le format vertical une nouvelle écriture cinématographique plutôt qu'une menace pour le cinéma. « Contrairement au format horizontal, le vertical est fait pour le corps humain et place le personnage directement dans la main du spectateur. L'écriture évolue, le monde évolue », a-t-il souligné.
Pour transmettre la culture aux plus jeunes, M. Malaterre préconise d'investir ces nouveaux formats. Tout l'enjeu, selon lui, réside dans la maîtrise des outils, tels que les smartphones ou l'intelligence artificielle (IA), afin que la technologie reste au service de la transmission culturelle et de la pensée.
« Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres »
C'est cette volonté de favoriser la compréhension mutuelle qui, selon M. Malaterre, donne tout son sens au Forum culturel de Beijing, qui se tient les 22 et 23 à Beijing autour du thème « Héritage, créativité et apprentissage mutuel ».
« Le but du forum, c'est justement de réfléchir à la manière dont on transmet le patrimoine, comment on raconte le patrimoine à l'autre pays, pour qu'il prenne conscience de qui je suis, de l'histoire commune que l'on a et de mes différences », a-t-il déclaré.
Déjà présent au forum deux ans auparavant, le réalisateur a indiqué considérer ces échanges comme une occasion de confronter les regards et de dépasser les représentations toutes faites d'une société à l'autre. À travers ses films et ses projets consacrés aux échanges entre la Chine et la France, Jacques Malaterre défend ainsi une même idée : faire vivre le patrimoine culturel tout en favorisant une meilleure connaissance mutuelle.
| Source:french.china.org.cn | ![]() |
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