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Quatre merveilles technologiques de la Chine ancienneet leur pertinence contemporaine

French.china.org.cn | Mis à jour le 24. 12. 2021 | Mots clés : civilisation chinoise,sciences et technologies

Un séminaire audio intitulé « Comprendre la Chine : la civilisation chinoise dans une perspective mondiale » est proposé par l'application mobile de la maison d'édition Sanlian et la maison d'édition Jiangsu People's Publishing. Les conférenciers invités sont des experts et universitaires de premier plan dans le domaine des études chinoises. Ils présenteront les résultats des recherches les plus pointues, feront part de leurs observations approfondies sur les questions chinoises, présenteront la littérature dans un contexte historique, toucheront aux sources de pensée les plus anciennes de la culture chinoise et, enfin, guideront les auditeurs à travers le monde complexe et varié de l'histoire intellectuelle de la Chine.

L'exploration de l'histoire des sciences et technologies en Chine est depuis plusieurs années un thème populaire de recherche. Jiang Xiaoyuan, professeur titulaire de la chaire de l'Institut d'histoire et de culture des sciences de l'Université Jiaotong de Shanghai, analyse la pertinence moderne de quatre anciennes merveilles technologiques chinoises.

La première est l'épée du roi Goujian, du royaume Yue. Le mystère qui entoure la fabrication technique de cette épée n'a toujours pas été entièrement résolu. La lame de l'épée présente un phénomène surprenant : si l'on touche certains des motifs en forme de losange sur la lame, on ne sent pas le relief alors que les motifs sont visiblement concaves. Les losanges protègent la lame de la rouille. Même avec les technologies modernes, les professionnels ne peuvent reproduire ces motifs. L'histoire de cette épée illustre le fait que les artisans de l'époque maîtrisaient leur métier d'une manière que nous ne maîtrisons plus aujourd'hui, et qu'il est faux de penser que les techniques anciennes étaient inférieures aux technologies modernes.

La mention « Pour l'usage personnel du roi Goujian » est gravée sur l'épée. (Photo : Zhao Jun/VCG)


La deuxième merveille technologique est le papier-monnaie Jiaozi des Song. On peut y voir à la fois une technologie financière et une technologie en matière d'artefact, dont l'histoire est très particulière. Les Chinois connaissaient déjà les lettres de change sous la dynastie des Tang, sous le nom de « monnaie volante ». L'idée était très simple, et c'est pourquoi il faut noter la technique relative à l'artefact. La dynastie des Song avait conscience de la nécessité d'empêcher la contrefaçon, car des faussaires étaient susceptibles de fabriquer de faux billets, aussi utilisait-on déjà à l'époque un papier spécial pour imprimer les Jiaozi. Ce qui est encore plus curieux, c'est qu'il existait des bandes organisées s'étant spécialisées dans les faux billets de banque déjà sous la dynastie des Song du Sud.

Un huizi émis sous la dynastie des Song du Sud et son moule gravé (remarque : le huizi était une monnaie gouvernementale émise par le ministère des Revenus sous la dynastie des Song du Sud en 1160, sur le modèle de la monnaie émise au Sichuan). (Photo/VCG)


Le troisième miracle technologique est la poudre à canon, une invention chinoise encore entourée de questions. Selon d'anciens documents chinois, la poudre à canon aurait été découverte accidentellement lors d'une explosion dans la salle des élixirs d'immortalité d'un alchimiste. Cette explosion aurait permis à l'alchimiste d'acquérir de nouvelles connaissances. Comment interpréter le fait qu'en 1044 déjà, l'ouvrage Principes généraux du classique de la guerre (Wujing Zongyao) de la dynastie des Song du Nord contenait plusieurs recettes de poudre noire ? Cela signifie que les armes équipées de poudre explosive faisaient déjà partie de l'équipement standard des militaires de la dynastie. Pour que la poudre à canon devienne un équipement standard de l'armée impériale, elle devait avoir atteint un haut niveau de développement, à l'issue d'un processus d'essais techniques.

L'ouvrage classique Principes généraux du classique de la guerre (Wujing Zongyao), écrit par Zeng Gongliang, Ding Du et Yang Weide en 1044. Cette édition a été publiée durant la 27e année de règne de l'empereur Wanli (1599) de la dynastie Ming. (Photo/VCG)


La quatrième merveille technologique est la forteresse de Diaoyu, ou Diaoyucheng. Les Occidentaux aiment évoquer la place particulièrement importante de ce château dans l'histoire des forteresses, car à partir de la Renaissance, ils ont cherché à créer une forteresse impénétrable, et le château de Diaoyu était considéré comme le mieux protégé de tous. Il a résisté à l'assaut des soldats mongols qui avaient dévasté le pays. Au fil des trente-sept ans qui se sont écoulés entre sa construction et le retour de la paix, il n'a pas succombé à la moindre attaque.

La muraille du château de Diaoyu (Photo : Wang Jiacheng/VCG)


Outre le site de construction, choisi pour profiter de la courbe du fleuve, le château de Diaoyu possède une structure inhabituelle d'alignement, avec une jetée derrière chacune des lignes, ce qui forme l'un des éléments décisifs de son caractère imprenable : même si l'ennemi attaque, le terrain et l'équipement des lignes de défense assurent la supériorité de la forteresse. La construction empêche également les tentatives de siège par l'ennemi. La construction du château de Diaoyu reflète les remarquables connaissances militaires de la Chine ancienne, qui sont toujours d'actualité dans le monde moderne.

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Source:french.china.org.cn