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Un dentiste reconverti dans le théâtre

French.china.org.cn | Mis à jour le 03. 05. 2013 | Mots clés : Wang Xiang, Penghao, dentiste, théâtre

Wang Xiang, dentiste, a succombé à l'art théâtral la première fois qu'il a vu une représentation. Il y a six ans, il a fondé le théâtre privé Penghao. Pour lui, plus qu'un simple spectacle, une pièce est avant tout un mode d'expression.

Chaque fois que Wang Xiang se remémore la première fois qu'il a assisté à la représentation de Copenhague, ses yeux brillent d'enthousiasme et d'excitation. Il s'agit de sa pièce de théâtre favorite : à ce jour, il l'a déjà vu une quarantaine de fois. Un jour, il avait même été jusqu'à acheter des places pour soixante de ses amis, dans le désir de partager sa passion avec d'autres. Poussé par son engouement pour le théâtre, Wang Xiang, ce dentiste de profession, a créé le premier théâtre privé de Beijing : le théâtre Penghao.

Pour M. Wang, ce théâtre pourvu d'une centaine de sièges seulement, disposés dans une salle de moins de 300 m2, constitue sa maison spirituelle. Les gens du milieu à Beijing considèrent que Penghao, plus qu'un simple théâtre privé, est un lieu qui dégage une atmosphère dramatique.

Quand j'ai rencontré Wang Xiang dans le café du théâtre Penghao, il était en train de prendre congé d'un ami, Philippe Bizot, grand maître français de mime. En 2010, M. Wang s'était rendu pour la première fois au Festival d'Avignon, et c'est à cette occasion que ces deux-là s'étaient rencontrés. Tous deux animés par leur amour pour le théâtre, ils étaient très vite devenus bons amis, malgré la barrière de la langue. Ils avaient coopéré à plusieurs reprises par la suite. « Ce monsieur est mon frangin », a même lancé M. Bizot.

Un dentiste mécontent de sa situation

En 1977, le système d'examen d'entrée à l'université a été rétabli, après dix années d'interruption sous l'impact de la Révolution culturelle. Cette année-là, les inscriptions étaient ouvertes à toutes les couches de la société, y compris travailleurs, paysans, jeunes instruits, anciens combattants, cadres et étudiants fraîchement diplômés du secondaire. Ces personnes ont accédé à des universités réputées, des écoles de médecine, des universités normales et des universités d'agriculture, et l'État leur a fourni un bon travail après leurs études. En 1977, Wang Xiang était précisément étudiant, et avant cette date, il avait servi en tant que soldat.

Dans les années 1980, Wang Xiang a intégré l'hôpital général de la marine chinoise. Il y a travaillé pendant dix ans et est devenu l'un des premiers chercheurs à traiter le sujet de l'implantation dentaire en Chine. Au cours des années 1990, surfant sur la vague de la réforme et de l'ouverture touchant la société chinoise, M. Wang a démissionné de son poste et emprunté 700 000 yuans à ses amis pour fonder la première clinique privée dentaire de Beijing. En fait, pour arriver à cette somme, il avait contracté un prêt de 300 000 au taux abusif de 30 % par an. Les gens disaient qu'il était fou.

Ce dentiste mécontent de sa situation avait également été invité à la radio pour y animer deux programmes à propos des maladies mentales, sur la Radio de Beijing.

Wang Xiang a aussi émigré un certain temps au Canada avec sa famille, mais a finalement choisi de revenir à Beijing. « À cette époque, j'avais quitté la Chine parce que je trouvais que l'environnement culturel chinois était relativement en retard. C'est pourquoi j'avais choisi d'aller au Canada. Mais une fois sur place, j'avais eu le sentiment d'abandonner en réalité plus de ressources culturelles que je n'en gagnais. Malgré ma réussite sur le plan professionnel, je ne voulais pas vivre dans un lieu dont je ne comprenais pas la culture. » Alors, il était rentré en Chine, choisissant de faire face à cette société rétrograde culturellement, avec en tête, l'objectif de l'améliorer. À l'heure actuelle, ses cliniques dentistes génèrent les fonds nécessaires pour poursuivre cette décision.

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Source: La Chine au Présent

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