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Sommet de Wuzhen 2026 : renforcer le rôle des pays en développement dans la gouvernance mondiale de l'IA (COMMENTAIRE)
Le Sommet de Wuzhen 2026 de la Conférence mondiale de l'Internet (WIC) se tiendra du 2 au 5 novembre à Wuzhen, dans la province chinoise du Zhejiang (est). Ayant pour thème « Ouverture et partage pour une communauté d'avenir partagé dans le cyberespace », l'évènement comprendra un dialogue consacré à l'intelligence artificielle (IA), des discussions sur le développement d'un écosystème mondial de l'IA open source, ainsi que des échanges sur le renforcement de la coopération en matière de gouvernance numérique et de progrès technologique.
L'expansion fulgurante de l'IA est en train de transformer les rapports de force économiques à l'échelle internationale, modifiant les dynamiques de l'innovation technologique, de la compétitivité économique, du développement national et de la gouvernance mondiale. Cette transformation s'opère toutefois dans un système international marqué par de profondes disparités en matière de capacités technologiques, de ressources financières, d'infrastructures numériques et d'influence institutionnelle.
Pour un pays en développement comme le Pakistan, le Sommet de Wuzhen revêt une importance qui dépasse les seules avancées technologiques. Il soulève notamment deux questions essentielles : quelle place les pays en développement peuvent-ils occuper dans la gouvernance mondiale de l'IA ? Et dans quelle mesure l'IA open source peut-elle renforcer leur autonomie technologique et économique ?
Les réponses à ces questions auront des implications majeures pour la souveraineté numérique, le développement économique et l'avenir de la gouvernance technologique mondiale.
Les inégalités dans la gouvernance mondiale de l'IA
Les applications de l'IA ont un impact universel sur nos sociétés, pourtant les capacités institutionnelles permettant de définir son développement se limitent dans les pays avancés en matière de technologie, les institutions de recherches et les grandes entreprises, alors que les pays en développement disposant de ressources financières et technologiques limitées manquent de l'expertise et de la représentation institutionnelle nécessaires pour participer pleinement à la gouvernance mondiale de l'IA.
Les Nations unies ont pris des mesures pour faire face à ce défi. Créé en vertu de la résolution 79/325 de l'Assemblée générale de l'ONU, le Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA offre une plateforme internationale inclusive et ouverte à l'ensemble des États membres. La première édition de ce dialogue, organisée à Genève en juillet 2026, a réuni des délégations de 163 pays, ainsi que des représentants de la société civile, du monde universitaire et du secteur privé.
Ces avancées témoignent d'une prise de conscience croissante au sein de la communauté internationale : la gouvernance de l'IA ne saurait rester l'apanage d'un cercle restreint de puissances technologiques. Pour être véritablement inclusive, elle doit garantir aux pays en développement non seulement un accès équitable à l'information et aux processus décisionnels, mais aussi les moyens institutionnels de faire entendre leur voix et d'influencer les décisions internationales.
L'IA open source : une chance pour les pays en développement de réduire les inégalités technologiques ?
Les pays en développement font face à un dilemme : l'IA open source peut-elle réduire les inégalités technologiques ?
Pour le Pakistan, cette question revêt une importance particulière, dans la mesure où son développement technologique repose largement sur des infrastructures importées, des logiciels étrangers, une expertise internationale et des investissements extérieurs. L'IA open source offre à cet égard une perspective potentiellement transformatrice, en rendant certaines ressources technologiques plus accessibles aux universités, aux entrepreneurs, aux instituts de recherche et aux entreprises nationales. Plutôt que de devoir développer chaque système technologique à partir de zéro, les pays disposant de ressources financières limitées peuvent adapter les outils existants à leurs propres besoins économiques, linguistiques et sociaux.
Au Pakistan, les applications potentielles couvrent notamment l'agriculture, la santé, l'éducation, l'industrie manufacturière, l'administration publique, l'adaptation au changement climatique et la gestion des catastrophes. Les universités peuvent développer leurs collaborations en matière de recherche, tandis que les institutions publiques peuvent améliorer la prestation de services grâce à des applications adaptées aux réalités nationales.
Le Sommet de Wuzhen peut ainsi offrir un cadre international propice à la mise en relation de ces ambitions nationales avec les échanges de connaissances et les réseaux de coopération à l'échelle mondiale.
La coopération sino-pakistanaise au service d'un développement numérique partagé
Forts de leurs relations bilatérales de longue date, la Chine et le Pakistan disposent déjà de solides bases de coopération économique, infrastructurelle et institutionnelle. Le Sommet de Wuzhen pourrait permettre d'élargir cette coopération au domaine numérique, en favorisant les partenariats entre universités pakistanaises, institutions de recherche chinoises et entreprises technologiques des deux pays. Ceux-ci pourraient notamment porter sur des projets de recherche conjoints, des échanges universitaires, des programmes d'entrepreneuriat et le développement d'applications répondant aux besoins du Pakistan.
Le Pakistan pourrait également tirer profit d'une coopération visant à développer des applications en langues locales, notamment en ourdou et dans les langues régionales. Une telle démarche permettrait d'étendre les bénéfices de l'innovation numérique au-delà des populations anglophones et des habitants des grandes villes. L'accent mis par la Chine sur l'ouverture et le développement partagé lors du Sommet de Wuzhen offre une occasion propice pour faire avancer cette approche.
La portée du Sommet de Wuzhen 2026 dépasse toutefois le cadre de la coopération bilatérale, alors qu'il pourrait contribuer à l'émergence d'un ordre numérique international plus représentatif.
Pour les pays en développement, l'avenir de la gouvernance de l'IA ne devrait pas être déterminé uniquement par la prééminence technologique ou le poids financier des différents acteurs. Il devrait également reposer sur des principes d'équité en matière de développement, d'autonomie dans la définition des politiques nationales, de diversité culturelle et de responsabilité internationale partagée. Un cadre plus inclusif devrait tenir compte des différences entre les pays en matière de capacités économiques et de priorités de développement. Les dispositifs de gouvernance conçus pour les économies technologiquement avancées doivent parfois être adaptés avant de pouvoir être efficacement mis en œuvre dans des environnements disposant de ressources limitées.
En mettant l'accent sur une gouvernance numérique inclusive fondée sur l'ouverture, la coopération et le partage des bénéfices, le Sommet de Wuzhen 2026 offre une occasion particulièrement opportune de repenser les liens entre innovation technologique, inégalités mondiales et développement durable.
Traduit d'un article en anglais écrit pour french.china.org.cn par le Dr Waseem Ishaque, directeur du Centre d'études chinoises à l'Université nationale des langues modernes (NUML) d'Islamabad, au Pakistan.
| Source:french.china.org.cn | ![]() |
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