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Les Jeux mondiaux des robots humanoïdes ont pris fin, mais la course continue pour les robots chinois

French.china.org.cn | Mis à jour le 27. 08. 2026 | Mots clés : robots humanoïdes
french.china.org.cn | 27. 08. 2026

Les 2e Jeux mondiaux des robots humanoïdes se sont achevés à Beijing, témoignant des progrès rapides et du potentiel de ces technologies dans la vie réelle

Alors que les lumières s'éteignaient sur l'Anneau national de patinage de vitesse de Beijing, surnommé le « Ruban de glace », cinq jours de courses, de sauts et de compétitions ont pris fin. Les records établis et les limites repoussées sur la piste ont néanmoins offert un aperçu d'un avenir de plus en plus prometteur pour l'industrie chinoise de l'intelligence artificielle (IA) incarnée.

Comparé à la première édition des Jeux, qui avait réuni l’année dernière 280 équipes et plus de 500 robots s’affrontant dans 26 épreuves, l'événement de cette année a connu une expansion considérable, rassemblant durant cinq jours 666 équipes et 2 056 robots venus de 16 pays pour 1 301 matchs répartis sur 51 épreuves.

Plusieurs experts et professionnels du secteur ont confié au Global Times que, par rapport à l'année dernière, les robots humanoïdes ne s’étaient pas contenté de « courir plus vite et de sauter plus haut », mais avaient réalisé des progrès fulgurants en matière de perception autonome, de prise de décision en temps réel et de collaboration multi-robots. Sur le terrain, ce ne sont pas seulement les records de vitesse et de hauteur qui ont été repoussés, mais les limites mêmes du potentiel des robots humanoïdes.

Repousser les limites

La série de performances impressionnantes réalisées lors de ces Jeux a redéfini les attentes quant aux capacités physiques des robots humanoïdes.

Comparé aux premiers Jeux, les robots humanoïdes ont réalisé des progrès remarquables dans plusieurs épreuves d'athlétisme. Le record du 400 mètres (grand format) est passé de 1 min 28 s 03 à seulement 38,15 secondes, tandis que celui du 1 500 mètres est passé de 6 min 34 s 40 à juste 2 min 21 s 64. Le saut en hauteur sans élan est passé de 0,96 mètre à 3,40 mètres, et le saut en longueur sans élan de 1,25 mètre à 4,83 mètres. Sur l’épreuve du 100 mètres, très suivie, le record a chuté de 21,50 secondes l'an dernier à 8,64 secondes.

Ces progrès spectaculaires d'une année sur l'autre témoignent de la rapidité avec laquelle les robots humanoïdes progressent en termes de vitesse, de puissance explosive, d'équilibre et de contrôle des mouvements.

Lors de l'une des épreuves les plus scrutées des Jeux, le 100 mètres, le robot Tiangong Ultra, développé par le Centre d'innovation en robotique humanoïde de Beijing, a réalisé un temps de 8,64 secondes, améliorant ainsi son record personnel établi la veille à 8,86 secondes. À titre de comparaison, le record du monde masculin du 100 mètres est détenu par la légende jamaïcaine du sprint, Usain Bolt, avec un temps de 9,58 secondes.

L'amélioration d'une année sur l'autre est encore plus frappante : le meilleur temps de Tiangong au 100 mètres lors des premiers Jeux en 2025 était de 21,50 secondes, ce qui signifie qu'il a réduit son temps à moins de 9 secondes en seulement un an.

Des progrès similaires ont été observés dans d'autres épreuves. Tiangong a réalisé un chrono de 38,15 secondes au 400 mètres, soit plus rapide que le record du monde masculin de 43,03 secondes, tandis que le robot Tianzhuo a établi mardi un nouveau record du monde de saut en hauteur sans élan pour robots à 3,40 mètres. Bien que les épreuves robotiques et humaines ne soient pas directement comparables en raison des différences de règles et de conditions, ces résultats mettent en lumière les progrès rapides réalisés par les robots humanoïdes en matière de puissance explosive, d'équilibre et de contrôle des mouvements à haute vitesse.

Plus remarquable encore que le simple fait de « courir plus vite et de sauter plus haut » est la capacité croissante des robots à percevoir, à prendre des décisions et à collaborer à grande vitesse.

Au relais 4 × 100 mètres, l'équipe Tiangong a été la seule à terminer la course et à atteindre la finale, remportant la victoire en 4 min 11 s 44. Shan Songjunjie, membre de l'équipe, a confié au Global Times que l'un des plus grands défis résidait dans le passage de témoin, pourtant d'apparence simple. Sur une piste de seulement 2,1 mètres de large, les grands robots humanoïdes faisaient face au risque d'entrer en collision s'ils suivaient des trajectoires prédéfinies à grande vitesse.

« Le relais nous permet de mieux comprendre le comportement dynamique des robots à haute vitesse, dont notamment l'accélération, la décélération et la coordination », a-t-il déclaré.

Sur le terrain de football, les robots « réfléchissent » également plus vite. Cheng Hao, de Booster Robotics, a expliqué au Global Times que son robot T2, participant à l'épreuve de football de cette année, disposait d'une puissance de calcul embarquée supérieure à celle du T1 de l'année dernière. Il lui faut seulement 100 millisecondes pour passer de la « détection du but » à la « décision de tir », soit environ un tiers du temps d'un clignement d'œil humain.

L'arbitre Cui Jie, qui officie au saut en hauteur sans élan depuis deux ans, a également constaté ces progrès rapides. Il a indiqué au Global Times que les robots sautaient moins d'un mètre l'an dernier, contre plus de trois mètres cette année. Plus important encore, alors que de nombreuses épreuves reposaient auparavant sur le contrôle à distance, de plus en plus de robots concourent désormais de manière autonome, un changement particulièrement visible dans les courses à pied.

Ces progrès rapides ont également impressionné les participants étrangers. Harold Ruiter, des Pays-Bas, a participé deux années de suite en tant qu'opérateur de robot lors de l'épreuve de football à 5 contre 5. Il a qualifié d'« incroyable » le rythme de développement de la robotique humanoïde en Chine au cours de l'année écoulée. Du sprint au saut en longueur, en passant par le tennis et le marathon de robots humanoïdes, il a souligné que les progrès étaient remarquables.

« Si ça continue comme ça, j'ai vraiment hâte de voir où nous en serons l'année prochaine », a ajouté M. Ruiter. Son équipe utilise également des robots de fabrication chinoise. Il a expliqué que les équipes de différents pays s’étaient affrontées sur le terrain tout en échangeant des idées et en s'entraidant pour résoudre les problèmes. « Au final, nous voulons tous que ces robots soient meilleurs. »

De l'arène au monde réel

Mais à quoi cela sert concrètement de courir plus vite et de sauter plus haut ?

« Ces compétitions sont avant tout des tests », a déclaré Zhou Changjiu, président de la Confédération Asie-Pacifique de la RoboCup (RCAP). Le sprint sur 100 mètres teste la vitesse, tandis que le marathon met également à l'épreuve l'endurance, l'autonomie de la batterie et la gestion thermique, a-t-il précisé. Si les robots sont un jour déployés dans des zones reculées ou en agriculture, leur endurance sera cruciale.

Le football représente un test plus complexe. Les robots doivent non seulement courir, mais aussi identifier le ballon, leurs coéquipiers et leurs adversaires, tout en prenant des décisions autonomes et en se coordonnant entre eux dans un environnement dynamique. M. Zhou a expliqué que ces compétitions testaient simultanément de multiples capacités, notamment l'intelligence, la manipulation, l'interaction et la sécurité – autant d'éléments essentiels pour un déploiement concret dans les foyers, les usines, les hôpitaux et les services d'urgence.

Les Jeux de cette année ont placé la barre plus haut en matière de capacités réelles pour les robots, avec 21 épreuves axées sur des applications concrètes et couvrant neuf scénarios, dont les foyers, les hôtels, les environnements industriels, les interventions d'urgence et le commerce de détail. Au lieu d'effectuer une tâche unique, les robots ont dû réaliser des opérations continues pouvant durer de 20 à 30 minutes.

Lors de l'épreuve « foyer », les robots ont dû ranger des objets, manipuler des vêtements et répondre à de nouvelles instructions avant de reprendre les tâches interrompues. Lors des épreuves « restaurant » et « commerce de détail », ils ont dû comprendre les demandes, utiliser des outils, sélectionner et réapprovisionner des produits et gérer des situations imprévues. Plutôt que de maîtriser une action unique, ces tests visaient à évaluer la capacité des robots à accomplir de manière autonome une séquence de tâches sur une période prolongée.

Les robots Galbot ont remporté trois médailles d'or lors des épreuves de scénarios. Wang He, fondateur et directeur technique de Galbot, a déclaré au Global Times que les épreuves de cette année étaient nettement plus exigeantes que celles de l'année précédente. Lors de l'épreuve domestique, par exemple, un parcours entièrement autonome a duré plus de 20 minutes, la moindre interruption ayant un impact sur le score final.

« Ce genre de défis permettent au secteur de mieux appréhender les capacités réelles des modèles actuels et de voir où en sont les technologies de pointe », a affirmé M. Wang. Les robots Galbot ont concouru en mode entièrement autonome dans les catégories domestique, de restauration et de vente au détail, remportant la médaille d’or dans les trois épreuves.

Cependant, les succès en compétition ne signifient pas que les robots sont prêts à entrer dans nos foyers dès demain. M. Wang a expliqué que les robots pouvaient déjà effectuer des tâches telles que la manipulation de vêtements après un entraînement ciblé, mais que leur taux de réussite pourrait diminuer face à des objets ou des environnements inconnus.

Chen Jing, vice-président de l'Institut de recherche en technologie et stratégie, a déclaré au Global Times que la nette amélioration des performances des robots et le développement des compétitions axées sur les applications témoignaient de la transition que subit l'industrie chinoise de l'IA incarnée, passant de la validation de concept en laboratoire vers une production à petite échelle et un déploiement commercial.

Selon M. Chen, la base industrielle et les chaînes d'approvisionnement chinoises, très complètes, permettent une conception, une production et une itération plus rapides et moins coûteuses. Par ailleurs, la diversité des applications – de la production et de la logistique aux services commerciaux et domestiques – offre des environnements réels pour les tests et les améliorations.

Cependant, passer de la compétition au déploiement en conditions réelles reste un défi. M. Chen a identifié la fiabilité, le coût, la dextérité et la généralisation comme des obstacles majeurs à une adoption à grande échelle, soulignant que l'utilisation en conditions réelles exigeait des robots qu'ils fonctionnent de manière fiable sur de longues périodes dans des environnements complexes et changeants.

Zhou Changjiu, de la RCAP, a également mis en lumière un facteur souvent négligé : la confiance. « Ce n'est que lorsque les gens auront véritablement confiance dans la sécurité, la fiabilité et le contrôle des robots que ces derniers pourront intégrer les foyers, les usines, les hôpitaux et les services d'urgence », a-t-il déclaré.

Lors des Jeux, cette distance entre les humains et les robots a semblé déjà se réduire.

Le Global Times a constaté que de nombreux enfants applaudissaient lorsque les robots marquaient un but, réussissaient un saut ou franchissaient la ligne d'arrivée, ou à l’inverse soupiraient de déception lorsqu'ils échouaient.

Un petit robot de 80 centimètres de haut, surnommé « Petite Bouteille de Lait », a attiré l'attention d'un petit garçon. Tirant sur la manche de sa mère, il s'est exclamé : « J'en veux un !»

Ce rêve est désormais à portée de main. Kang Haojie, de High Torque Robotics, a déclaré au Global Times que ce robot pesait environ 13 kilogrammes et était déjà disponible à la vente pour 39 800 yuans (5 922 dollars). Malgré sa petite taille, il a participé à de nombreuses épreuves, dont le 100 mètres, le 400 mètres, la course d'obstacles, le saut en hauteur sans élan et les arts martiaux.

Alors que les robots quittaient l'arène et que les acclamations des spectateurs s'estompaient peu à peu, le véritable test ne faisait que commencer. La prochaine « piste de course » pour ces robots sera le monde réel, sans voies balisées ni réponses prédéfinies.

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Source:french.china.org.cn