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​Le Xizang affiche les contours d'un développement durable et partagé

French.china.org.cn | Mis à jour le 24. 08. 2026 | Mots clés : Xizang
french.china.org.cn | 24. 08. 2026

Le 1er septembre 2026 marque le 61e anniversaire de la création de la Région autonome du Xizang. En six décennies, le « toit du monde » a connu des transformations profondes. Derrière les chiffres de croissance, les grands projets d'infrastructure ou l'essor du tourisme, c'est une mutation d'ensemble qui se dessine : une économie plus diversifiée, des conditions de vie nettement améliorées, une plus grande intégration entre les différents groupes ethniques et une attention croissante portée à la préservation d'un environnement exceptionnel. À l'heure où le Xizang entre dans une nouvelle étape de son développement, son expérience offre ainsi un cas particulier de modernisation dans un territoire aux contraintes géographiques et écologiques hors du commun.

Une économie qui change d'échelle

Le premier indicateur de cette transformation est sans doute la progression de l'économie. En 1965, année de la création de la Région autonome, le produit intérieur brut du Xizang s'élevait à seulement 327 millions de yuans. En 2025, il atteignait 303,189 milliards de yuans. Au cours du 14e Plan quinquennal, le PIB régional a progressé en moyenne de 6,3 % par an.

L'année 2025, dernière année du 14e Plan quinquennal, illustre cette dynamique. Le PIB tibétain a augmenté de 7 %, avec une progression particulièrement forte de l'agriculture et de l'industrie. La valeur ajoutée du secteur primaire a augmenté de 12,1 %, celle du secteur secondaire de 9,6 % et celle du secteur tertiaire de 4,7 %. Cette évolution traduit aussi une diversification progressive d'une économie longtemps dominée par l'agriculture et l'élevage.

Le Xizang cherche aujourd'hui à valoriser ses avantages propres : agriculture et élevage de haute altitude, énergies propres, tourisme et culture, médecine tibétaine, industrie verte, produits agricoles et pastoraux transformés, logistique et économie numérique. Les infrastructures constituent l'un des principaux leviers de cette transformation. Fin 2025, le réseau routier régional atteignait 125 200 kilomètres et le réseau ferroviaire exploité s'élevait à 1 359 kilomètres dès la fin 2024. Les routes reliaient désormais l'ensemble des bourgs, tandis que le taux d'accès routier des villages administratifs atteignait 92,48 %.

Cette amélioration de la connectivité ne concerne pas seulement les échanges commerciaux. Elle réduit également l'isolement de nombreuses communautés, facilite l'accès aux services publics et crée de nouvelles possibilités pour les habitants des zones rurales et frontalières.

Des conditions de vie qui s'améliorent davantage 

La réussite d'un processus de développement ne se résume toutefois pas à la croissance du PIB. Elle se mesure surtout à ses effets sur la vie des populations. Sur ce terrain également, les changements intervenus au Xizang sont considérables.

En 2025, le revenu disponible par habitant des résidents urbains s'élevait à 58 794 yuans, tandis que celui des habitants ruraux atteignait 23 184 yuans. Au cours de la même année, ces revenus ont progressé respectivement de 6 % et de 7,4 %.

L'amélioration des infrastructures de transport, d'énergie, d'eau et de télécommunications a contribué à rapprocher les conditions de vie des zones urbaines et rurales. Dans les régions frontalières, les progrès sont particulièrement visibles : les chefs-lieux de cantons disposent désormais de la 5G et de réseaux à très haut débit, tandis que le réseau électrique principal s'est étendu aux nouveaux villages frontaliers.

Le développement humain passe également par l'éducation, la santé et la protection sociale. L'objectif poursuivi est de faire en sorte que la modernisation ne soit pas limitée aux grands centres urbains, mais qu'elle bénéficie également aux populations rurales et pastorales. Le développement des industries locales, de l'agriculture spécialisée et du tourisme permet en outre de créer des emplois et de diversifier les sources de revenus.

Cette approche contribue à expliquer pourquoi la lutte contre la pauvreté a constitué une dimension importante de la transformation du Xizang. Le développement des infrastructures, la formation professionnelle, le soutien aux activités productives et l'amélioration des services publics ont progressivement renforcé la capacité des populations locales à participer elles-mêmes à la croissance.

Un développement placé sous le signe de l'unité

Dans une région caractérisée par une grande diversité culturelle et ethnique, le développement économique est également associé à la promotion de l'unité entre les différents groupes ethniques.

La construction d'une communauté nationale chinoise autour d'un destin commun est devenue l'un des axes importants des politiques de développement. Dans la pratique, cela se traduit notamment par l'amélioration des services publics, la mobilité accrue des populations, les échanges éducatifs et culturels ainsi que différents programmes favorisant les contacts entre régions et entre groupes ethniques.

Au cours du XIVe Plan quinquennal, le Xizang a consacré 6,115 milliards de yuans à des programmes liés au développement des zones habitées par les minorités ethniques, avec 1 543 projets portant notamment sur le développement des zones frontalières, les industries locales et la formation professionnelle. 

L'enjeu est à la fois de permettre à chaque groupe ethnique de préserver et de développer sa culture et de favoriser les échanges et la participation commune au processus de modernisation. Le développement des infrastructures et des services publics contribue ici à créer davantage d'occasions de coopération et de mobilité.

Protéger le « toit du monde »

Un autre pilier de cette transformation est écologique. Le Xizang occupe une position stratégique pour l'environnement de la Chine et de l'Asie. Le plateau Qinghai-Xizang est à la fois un château d'eau majeur du continent asiatique et un espace abritant des écosystèmes d'une exceptionnelle fragilité. Dans ces conditions, la croissance économique ne peut être durable que si elle s'accompagne d'une protection stricte des ressources naturelles.

Les résultats récents sont significatifs. En 2025, 1,48 million de mu de nouvelles plantations forestières ont été réalisées, tandis que 5,17 millions de mu de prairies dégradées ont fait l'objet d'une restauration. Le taux de journées où la qualité de l'air est jugée bonne ou excellente est resté supérieur à 99 %, tandis que les principaux cours d'eau, lacs et sources d'eau potable ont affiché un taux de conformité de 100 %.

La restauration des anciennes mines constitue un autre exemple. Un projet de réhabilitation écologique dans le sud-ouest du plateau Qinghai-Xizang a permis de restaurer 305 sites miniers abandonnés. Ces efforts illustrent une évolution importante : l'environnement n'est plus considéré comme une simple contrainte pesant sur le développement, mais comme un capital à préserver et une condition de la prospérité future.

Cette orientation se retrouve dans les nouvelles priorités du XVe Plan quinquennal, qui entend poursuivre la transition verte, développer les énergies propres et renforcer les mécanismes permettant de valoriser économiquement les produits et services écologiques.

Le bilan des six dernières décennies montre l'ampleur du chemin parcouru. Mais il rappelle aussi que le développement du Xizang reste un projet de long terme. Pour les prochaines années, la question essentielle sera de transformer davantage les avantages du territoire en opportunités pour sa population, tout en maintenant la protection écologique comme une ligne directrice.


Par Jacques Fourrier (L'auteur est un journaliste et commentateur français basé à Beijing depuis les années 1990)

Les articles d'opinion reflètent les points de vue de leurs auteurs, et ne sont pas nécessairement représentatifs des opinions de french.china.org.cn.


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Source:french.china.org.cn