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Les robots humanoïdes peuvent-ils évoluer au-delà des épreuves sportives ?

French.china.org.cn | Mis à jour le 24. 08. 2026 | Mots clés : Jeux mondiaux des robots humanoïdes
french.china.org.cn | 24. 08. 2026

Sur la piste bleue de l'Anneau national de patinage de vitesse, des robots se sont affrontés dimanche lors d'une course de 400 mètres. Un robot Tien Kung, lancé à pleine vitesse, a été déséquilibré par un robot adverse allongé sur la piste, mais n'est pas tombé. Il s'est redressé en quelques secondes et a franchi la ligne d'arrivée en 38,15 secondes, battant ainsi le record du monde humain du 400 mètres (43,03 secondes), détenu par le Sud-Africain Wayde van Niekerk.

Cette scène s'est déroulée lors du premier jour de compétition officielle des 2e Jeux mondiaux des robots humanoïdes. Plus tard dans la soirée, un robot humanoïde nommé Lightning, développé par Honor Co., a battu le record du monde humain du 1 500 mètres (3 minutes 26 secondes), détenu depuis longtemps par le Marocain Hicham El Guerrouj, en réalisant un temps de 2 minutes 30 secondes et 22 centièmes. La veille, lors des démonstrations de sprint sur 100 mètres et de saut en hauteur de la cérémonie d'ouverture, des robots humanoïdes avaient déjà pulvérisé des records longtemps détenus par les athlètes humains Usain Bolt et Javier Sotomayor – un simple avant-goût de ce spectacle de science-fiction de cinq jours.

Les Jeux ont attiré 666 équipes venues de 16 pays, soit une augmentation de 138 % par rapport à la première édition. Le nombre de robots participants a quadruplé pour atteindre 2 056, a appris le Global Times auprès du comité d'organisation.

Le changement le plus important cette année réside non seulement dans l'ampleur de la compétition, mais aussi dans sa maturité technologique. De plus en plus d'équipes sont passées de robots télécommandés à des systèmes entièrement autonomes. Après avoir assisté à plusieurs épreuves, des observateurs chinois ont déclaré que les robots humanoïdes ne se contentaient plus de simples démonstrations de marche ou de danse. Ils sont de plus en plus testés dans des environnements exigeant vitesse, coordination, perception et prise de décision.

Du mouvement à l'intelligence

Derrière ces performances record se trouve toute une série d'améliorations technologiques. Lors des épreuves de course, les journalistes du Global Times ont observé que les robots étaient capables d'effectuer des mouvements subtils au niveau des articulations de la hanche pendant la marche, ce qui leur permet de maintenir leur équilibre et de reproduire des mouvements plus proches de la biomécanique humaine.

Guo Yijie, directeur technique de Tien Kung Ultra, a expliqué que cette amélioration était due aux progrès réalisés dans la conception matérielle.

« Les articulations des robots ont gagné en mobilité et en vitesse. Face à la demande croissante de puissance énergétique lors des épreuves, la fiabilité de la carte de contrôle principale, de la carte d'alimentation et la capacité de décharge rapide de la batterie sont devenues primordiales », a affirmé M. Guo au Global Times.

Selon lui, le même robot Tien Kung a été utilisé pour les épreuves de sprint et de saut. En course, la rotation de la taille est nécessaire pour compenser l'inertie générée par les mouvements des jambes. En saut, le haut du corps doit effectuer un mouvement d'inclinaison pour permettre au robot d'atteindre une plus grande distance ou une plus grande hauteur, a précisé M. Guo, soulignant que ces mouvements avaient été obtenus avec de légers ajustements de la configuration de la taille, et que cela avait clairement démontré la flexibilité de la conception du robot.

Outre les améliorations matérielles, les progrès réalisés en matière de prise de décision plus rapide des robots ont été particulièrement visibles dans les épreuves de football.

Le robot Booster T2, utilisé par de nombreuses équipes chinoises et internationales pour les épreuves de football, a décuplé sa capacité de calcul embarquée par rapport à la génération précédente. Le temps entre la reconnaissance du but et la décision de passer ou de tirer a été réduit à environ 100 millisecondes, soit plus vite qu'un clignement d'œil humain.

Cheng Hao, représentant technique de Boosters Robotics, a déclaré que cette amélioration représentait une transformation « bout-à-bout » de l'intelligence embarquée.

« Auparavant, les robots fonctionnaient par étapes distinctes : perception, planification, prise de décision et exécution. Chaque étape était indépendante. Maintenant, grâce à un modèle de base de mouvement bout-à-bout, les données visuelles peuvent directement générer des commandes de contrôle articulaire », a souligné M. Cheng.

Les épreuves de tennis de table et de tennis récemment introduites permettent également de tester une autre capacité importante : la perception.

« Les robots passent de la simple reconnaissance de la position tridimensionnelle d'une balle à la compréhension des mouvements des adversaires et d'environnements plus complexes », a expliqué Li Yinghui, chercheuse postdoctorale et chef de l'équipe de l'Université de Hong Kong, lors de l'événement de tennis de table. Ces capacités développées dans le cadre sportif pourraient à terme être transférées à d'autres domaines, industriels ou de la vie quotidienne, a-t-elle ajouté.

Au-delà du divertissement

Bien que les vidéos des compétitions de robots aient fait le buzz sur les réseaux sociaux, certaines critiques sont apparues dans des médias étrangers, se demandant pourquoi les robots devraient danser, jouer au football ou faire de l'athlétisme, arguant que ces activités étaient loin des besoins quotidiens.

Zhou Changjiu, vice-président de la Fédération RoboCup et de l'Association des épreuves de robotique Asie-Pacifique (RCAP), a souligné que les compétitions de robots n'étaient pas uniquement destinées au divertissement. « Ces épreuves testent les capacités nécessaires pour que les robots humanoïdes fassent leur entrée dans le monde réel. »

Différentes épreuves évaluent différentes aptitudes. Le sprint teste la vitesse, le marathon examine l'autonomie de la batterie et la gestion de l'énergie, tandis que le football offre un test complet grâce à sa nature dynamique et imprévisible, mettant à l'épreuve simultanément l'intelligence, la manipulation, l'interaction, la sécurité, le coût et la confiance, a déclaré M. Zhou.

Contrairement à une démonstration à tâche unique, le football exige de la coopération entre les robots. Les joueurs doivent comprendre leurs rôles respectifs, reconnaître leurs coéquipiers et leurs adversaires, et prendre des décisions collectives – une forme d'intelligence collective qui pourrait devenir essentielle lorsque les robots travailleront ensemble dans les foyers, les usines et les services de secours d'urgence.

Le divertissement, cependant, peut générer des opportunités commerciales. Gu Jinghai, directeur de la marque EYOU Robot Co, a indiqué au Global Times que son entreprise avait vendu 95 000 articulations intégrées en Chine en 2025 et prévoyait de dépasser le million d'unités vendues en 2026. Cette croissance provient principalement des articulations planétaires utilisées dans les robots de divertissement, tandis que les articulations harmoniques pour les robots industriels sont également en progression constante, a-t-il précisé.

Jiao Jichao, cadre chez UBTECH Robotics, a déclaré que les critiques selon lesquelles « les robots chinois ne savent que chanter et danser » ne reflétaient qu'une étape transitoire de leur développement. « La performance et la danse répondent à de véritables besoins commerciaux et leur existence a une réelle valeur », a-t-il souligné. « Au-delà du divertissement, les robots chinois démontrent déjà des capacités intelligentes qui permettent des applications concrètes dans le secteur manufacturier, et des partenariats ont été établis avec des entreprises comme Huawei et Foxconn, où les robots sont déjà intégrés aux chaînes de production pour des applications à petite échelle. »

Le 15e Plan quinquennal (2026-2030) de développement économique et social de la Chine stipule que le pays mettra en place un système de formation complet pour que les industries du futur, dont notamment l'intelligence incarnée, deviennent de nouveaux moteurs de croissance économique.

Zhou Changjiu a noté que le développement des robots humanoïdes ne se limitait pas aux machines individuelles, mais visait à construire un écosystème complet.

« L'avantage de la Chine réside dans sa chaîne d'approvisionnement complète, la multitude de cas d'application et ses capacités de production, même si ce secteur en pleine croissance est confronté à des défis tels que l'absence de normes unifiées », a indiqué M. Zhou.

Gu Jinghai a fait savoir qu'EYOU Robot Co avait lancé la production en série d'articulations robotiques conformes aux normes nationales des pièces automobiles.

Les compétitions de robots peuvent contribuer à résoudre ces problèmes en établissant des normes communes dans des domaines tels que les règles de compétition, les dimensions des robots, les systèmes de communication, les batteries et les modules d'articulation. « À mesure que les applications se développent, le coût des composants clés des robots continuera de baisser », a affirmé M. Zhou.

« Les chiffres sont essentiels », a-t-il ajouté. « Si la production d'un seul robot coûte très cher car il est fabriqué à la main, la production d'un million de robots modifiera complètement la structure des coûts. »

Pour les robots humanoïdes, la course qui se déroule au Ruban de glace ne se résume peut-être pas à savoir qui franchira la ligne d'arrivée en premier, mais plutôt à savoir si ces machines sont capables d'apprendre à naviguer dans la course bien plus complexe qui se déroule à l'extérieur du stade : la course vers le monde réel.


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Source:french.china.org.cn