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COMMENTAIRE : L'intégration, et non la séparation, est le moteur de l'avenir économique des deux rives du détroit de Taïwan

French.china.org.cn | Mis à jour le 10. 04. 2026 | Mots clés : Taïwan,Chine
french.china.org.cn | 10. 04. 2026

À l'invitation du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et de son secrétaire général Xi Jinping, Cheng Li-wun, présidente du parti chinois Kuomintang (KMT), effectue du 7 au 12 avril une visite dans la partie continentale de la Chine, menant une délégation dans la province du Jiangsu (est), à Shanghai et à Beijing.

Ce voyage témoigne d'une aspiration commune à la paix et au développement de part et d'autre du détroit de Taïwan.

Plus qu'un simple échange de haut niveau entre partis, cette visite envoie un signal constructif dans un contexte d'incertitude croissante sur la scène internationale et de situation politique complexe sur l’île.

Elle souligne une réalité incontestable : l'approfondissement de l'intégration économique entre les deux rives du détroit est non seulement stratégiquement important, mais aussi de plus en plus urgent.

L'opinion publique taïwanaise confirme ce sentiment. De récents sondages montrent que la plupart des Taïwanais sont favorables à la reprise du tourisme transdétroit et à la relance des mécanismes de dialogue.

Depuis son accession à la tête du KMT, Mme Cheng a maintes fois exprimé son intention de se rendre dans la partie continentale de la Chine afin de renforcer la coopération entre partis et l’engagement entre les deux rives du détroit.

Elle a également souligné que Taïwan était souvent dépeinte par certains médias étrangers comme « l'endroit le plus dangereux au monde ». Sa visite vise à insuffler un climat de convivialité et de stabilité aux relations entre les deux rives, en mettant l'accent sur les industries et les milieux d'affaires taïwanais, ainsi que sur la stabilité régionale au sens large.

En articulant son voyage autour des enjeux économiques et sociaux, Mme Cheng répond directement aux aspirations de l'opinion publique taïwanaise, qui réclame la paix, le développement, les échanges et la coopération.

Son itinéraire, qui couvre le delta du Yangtsé et Beijing, reflète non seulement l'étendue géographique du voyage, mais aussi la logique structurelle de l'intégration économique entre les deux rives du détroit.

Le Jiangsu, Shanghai et Beijing forment ensemble un « triangle d'or » aux atouts complémentaires : les pôles de production de pointe du Jiangsu comprenant des entreprises financées par des capitaux taïwanais ; le rôle de Shanghai en tant que centre financier et d'innovation mondial ; et la position de Beijing comme centre politique et technologique.

Avec plus de quarante ans d'engagement profond, les entreprises taïwanaises sont déjà solidement ancrées dans cet écosystème, tandis que la demande intérieure croissante de la partie continentale de la Chine continue de créer des opportunités dans la production de pointe et l'économie numérique.

La structure et le déroulement de la visite de Mme Cheng mettent en lumière l'intégration économique comme voie essentielle pour améliorer les relations entre les deux rives du détroit et jeter les bases d'une stabilité durable.

Le Jiangsu, première étape de sa visite, est au cœur de la coopération industrielle transdétroit. Pôle manufacturier de longue date pour les entreprises à capitaux taïwanais et porte d'entrée vers le marché de la partie continentale de la Chine et le delta du Yangtsé, cette province illustre parfaitement l'intégration transdétroit en action.

Les entreprises taïwanaises ont investi un total cumulé de 60,2 milliards de dollars dans le Jiangsu, soit plus de 30 % de leurs investissements totaux dans la partie continentale de la Chine.

Plus de 3 000 de ces entreprises sont de taille supérieure à la taille désignée. L'interdépendance économique entre les deux rives du détroit est profondément enracinée dans le Jiangsu, et s'en défaire n'est ni pratique ni souhaitable. Pour de nombreuses entreprises taïwanaises, l'intégration n'est pas seulement un choix politique, mais une condition essentielle à leur survie et à leur croissance.

Shanghai, deuxième étape de la tournée, illustre le savoir-faire de pointe de la partie continentale de la Chine. Centre financier international et pôle d'innovation technologique, la ville offre un aperçu du développement économique futur.

L'attention se porte ici sur la manière dont les atouts de Taïwan – notamment dans les semi-conducteurs et les biotechnologies – peuvent mieux s'intégrer aux capitaux, aux marchés et aux écosystèmes d'innovation de la partie continentale de la Chine.

La présence d'entreprises comme Hestia Power, l'une des rares licornes taïwanaises de ces dernières années, démontre que l'intégration entre les deux rives du détroit s'étend déjà à des secteurs à plus forte valeur ajoutée.

Le rôle de Shanghai est d'accélérer cette transition, en développant la collaboration dans les domaines de la finance, de la recherche et du développement (R&D) et des services modernes, tout en renforçant la compétitivité mondiale des deux parties.

Enfin, Beijing, centre politique de la Chine, constitue la plateforme centrale d'un dialogue transdétroit de haut niveau, où les questions économiques et politiques sont abordées au plus haut niveau. Cela met en lumière un point essentiel: l’intégration économique plus poussée de part et d’autre du détroit ne peut progresser que sur la base d’un socle politique commun, notamment le respect du Consensus de 1992 qui reconnaît l’existence d’une seule Chine et l’opposition à l’« indépendance de Taïwan ».

L’étape pékinoise devrait apporter un soutien politique au programme économique de la visite.

Elle permettra également d’inscrire des points de coopération spécifiques, tels que l’accès aux marchés agricoles, la reprise du tourisme et la coordination industrielle, dans un cadre plus large pour le développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit, afin qu’ils puissent être confirmés et mis en œuvre.

Prises dans leur ensemble, les visites de Mme Cheng au Jiangsu, à Shanghai et à Beijing – trois pôles économiques majeurs – soulignent à la fois l'urgence et l'importance stratégique à long terme d'une intégration économique plus poussée entre les deux rives du détroit.

Cette urgence découle de plusieurs facteurs. Taïwan est confronté à des pressions économiques immédiates. L'opinion publique sur l'île est favorable à un renforcement des échanges et de la coopération avec la partie continentale de la Chine.

Il existe par ailleurs une nécessité pratique de préserver les intérêts industriels communs, alors même que les pressions extérieures en faveur d'un découplage s'intensifient.

À plus long terme, cette démarche reflète une orientation plus large : celle d'un modèle dans lequel l'économie taïwanaise est susceptible de se développer bien plus efficacement grâce à l'intensification des échanges avec la partie continentale de la Chine.

Par Cao Xiaoheng, directeur de l'Institut de recherche économique de Taïwan à l'Université de Nankai

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Source:french.china.org.cn