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Le message de stabilité de la Chine trouve un écho favorable au Forum économique mondial de Davos
Des médias et des analystes du monde entier ont suivi de près l'accélération des bouleversements économiques, géopolitiques et des rapports de force suite à la conclusion de la réunion annuelle 2026 du Forum économique mondial (FEM) de Davos. À mesure que les analyses post-forum se dévoilent, le contraste saisissant entre le message de stabilité et de multilatéralisme véhiculé par la Chine et l'incertitude engendrée par les politiques américaines est devenu un point central du débat international.
Alors que les alliés traditionnels des États-Unis réévaluent leurs positions stratégiques et que les entreprises privilégient les partenariats prévisibles, les conclusions de Davos semblent redessiner la trajectoire de la coopération économique mondiale.
Dimanche, le média américain CNBC a publié un article intitulé « La Chine n'a pas fait la une des journaux à Davos, mais elle est au cœur des préoccupations », soulignant que la Chine a profité du forum pour opposer son message de stabilité à l'incertitude causée par les États-Unis en matière de commerce et de sécurité.
Citant l’analyste chinois Hai Zhao, CNBC a qualifié le Forum de Davos de cette année de « moment charnière ». M. Hai, directeur des études politiques internationales à l'Académie chinoise des sciences sociales, a déclaré qu’il était fort probable que les pays allaient se tourner vers le commerce régional plutôt qu'une économie mondiale centrée sur les États-Unis.
Mardi dernier lors du forum, le vice-Premier ministre chinois He Lifeng a appelé la communauté internationale à soutenir fermement le multilatéralisme et le libre-échange ainsi qu’à rester fidèle à une coopération mutuellement avantageuse, selon l'agence de presse Xinhua.
M. He, également membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), a indiqué lors de sa prise de parole au forum que le monde devrait lui aussi adhérer à une coopération gagnant-gagnant, s'engager à maximiser les fruits de cette coopération, et résoudre conjointement les problèmes de développement. Il a également souligné l'importance du respect mutuel et de la consultation sur un pied d'égalité, et a invité tous les pays à utiliser le dialogue pour gérer et résoudre les différends de manière appropriée, toujours selon Xinhua.
CNBC a comparé les propos du vice-Premier ministre He au discours du président américain Donald Trump, qui a « lancé des attaques personnelles contre des dirigeants étrangers ». Le média a noté que la Chine avait été la première grande économie à riposter aux droits de douane imposés à l'occasion du soi-disant « Jour de la Libération » en avril dernier, « se présentant de plus en plus comme une force stabilisatrice pour le monde ».
L’article a également mentionné les visites récentes et à venir en Chine de dirigeants étrangers, tels que le Taoiseach (Premier ministre) irlandais Micheál Martin, le président sud-coréen Lee Jae-myung, et le Premier ministre canadien Mark Carney, ainsi que le voyage prévu du Premier ministre britannique Keir Starmer.
« Ce qui est unique cette année, c'est que les turbulences mondiales ne proviennent ni d'États faillis, ni de terroristes, ni de conflits internationaux. L'épicentre de ces turbulences et de cette insécurité se trouve dans la nation la plus puissante du monde », a déploré l'ancien secrétaire général adjoint de l'ONU, Erik Solheim, alors qu’il était interrogé par le Global Times sur la comparaison entre le FEM de cette année et les éditions précédentes.
« La Chine, l'Inde et les pays du Sud sont désormais les piliers de la stabilité mondiale et mènent la recherche d'un nouvel ordre, alors que l'ancien s'effondre », a-t-il avancé.
Le monde entier porte son attention sur ces changements
Le message mis en lumière par CNBC est loin d'être isolé. Médias et observateurs du monde entier ont tous relevé ce contraste saisissant. La Chine est perçue comme « maîtrisant la dynamique par la constance », a été cité un dirigeant d'entreprise international de premier plan par Reuters.
Dans un article intitulé « La Chine gagne tandis que Trump cède le leadership de l'économie mondiale », le New York Times a affirmé que le discours de Donald Trump avait « sonné le glas du leadership américain de l'ordre démocratique libéral forgé par les États-Unis et leurs alliés après la Seconde Guerre mondiale ».
Le journal a ajouté que la Chine était « attachée à des valeurs économiques que Trump a reniées : l'engagement au sein des institutions multilatérales pour promouvoir ses intérêts, la confiance dans le pouvoir créateur de richesse du commerce mondial, et la conviction qu'aucun pays n'est suffisamment grand ou puissant pour agir seul ».
Le quotidien espagnol El País a rapporté que le FEM avait démontré comment les politiques de Donald Trump aliènent ses alliés traditionnels et laissent davantage de place à la Chine. L'article a mis en contraste les frictions entre le président américain et les pays européens à Davos et le nombre croissant de nations qui réévaluent leur position vis-à-vis de la Chine, affirmant que « la Chine gagne du terrain dans ses efforts pour se positionner comme un acteur responsable à la table des négociations » et que de nombreux pays portent désormais un regard neuf sur elle.
Reuters a rapporté que l'approche discrète de la Chine à Davos cette année « n’aurait pas pu être plus différente » que celle des États-Unis.
Dans un autre article, Reuters a cité le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, qui a déclaré que les pays diversifiaient leurs relations commerciales et renforçaient leur coopération régionale afin de rendre leurs économies plus résilientes aux chocs commerciaux.
« Quand on parle aux PDG aujourd’hui, que veulent-ils? La stabilité, la prévisibilité et l’État de droit. Or, ces éléments sont rares », a indiqué M. Champagne, quelques jours après la conclusion d’un accord entre le Canada et la Chine visant à réduire drastiquement les droits de douane sur les véhicules électriques (VE) et le canola, selon Reuters.
« La Chine a renforcé ses échanges commerciaux avec presque tout le monde, compensant ainsi le recul de ses échanges avec les États-Unis », a noté Erik Solheim, pour qui « la stabilité de l’économie chinoise a aidé le monde à traverser une année difficile ». Il a souligné que la suppression par la Chine des droits de douane pour les 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle était particulièrement positive et contribuait à la croissance des autres pays en développement.
Dans un autre secteur clé qui retient l’attention, l’énergie, les divergences entre la Chine et les États-Unis ont également été au centre des débats. Politico a rapporté que « les deux plus grands pollueurs climatiques de la planète sont engagés dans une course contre la montre : les États-Unis misent sur les énergies fossiles, tandis que la Chine consolide sa domination sur les énergies propres ». L'article a cité l'expansion des capacités éoliennes et d'énergies propres en Chine, la stagnation des installations éoliennes américaines, et le retrait de Washington des organisations et accords internationaux sur le climat, mentionnant également les menaces – notamment l'augmentation des droits de douane – des États-Unis visant à contraindre les pays à abandonner leurs politiques climatiques et à acheter davantage d'énergies fossiles américaines.
Le média sud-africain Daily Maverick a publié une tribune de Steven Boykey Sidley, professeur associé à la Johannesburg Business School, réfutant directement l'affirmation du président américain selon laquelle « la Chine fabrique des éoliennes mais n'utilise pas l'énergie éolienne ». S'appuyant sur diverses données, M. Sidley a souligné que la Chine était le leader mondial de l'énergie éolienne et représentait 70 % de la nouvelle production mondiale d'énergie éolienne en 2024.
« Il est regrettable que les États-Unis se soient retirés de nombreuses institutions internationales promouvant une action commune en matière d'environnement, de santé, de lutte contre la pauvreté et bien d'autres domaines », a indiqué l'ancien secrétaire général adjoint de l'ONU Erik Solheim.
« Il est impossible que le président Trump nous ramène à l'ère des énergies fossiles. Même les entreprises américaines comprennent que l'avenir est aux énergies renouvelables. Si le monde devait choisir entre la politique américaine axée sur les énergies fossiles et la croissance fulgurante de la Chine dans les secteurs du solaire, de l'éolien, des voitures électriques et des batteries, il choisirait la Chine », a-t-il ajouté.
« La voix de la Chine a été particulièrement entendue lors de la réunion annuelle 2026 du FEM, car le pays possède de nombreux atouts clés dans l'économie mondiale, dont la connectivité commerciale et d'investissement, la transformation industrielle et la résilience des chaînes d'approvisionnement, le déploiement responsable des technologies, ou encore le développement à grande échelle des solutions d'énergie propre », a déclaré Kimberley Botwright, directrice adjointe du Centre pour les régions, le commerce et la géopolitique du FEM, dans une interview écrite accordée au Global Times.
Lors du forum, les participants ont unanimement reconnu l'importance systémique de la Chine, notamment son rôle dans les chaînes de valeur mondiales, ses liens commerciaux avec les marchés émergents, sa compétitivité industrielle et le développement à grande échelle de l'innovation et des technologies propres, selon Mme Botwright.
« Ce qui a été notable au FEM fut l'accent mis sur les moteurs de la croissance chinoise, et non pas seulement sur les chiffres globaux », a-t-elle ajouté, réaffirmant le rôle important de la Chine dans la défense du multilatéralisme.
| Source:french.china.org.cn | ![]() |
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