![]() |
![]() |
|
![]() |
![]() |
[A A] |
Le PM canadien est arrivé en Chine pour une visite officielle

Le Premier ministre canadien, Mark Carney, est arrivé à Beijing mercredi pour une visite officielle en Chine qui se poursuivra jusqu’à samedi. Il s’agit du premier déplacement d’un Premier ministre canadien en Chine depuis huit ans.
Selon des experts chinois, cette visite pourrait constituer une étape cruciale dans les efforts visant à stabiliser et à rétablir les relations sino-canadiennes. S’appuyer sur cette visite pour favoriser un consensus et restaurer les liens économiques et commerciaux contribuerait à consolider davantage les relations sino-canadiennes, offrant ainsi à Ottawa une plus grande marge de manœuvre pour équilibrer ses relations avec Washington et Beijing.
« Je me rends à Beijing. La Chine est notre deuxième plus grand partenaire commercial et la deuxième économie mondiale », a écrit mardi M. Carney sur X (anciennement Twitter). « Une relation pragmatique et constructive entre nos deux nations engendrera plus de stabilité, plus de sécurité et plus de prospérité des deux côtés du Pacifique. »
Il a également publié une photo le montrant saluant la foule, la porte de l’avion ouverte derrière lui.
À son arrivée mercredi en fin de journée à l'aéroport international de Beijing, M. Carney a été accueilli par des officiels chinois et la garde d'honneur, selon des images diffusées par la CCTV.
La Chine accorde une grande importance à cette visite. Le président chinois Xi Jinping rencontrera le Premier ministre Carney afin de discuter de nouvelles orientations stratégiques pour l'amélioration et le développement des relations bilatérales. Le Premier ministre chinois Li Qiang et le président du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale (APN) Zhao Leji s'entretiendront également avec lui de manière séparée pour des échanges de vues approfondis sur les relations bilatérales et des questions d'intérêt commun, a fait savoir le ministère chinois des Affaires étrangères.
« Le tweet publié par M. Carney avant son départ a exprimé sa bonne volonté et souligné son désir de construire un consensus en vue d'une coopération concrète. Bien que la Chine et le Canada aient maintenu un dialogue constructif ces derniers mois, aucun progrès concret n'a encore été constaté dans les relations économiques et commerciales. Cette visite vise donc à passer du symbolisme à des résultats tangibles », a affirmé mercredi Zhao Xingshu, directeur adjoint du Département d'études canadiennes de l'Institut d'études américaines de l'Académie chinoise des sciences sociales.
La rencontre entre les dirigeants chinois et canadien survenue l’an dernier en marge du sommet de l'APEC à Gyeongju, en Corée du Sud, a envoyé un signal positif. « La visite actuelle de M. Carney s'inscrit dans la continuité de ce consensus et témoigne d'un sentiment d'urgence croissant à Ottawa », a avancé mercredi Lü Xiang, chercheur à l'Académie chinoise des sciences sociales.
« Cette urgence découle de la situation stratégique particulière du Canada. En tant que pays nord-américain, le Canada fait face à ce qu'il a qualifié de “pression sécuritaire sans précédent de la part de son voisin”, ce qui entraîne une réévaluation de ses relations avec les grandes puissances et un changement de cap par rapport à l'approche unilatérale du gouvernement précédent. Dans ce contexte, la gestion des relations avec les grandes puissances est devenue une tâche stratégique urgente, voire existentielle à certains égards, pour le Canada », selon M. Lü.
La visite de M. Carney pourrait également marquer une étape cruciale dans les efforts visant à stabiliser et à rétablir les relations sino-canadiennes. La capacité du Canada à saisir cette occasion pour traduire sa bonne volonté diplomatique en résultats concrets, et ce via une coopération pragmatique dans les domaines du commerce, de la lutte contre les changements climatiques et des affaires multilatérales, déterminera non seulement l'avenir des relations bilatérales, mais aussi la stabilité et la prospérité de la région Asie-Pacifique, a poursuivi M. Lü.
Vers la diversification
Le Canada a annoncé les visites de M. Carney en Chine et en Suisse le 7 janvier, et a indiqué que le nouveau gouvernement canadien s'efforcerait de faire évoluer son économie pour passer de la dépendance à la résilience, en « renforçant nos atouts nationaux, en travaillant à doubler nos exportations hors États-Unis, et en attirant d'importants investissements nouveaux ».
Le commerce devrait occuper une place de choix à l'agenda de M. Carney, aux côtés de l'agriculture et de la sécurité internationale. Alors que certains médias étrangers ont mis en avant les frictions bilatérales, notamment les différends concernant les droits de douane sur les véhicules électriques (VE) chinois, certains experts chinois ont indiqué estimer que les deux parties avaient encore la possibilité de résoudre leurs différends via un dialogue sincère qui respecte leurs intérêts respectifs, plutôt que de suivre l'approche américaine consistant à imposer des pressions commerciales unilatérales.
M. Lü a déclaré que même dans les secteurs que le Canada considère comme ayant un avantage concurrentiel, il existe un important potentiel de coopération complémentaire avec la Chine. Par exemple, la force du Canada dans le domaine des pièces automobiles traditionnelles pourrait être réorientée vers les composants pour VE, lui permettant ainsi de s'intégrer à l'écosystème bien établi des véhicules électriques en Chine en tant que partenaire clé de la chaîne d'approvisionnement.
Bien que la fabrication complète de véhicules ne soit pas le point fort du Canada, une participation plus importante à la chaîne industrielle créerait des opportunités et contribuerait à réduire sa dépendance au marché américain. Globalement, la coopération demeure l'objectif principal de la visite de M. Carney, a ajouté M. Lü.
Les médias canadiens et occidentaux ont largement couvert la visite de M. Carney en Chine ces derniers jours. Un reportage de la BBC, diffusé mercredi, a indiqué que M. Carney devait faire preuve d'un « exercice d'équilibriste » lors de sa visite. Le même jour, le New York Times affirmait que « M. Carney […] consacre une part importante de son temps à l'étranger à la recherche de nouveaux clients pour les produits canadiens. La Chine est en haut de sa liste. »
Un article du média canadien The Globe and Mail paru mardi a noté que la délégation de M. Carney pour ce voyage en Chine comprendrait cinq membres du cabinet, soit la plus importante délégation ministérielle ayant jamais accompagné M. Carney lors d'un déplacement à l'étranger. Le journal a également affirmé que le voyage de M. Carney en Chine poursuivait un objectif qui aurait semblé improbable avant l'arrivée au pouvoir de Donald Trump : réchauffer les relations avec la Chine « à un degré jamais vu depuis dix ans, et accroître le rôle de Beijing dans l'économie canadienne ».
Mardi toujours, The Globe and Mail a rapporté que M. Trump avait qualifié l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) d'« inutile », des propos tenus la veille de la visite de M. Carney en Chine. L’article ajoute que les propos de M. Trump ont perturbé le Canada et le Mexique, à l'approche de la renégociation prévue de cet accord commercial continental qui devrait se tenir plus tard cette année.
« Le Canada a pris conscience que la voie vers la stabilité dans la région Asie-Pacifique était menacée. Cela reflète non seulement une préoccupation quant à la position du Canada, mais aussi une inquiétude plus profonde quant à la déstabilisation d'un vaste système commercial transpacifique étroitement interconnecté par l'unilatéralisme américain », a avancé M. Lü. Il a également souligné que, face à la montée du protectionnisme commercial à l'échelle mondiale, la Chine et le Canada avaient besoin de consultations franches et proactives visant à obtenir des résultats concrets.
Zhao Xingshu a fait remarquer que, dans le contexte de la compétition stratégique sino-américaine, la gestion des relations avec la Chine était devenue un enjeu crucial pour le Canada. La reprise du dialogue diplomatique sino-canadien témoigne de la volonté d'Ottawa de réévaluer son rôle au sein de l'alliance avec les États-Unis, alors que les échanges bilatéraux entrent dans une phase de réajustement.
« Si la visite de M. Carney peut consolider la coopération autour d'intérêts communs et permettre des progrès tangibles dans le rétablissement des liens économiques et commerciaux, cela pourrait contribuer à remettre les relations sino-canadiennes sur la voie d'une relation saine et durable et favoriser une relation plus équilibrée avec les États-Unis », a ajouté M. Zhao.
| Source:french.china.org.cn | ![]() |
|
![]() |












