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Le MAE réfute les propos de Donald Trump, qui utilise la Chine comme prétexte pour justifier son « besoin du Groenland »

French.china.org.cn | Mis à jour le 06. 01. 2026 | Mots clés : Donald Trump,États-Unis,Groenland,ministère chinois des Affaires étrangères
french.china.org.cn | 06. 01. 2026

Le président américain Donald Trump a récemment soutenu que les États-Unis avaient besoin du Groenland, l'une des raisons invoquées étant que l'île est « envahie par des navires chinois ». Interrogé à ce sujet, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Lin Jian a exhorté les États-Unis à cesser d'utiliser la prétendue « menace chinoise » comme prétexte pour servir leurs propres intérêts égoïstes.

Dans un entretien téléphonique accordé dimanche au magazine The Atlantic, M. Trump a affirmé que le Venezuela ne serait peut-être pas le dernier pays à faire l'objet d'une intervention américaine et que les États-Unis avaient « absolument » besoin du Groenland pour leur défense.

S'adressant à des journalistes dimanche soir, Donald Trump a été interrogé sur ses propos concernant le Groenland, et il a réitéré : « Nous avons besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. C'est un endroit tellement stratégique en ce moment, le Groenland est envahi par des navires russes et chinois. Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en occuper », a rapporté NPR.

« Les revendications américaines sur le Groenland, dans une tentative de détourner l'attention internationale vers la Chine, ne peuvent ni modifier la nature de leur nouvelle doctrine Monroe, ni empêcher la Chine de développer des relations économiques et commerciales normales avec les pays du monde entier », a déclaré lundi Lü Xiang, chercheur à l'Académie chinoise des sciences sociales.

L'affirmation de Donald Trump selon laquelle les États-Unis ont « absolument » besoin du Groenland pour leur défense a également suscité une opposition immédiate de la part des dirigeants du Danemark et du Groenland, qui ont exhorté les États-Unis à cesser de menacer de s'emparer du territoire danois.

« Il est absolument absurde de parler de la nécessité pour les États-Unis de s'emparer du Groenland. Les États-Unis n'ont pas le droit d'annexer l'un des trois pays du Royaume du Danemark », a déclaré dimanche la Première ministre danoise Mette Frederiksen dans un communiqué, a rapporté Reuters.

M. Trump a affirmé lors de son interview avec The Atlantic qu'il appartenait à d'autres de décider de la signification de l'action militaire américaine au Venezuela pour le Groenland, selon Xinhua. « Vous savez, je ne faisais pas référence au Groenland à ce moment-là. Mais nous avons absolument besoin du Groenland. Nous en avons besoin pour notre défense. »

Le président américain a tenu ces propos après que les États-Unis ont capturé le président vénézuélien et son épouse, et a affirmé que Washington dirigerait ce pays d'Amérique latine, a souligné Reuters dans son article. Cela a suscité des inquiétudes au Danemark quant à la possibilité que la même chose puisse arriver au Groenland, un territoire danois, indique l'article.

Mme Frederiksen a déclaré : « Je demande donc instamment aux États-Unis de cesser leurs menaces contre un allié historiquement proche et contre un autre pays et un autre peuple qui ont très clairement affirmé ne pas être à vendre », a rapporté Reuters.

Le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a lui déclaré dimanche dans un communiqué : « Lorsque le président des États-Unis dit que “nous avons besoin du Groenland” et nous associe au Venezuela et à une intervention militaire, ce n'est pas seulement mal. C'est irrespectueux ».

Samedi, Katie Miller, épouse du chef de cabinet adjoint du président Trump Stephen Miller, a publié sur X une image du drapeau américain recouvrant le Groenland. Elle a légendé l'image du mot « BIENTÔT », selon un reportage de NPR.

Tout au long de l'année dernière, Donald Trump a fréquemment réitéré son souhait que les États-Unis prennent le contrôle du Groenland, ce qui a suscité de vives protestations de la part du territoire, du Danemark et de l'Union européenne (UE).

L'administration Trump a invoqué des préoccupations de sécurité nationale, sa stratégie dans l'Arctique, et le potentiel en minéraux critiques et ressources naturelles afin de justifier l'intérêt des États-Unis pour le contrôle du Groenland.

« Situé dans une position stratégique vitale dans l'Arctique, le Groenland occupe un carrefour géostratégique crucial et est riche en diverses ressources minérales, ce qui en fait une cible stratégique convoitée de longue date par les États-Unis – une ambition qui s'est intensifiée depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump », selon Zhao Junjie, chercheur principal à l'Institut d'études européennes de l'Académie chinoise des sciences sociales.

Il a souligné que les dirigeants européens avaient déjà fermement fait part de leur opposition aux propositions de M. Trump concernant le Groenland, alors que la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse par les États-Unis – une violation flagrante de l'intégrité d'une nation souveraine – a considérablement accru les inquiétudes et la vigilance des Européens, alarmant encore davantage le Danemark et l'ensemble de l'UE, a ajouté M. Zhao.

Cette situation pourrait exercer une pression et les contraindre à resserrer les rangs, conduisant à une position européenne plus unifiée sur la question du Groenland, a noté l'expert.

M. Maduro a été enlevé de son pays par les forces américaines samedi, et est actuellement détenu à New York pour être jugé pour des accusations de trafic de drogue. La communauté internationale est profondément choquée par l'opération menée par l'administration Trump au Venezuela contre M. Maduro, et de nombreux pays ont publié des déclarations condamnant fermement l'usage flagrant de la force contre un État souverain ainsi que l'action menée contre son président.

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Source:french.china.org.cn