Les allégations de l'Occident liées au "piège de la dette" ne résistent pas à l'examen (ancien PM kirghiz)

Par : Laura |  Mots clés : Chine,Afrique
French.china.org.cn | Mis à jour le 20-02-2023

Les pays économiquement plus développés doivent aider les pays plus faibles afin de construire un monde plus juste, a déclaré Djoomart Otorbaev, ancien Premier ministre kirghiz, indiquant que les allégations de l'Occident liées au soi-disant "piège de la dette" de la Chine en Afrique ne résistaient pas à l'examen.

M. Otorbaev s'est ainsi exprimé dans son article publié récemment dans le journal China Daily, notant que la Chine avait réalisé d'énormes progrès dans l'élimination de la pauvreté et accumulé une expérience unique, précisant que les pays en développement devaient apprendre de cette expérience.

Ce mois-ci, le ministre chinois des Affaires étrangères, Qin Gang, a réfuté avec véhémence les allégations infondées selon lesquelles l'aide de la Chine créait un "piège de la dette" en Afrique, indique l'article.

Selon l'article, depuis plusieurs années, le problème des dettes souveraines des pays en développement s'est transformé en sinistre jeu politique pour les pays occidentaux. Certains économistes occidentaux ont utilisé le terme de "piège de la dette" pour soutenir que la Chine imposait un fardeau à certains pays par le biais de la dette afin de dominer leurs programmes économiques et politiques.

Telle allégation n'est pas étayée par les chiffres des institutions internationales fiables, d'après l'article.

Selon les statistiques sur les dettes internationales publiées par la Banque mondiale, fin 2020, les dettes souveraines de 82 pays à revenu faible ou intermédiaire détenues par les créanciers commerciaux et multilatéraux représentaient respectivement 40% et 34% du total des emprunts de ces pays. Les organismes officiels de prêts bilatéraux ont offert 26% des prêts, la Chine ne représentant que 10%.

En outre, ces dernières années, les pays en développement ont emprunté auprès de créanciers occidentaux privés et d'institutions multilatérales à un rythme plus soutenu. Une analyse de la Banque mondiale montre qu'entre 2015 et 2020, sur un total de nouveaux prêts de 475 milliards de dollars, 42% sont venus de créanciers privés, 35% de créanciers multilatéraux, et 23% d'organismes de prêts bilatéraux.

Les calculs de la Banque mondiale montrent également que les pays à revenu faible et intermédiaire doivent rembourser 940 milliards de dollars en intérêts et capitaux au cours des sept prochaines années. Sur ce total, 357 milliards de dollars sont dus aux créanciers commerciaux occidentaux et 273 milliards de dollars aux prêteurs multilatéraux, représentant 67% du total. Les institutions de prêts chinoises ne représentent que 14%, ou 131 milliards de dollars.

En ce qui concerne l'Afrique, 35% des dettes souveraines des gouvernements des pays africains sont dues aux banques occidentales et 12% à la Chine, selon des données d'une étude de la Banque mondiale. En outre, les banques occidentales imposent actuellement environ 5% d'intérêts sur leurs prêts, alors que le taux d'intérêt moyen imposé par les institutions de développement de la Chine est de 2,7%.

La situation a été fortement aggravée par la décision des banques centrales de presque tous les pays développés d'augmenter de manière marquée leurs taux d'intérêt afin de lutter contre l'inflation, note l'article, rappelant les récentes hausses de taux consécutives réalisées par la Réserve fédérale américaine.

De plus, un dollar fort aggravera davantage le fardeau du remboursement des dettes. Dans ces circonstances, plusieurs emprunteurs sont obligés d'émettre plus d'obligations avec des taux d'intérêt plus élevés pour rembourser les dettes déjà existantes, provoquant un cercle d'endettement vicieux, précise l'article.

Face à la situation économique problématique dans plusieurs pays africains, la Chine a décidé d'annuler les dettes de 17 pays concernant 23 prêts sans intérêt. Avant cela, la Chine avait déjà effacé 113,8 millions de dollars de prêts sans intérêt pour quinze pays africains, dont le Botswana, le Burundi, le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Mozambique et le Rwanda.

Ces dernières annulations de dettes souveraines des pays africains par la Chine ont des précédents, explique Deborah Brautigam, directrice de l'Initiative de recherche Chine-Afrique de l'Université Johns Hopkins, ajoutant qu'entre 2000 et 2019, la Chine a annulé au moins 3,4 milliards de dollars de dettes de ce type en Afrique.

Selon la banque de données de l'Initiative de recherche de la Chine en Afrique, entre 2000 et 2020, la Chine a offert aux gouvernements des pays africains 160 milliards de dollars dans le cadre de 1.180 engagements de prêts, dont deux tiers à destination de projets de transports, d'énergie et d'exploitation minière. L'Angola, la Zambie, l'Ethiopie, le Kenya et le Cameroun étaient les principaux emprunteurs de la Chine.

Les économies développées doivent déployer des efforts pour aider les plus faibles, au lieu de perdre du temps dans des jeux politiques inutiles, déclare M. Otorbaev dans son article.

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Source: Agence de presse Xinhua
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