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L’histoire du projet « deux bombes et un satellite »

French.china.org.cn | Mis à jour le 27. 10. 2019 | Mots clés : deux bombes et un satellite »,Qian Xuesen,Deng Jiaxian,Shenzhou

En 1954, des minerais d’uranium sont découverts dans le Guangxi, fournissant à la Chine les bases du développement d’une industrie nucléaire autonome. Afin de défendre la sécurité nationale et la paix mondiale, l’équipe dirigeante centrale du Parti communiste chinois (PCC) de la première génération, rassemblée autour de Mao Zedong, décide de lancer le projet « deux bombes et un satellite » qui consiste à concevoir des missiles, une bombe nucléaire et des satellites artificiels.

À l’issue d’une réunion élargie du secrétariat du Comité central du PCC, tenue en janvier 1955, l’édification de l’industrie nucléaire débute officiellement. La Chine mobilise des forces de recherche issues de l’Académie des sciences de Chine, d’établissements de recherche voués à la défense nationale, de départements industriels, d’universités et d’instituts de recherche locaux. Un total de 26 ministères (ou académies), 20 provinces (régions autonomes ou municipalités relevant directement de l’autorité centrale) et plus de 900 usines, instituts de recherche et universités participent à ce programme scientifique et technologique.

Lancement réussi du premier missile

Le missile est un engin indispensable au lancement des bombes nucléaires et de satellites artificiels.

En 1956, l’autorité centrale chinoise établit des instituts de recherche sur le missile et la bombe nucléaire et met en œuvre le développement, l’expérimentation et la production de ceux-ci, choisissant des cibles et désignant un groupe pour réaliser des essais. Qian Xuesen, alors professeur à l’Institut de technologie de Californie, abandonne des conditions de vie favorables aux États-Unis pour rentrer chez lui et contribuer aux besoins de sa patrie. Il s’engage immédiatement dans la recherche sur les missiles avec d’autres scientifiques chinois hautement qualifiés. Qian Xuesen propose le premier un projet de développement de fusée à propulsion et de missiles. Par la suite, il reçoit la directive de fonder l’Institut nº5 du ministère de la Défense nationale, le premier institut de recherche dédié aux fusées et aux missiles en Chine, dont il est nommé directeur.

Militaires revenus de Corée, universitaires diplômés, ouvriers et techniciens se succèdent par milliers pour camper dans le désert. Après deux années de dur labeur, différentes installations sont construites : aérodrome, terrain de lancement, quartier technique, centrale électrique, etc. Ainsi un site de lancement de missiles voit le jour.

Le 10 septembre 1960, la Chine réussit le lancement d’un missile de conception soviétique avec un propergol liquide chinois. Le 5 novembre de la même année, un missile fabriqué par la Chine est lancé avec succès.


Naissance de la bombe nucléaire et du satellite artificiel

Le développement réussi de l’engin de transport permet aux scientifiques chinois de mettre alors l’accent sur les recherches liées à la bombe nucléaire et au satellite artificiel.

Avant de réaliser les essais, il fallait résoudre les questions théoriques. Deng Jiaxian, revenu en Chine après l’obtention d’un doctorat en physique à l’université Purdue aux États-Unis, est nommé responsable de la conception théorique de la première bombe atomique chinoise. Sans documents ni expérience préalable, il effectue des calculs avec l’assistance d’une dizaine de personnes. À l’aide de calculateurs mécaniques ou automatiques, de bouliers et de stylos, Deng Jiaxian et ses collègues achèvent la conception de la bombe atomique. Parallèlement, des progrès décisifs sont réalisés en matière de maîtrise de la dynamique de l’explosion, de transmission des neutrons, de réaction nucléaire et de physique des neutrons.

Le 16 octobre 1964, à 15 heures, la Chine réussit à faire exploser sa première bombe atomique, devenant le cinquième pays du monde à maîtriser les techniques d’armes nucléaires après les États-Unis, l’URSS, la Grande-Bretagne et la France. Le même jour, le gouvernement chinois déclare que la Chine effectue des essais nucléaires pour sa propre défense mais qu’en aucun cas elle n’utiliserait l’arme nucléaire la première.

Après l’explosion réussie de la bombe atomique, la Chine chemine du développement de la bombe nucléaire aux recherches sur la bombe à hydrogène. Deng Jiaxian et le département théorique qu’il dirige se focalisent désormais sur la bombe H. Les recherches sur celle-ci, beaucoup plus complexe que la bombe A, rencontrent d’innombrables difficultés. Mais personne ne renonce, et tout le personnel travaille dur jour et nuit.

En septembre 1965, l’équipe de Deng Jiaxian élabore un projet complet de conception physique couvrant les principes, les matières et la configuration de la bombe H. Peu de temps après, l’expérimentation sur les principes de ladite bombe réussit. Le 17 juin 1967, la Chine fait exploser sa première bombe à hydrogène, devenant le quatrième pays du monde à maîtriser les principes et les techniques de fabrication de la bombe H, après les États-Unis, l’URSS et la Grande-Bretagne. Elle bat également un record mondial : du passage de la bombe A à la bombe H, la Chine n’a mis que deux ans et huit mois.

Après les succès des missiles et des bombes A et H, la fabrication d’un satellite artificiel devient l’ordre du jour. Afin d’assurer la réussite de ce projet, l’autorité centrale chinoise a créé en 1967 un institut de recherche sur les techniques spatiales. Sun Jiadong, revenu en Chine après ses études en URSS, est nommé responsable de la conception générale du satellite artificiel. Il choisit 18 techniciens d’élite spécialisés dans les missiles, les satellites artificiels, l’ingénierie de systèmes, etc. pour développer le satellite artificiel.

Fin 1969, le premier lancement de la fusée CZ-1 essuie un échec. Mais peu après, le 30 janvier 1970, le deuxième lancement est une réussite. Six stations de contrôle terrestre sont construites, et l’observation suivie de satellites étrangers prouve que le réseau de mesure et de contrôle de la Chine offre une performance excellente. Le 24 avril 1970, le premier satellite artificiel chinois est finalement lancé avec succès, ouvrant la voie à l’exploration des mystères de l’univers pour servir les intérêts de l’humanité.


Le développement de l’industrie spatiale pour la défense nationale

Le projet de « deux bombes et un satellite » a, d’une part, fourni aux troupes chinoises une garantie technique à la création de missiles stratégiques et renforcé les capacités défensives et offensives de l’armée chinoise dans le contexte des hautes technologies, et a, d’autre part, accéléré le développement de ces hautes technologies ainsi que leurs industries et favorisé l’édification économique et les progrès scientifiques et techniques de la Chine.

Par la suite, l’industrie des sciences et des technologies pour la défense nationale ne cesse de se développer ; elle parvient à maîtriser les techniques de conception de la bombe à neutrons et de miniaturisation de l’arme nucléaire, développe et lance divers missiles stratégiques et tactiques ou fusées porteuses, acquiert la maîtrise du lancement à partir de sous-marins, et lance plusieurs satellites récupérables, géostationnaires et héliosynchrones.

En 2016, la Chine réussit la montée en gamme de ses fusées porteuses avec le lancement des fusées CZ-7 et CZ-5 de nouvelle génération. Ces cinq dernières années, du premier vol d’un système de navigation spatiale habitée, composé du vaisseau Shenzhou et de la fusée CZ-2F, aux essais fonctionnels du système de transport vers la station spatiale impliquant la fusée CZ-7 et le vaisseau cargo Tianzhou, la navigation spatiale habitée chinoise a accompli ses objectifs de « premier vol réussi, fonctionnement régulier, stationnement sain et retour en sécurité », l’emportant dans d’importantes réalisations innovantes et s’assurant une expérience précieuse.

Le 17 octobre 2016, la Chine a lancé, depuis le centre de Jiuquan, le vaisseau Shenzhou-11, afin de mieux maîtriser les techniques de jonction, d’effectuer des observations terrestres, et d’appliquer et d’expérimenter de nouvelles technologies spatiales. Le 3 janvier 2019, la sonde Chang’e-4 a atterri avec succès dans le cratère Von Kármán sur la face cachée de la Lune, et le rover Yutu-2 a commencé à effectuer ses premiers tours de roues. Le 17 mai 2019, la Chine a lancé avec succès, du centre de Xichang, le 45e satellite du système de navigation Beidou à l’aide de la fusée porteuse CZ-3C. 

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Source:La Chine au Présent