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Les universités de Hong Kong perdent de leur attrait pour les étudiants de la partie continentale de la Chine

French.china.org.cn | Mis à jour le 24. 09. 2019 | Mots clés : Hong Kong

Pour les étudiants de la partie continentale de la Chine, Hong Kong a longtemps été une destination privilégiée pour la poursuite de leurs études. Les universités hongkongaises ont une bonne réputation internationale et elles sont aussi moins chères et plus proches de la partie continentale de la Chine que les universités étrangères.

Toutefois, cet avantage est en train de perdre du terrain parmi les étudiants de la partie continentale de la Chine.

Zhang Xianrui, un étudiant en troisième année de licence à l’Université des Sciences et technologies de Taiyuan dans la province septentrionale chinoise de Shanxi, affirme avoir pensé postuler pour un diplôme complémentaire à l’Université polytechnique de Hong Kong, mais pour des raisons de sécurité, il a décidé de ne pas faire sa demande.

« Mes parents s’inquiéteraient pour ma sécurité si j’étudiais à Hong Kong », explique-t-il.

La sécurité est aujourd’hui régulièrement citée comme la principale inquiétude concernant les études à Hong Kong pour les étudiants souhaitant poursuivre leurs études en-dehors de la partie continentale de la Chine.

D’après certains analystes, de telles inquiétudes ne seraient pas injustifiées, car des personnes ordinaires ont été agressées et battues par des manifestants hongkongais pour avoir eu un point de vue différent du leur. Les Chinois continentaux pourraient donc être particulièrement ciblés.

Depuis que le nouveau semestre a débuté le 2 septembre, les grèves et les manifestations ont frappé les universités, incluant l’Université chinoise de Hong Kong (CUHK), un centre majeur de rassemblement.

S’adapter ou partir

Une étudiante de la partie continentale de la Chine raconte son soulagement d’avoir choisi de quitter la CUHK et de poursuivre ses études universitaires de 3e cycle à l’Université normale de Nanjing avant que les manifestations n’éclatent.

« L’année dernière, lorsque je dînais au restaurant près de Harbour City, je sentais une certaine hostilité et j’avais peur de devoir affronter cette atmosphère hostile sur le campus », décrit la jeune fille.

Selon elle, les universités de la partie continentale de la Chine ont par ailleurs des exigences plus élevées que les universités de Hong Kong vis-à-vis des étudiants, ce qui signifie que la qualité des étudiants y est plus élevée.

« Les résultats à l’IELTS (International English Language Testing System) ou au TOEFL ne sont même pas exigés des étudiants postulant dans les universités hongkongaises », note-t-elle.

Perte d’attrait

Le classement mondial 2020 des meilleurs établissements d’enseignement supérieur au monde réalisé par le Times et publié le 12 septembre recense près de 1400 universités à travers 92 pays et régions.

Six d’entre elles sont des universités hongkongaises: l’Université de Hong Kong, l’Université des Sciences et technologies, la CUHK, l’Université municipale de Hong Kong, l’Université polytechnique et l’Université baptiste.

Seule l’Université de Hong Kong a gagné une place par rapport à l’année dernière, se plaçant en 35e position. La CUHK est passée de la 53e à la 57e place et l’Université des Sciences et technologies, de la 41e à la 47e place. L’Université municipale et l’Université polytechnique ont également décliné.

A la fin du mois d’août dernier, l’agence d’information Reuters a indiqué que les universités de Singapour avaient annulé leurs programmes d’échange à Hong Kong, la cité-Etat ayant conseillé à ses citoyens de repousser leurs voyages à Hong Kong du fait des manifestations de masse devenues imprévisibles et pouvant devenir violentes à tout moment.

L’Université de Stanford a elle aussi annoncé qu’elle suspendrait son Programme d’études à l’étranger à Hong Kong pour le trimestre d’automne 2019, en raison de préoccupations sur la sûreté et la sécurité des étudiants.

D’après Song Xiaojin, la directrice générale de l’agence de conseil Beijing Forward Education, le nombre de postulants de la partie continentale de la Chine que son agence a géré pour les universités hongkongaises pour l’année académique 2020-2021 a chuté de 30 % par rapport à l’année dernière.

Les universités de Hong Kong excellent dans la finance, le droit et le commerce, explique-t-elle, mais certains étudiants de haute qualité préféreront aller ailleurs pour des raisons de sécurité.

« Sur le long terme, si la situation politique de Hong Kong continue de s’aggraver et que son statut en tant que pôle financier international est menacé, cela aura certainement une influence négative sur le marché de l’éducation », souligne-t-elle.

Pour l’année académique 2017/2018, près de 12000 des étudiants non locaux des universités financées par le Comité des subventions universitaires (CSU) dans la région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong étaient issus de la partie continentale de la Chine, indique le site Statista.com.

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Source:french.china.org.cn