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Deux personnes détenues pour avoir applaudi un suicide

French.china.org.cn | Mis à jour le 27. 06. 2018 | Mots clés : suicide ,Qingyang


Deux personnes ayant applaudi, lorsqu’une étudiante de 19 ans s’est suicidée en se jetant d’un bâtiment à Qingyang dans la province de Gansu, ont été placées en détention jeudi dernier, a indiqué le Bureau de la sécurité publique (BSP) de Qingyang.

La police a ouvert une enquête sur la cause de la mort de la jeune femme et interpellé six personnes suspectées d’avoir filmé et encouragé celle-ci à sauter.

D’après certaines sources sur les réseaux sociaux, la jeune femme se nommait Li. Elle souffrait d’une grave dépression, depuis qu’elle avait été agressée par son professeur de lycée. La vidéo postée sur Internet montre Li sur la corniche d’un grand bâtiment, avec un pompier tentant de la faire remonter.

D’après le BSP local, Li avait fait quatre tentatives de suicide depuis 2016. En octobre et en décembre 2016, elle avait ingéré des médicaments et en mai 2017, elle avait tenté de se jeter d’un bâtiment avant d’être sauvée par la police. Au mois de janvier, elle avait à nouveau essayé de prendre des grandes quantités d’antidépresseurs.

Au mois de février 2017, Li avait rapporté à la police locale que l’un de ses enseignants, Wu Yonghou, l’avait agressée sexuellement. Dans le rapport, Li explique que ce jour-là, elle avait eu mal au ventre et l’infirmière scolaire lui avait dit d’aller se reposer dans un dortoir, où Wu Yonghou était responsable.

Lorsque Wu est venu la voir, il l’a soudainement prise dans ses bras et a commencé à toucher son visage. « Ensuite, il s’est mis à embrasser mon visage, mes lèvres et mes oreilles, explique Li dans le rapport. Ses mains caressaient mon dos et il essayait d’arracher mes vêtements. »

« Je ne ressentais qu’une obscurité et une peur sans fin. J’étais dégoûté et honteuse et je n’ai pratiquement pas dormi cette nuit-là. »

La police locale a placé Wu pendant dix jours en détention au mois de mai 2017, mais le père de Li a trouvé que la sanction n’était pas suffisamment sévère et il a fait appel devant le Parquet local. Après avoir entendu l’affaire au mois de mars, le parquet a relâché Wu sans condamnation.

Jeudi dernier dans l’après-midi, la police a reçu des appels indiquant que Li s’était hissée par la fenêtre du 8e étage d’un grand magasin et qu’elle allait sauter. La police et les pompiers sont arrivés rapidement sur place, mais n’ont pas réussi à l’arrêter.

Le Bureau de l’éducation de Qingyang a révoqué l’autorisation d’enseigner pour Wu Yonghou.

Wu Yonghou aura l’interdiction de travailler à nouveau dans le système éducatif, a indiqué mardi un officiel du Bureau de l’éducation.

Au mois de juillet, lorsque le père de la jeune femme avait accusé Wu Yonghou de harcèlement sexuel envers sa fille, le Bureau avait prononcé des sanctions administratives contre Wu et l’avait retiré de son poste d’enseignant.

Ce suicide a déclenché une certaine angoisse sur Internet concernant le délabrement social, notamment car certains passants ont encouragée la jeune femme à sauter et ont applaudi lorsque celle-ci est passée à l’acte.

Des vidéos ont été largement partagées sur WeChat et d’autres réseaux sociaux. 

Celles-ci montrent Li assise sur une corniche pendant plusieurs heures, pendant que des sauveteurs essaient de la dissuader de sauter. Un passant dans la rue en contrebas lui crie alors : « Comment ça se fait que tu n’aies pas encore sauté ? »

Lorsque la jeune femme se jette dans le vide, on peut entendre certaines personnes applaudir, tandis qu’un sauveteur hurle de détresse.

Les commentateurs en ligne ont déploré la cruauté de la foule.

« Comment cette société peut être insensible, au point où les gens lui demandent de sauter ?, se demande l’un d’entre eux. Le hurlement du sauveteur, dont le cœur se déchire, reflète les maux de l’humanité. »


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Source:french.china.org.cn