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G20 : « la présidence chinoise a le mérite de placer les réformes structurelles au centre du débat »

French.china.org.cn | Mis à jour le 11. 08. 2016 | Mots clés : Jean-Jacques de Dardel, G20

Le Sommet du G20 aura lieu les 4 et 5 septembre dans la ville chinoise de Hangzhou. En tant qu'acteur important sur les marchés financiers mondiaux, la Suisse a été invitée à participer à la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20.

Jean-Jacques de Dardel, l'ambassadeur de Suisse en Chine, a répondu à une série de questions sur ce grand événement de la sphère économique pour le portail d'information China.org.

 

1. Le Sommet du G20 aura lieu cette année en Chine. Hangzhou a été choisie comme ville-hôte de l'événement. La Chine a un vieux dicton : « Au ciel, il y a le paradis ; sur terre, il y a Suzhou et Hangzhou ». Monsieur l'Ambassadeur, quelle a été votre impression de la ville de Hangzhou ?

Hangzhou m'a fait une forte impression avec son paysage très pittoresque, manifestement marqué par l'histoire. J'ai particulièrement apprécié le lac de l'Ouest, repère de la ville. J'ai aussi gardé un délicieux souvenir de la culture du thé dans cette ville, le Xihulongjing, produit spécial de la région du lac.

Hangzhou se situe au cœur de la région du delta du Yangtze, et si je comprends bien, c'est l'un des centres les plus importants du commerce électronique. La coopération entre cette ville et la Suisse a bénéficié d'un bon point de départ l'été dernier : l'Asia Sci-tech Center, une construction écologique soutenue par l'institut suisse Cleantech, est le premier bâtiment en Chine appliquant la technologie écologique suisse. Il y aura certainement une coopération plus étroite dans le futur entre la Suisse et la région du delta du Yangtze.

 

2. Il s'agit du onzième Sommet du G20. La réunion des dirigeants de ces vingt pays du monde revêt une grande importance pour l'économie mondiale. Le thème de l'événement a pour mots clés une économie mondiale innovante, dynamique, unie et inclusive. Monsieur l'Ambassadeur, quelle est votre vision de ces mots clés ?

Aujourd'hui, les économies nationales ne sont pas isolées. L'interdépendance est de mise. Preuve en est que toute crise d'importance qui se produit dans un pays en affecte beaucoup d'autres. Mais cette mondialisation a également des effets très positifs, elle multiplie les opportunités dans de nombreux domaines, y inclus l'innovation et le dynamisme qui sont des facteurs clés pour une reprise de la croissance. Le développement sans précédent des marchés en Chine a exercé un remarquable effet entraînant sur l'économie mondiale. Cette intégration des marchés a également exercé une influence positive sur la prospérité en Suisse. Il est par conséquent primordial que les dirigeants du G20 réaffirment leur volonté de coordination : travailler ensemble, dans un but commun, pour accomplir un résultat positif pour tous.

Les relations sino-suisses jouent une fois de plus un rôle de pionnier car ce printemps, pendant sa visite d'Etat en Chine, notre président Johann Schneider Ammann et le président Xi Jinping ont proclamé la création d'un partenariat innovateur stratégique, premier du genre pour la Chine, ce qui reflète bien la particularité de notre relation.

 

3. La première présidence chinoise du G20 coïncide avec une crise mondiale des marchés financiers. Selon vous, quel rôle pourra jouer la Chine à l'occasion de ce sommet ?

Depuis la crise financière mondiale de 2008/09, nous n'avons plus retrouvé les taux de croissance mondiale d'avant-crise. Par ailleurs, on constate encore des risques résiduels qui pèsent sur les perspectives de la conjoncture mondiale. Les incertitudes proviennent principalement de la haute volatilité des marchés financiers, du retrait annoncé du Royaume-Uni de l'Union européenne ainsi que de développements géopolitiques, dont les flux de réfugiés. La manière dont l'économie chinoise se transformera en une économie fondée sur les services sera déterminante pour la poursuite de la croissance mondiale. Dans de nombreux pays, en particulier en Europe, des réformes structurelles telles que la flexibilisation du marché du travail et des produits sont nécessaires afin de retrouver une croissance plus élevée et durable. La présidence chinoise du G20 a le mérite d'avoir placé la nécessité de telles réformes structurelles au centre du débat.

 

4. Cette année, le conseiller fédéral en charge des finances Ueli Maurer et le président de la Banque nationale suisse Thomas Jordan ont participé à Shanghai à la réunion des ministres des Finances des Etats du G20. La Suisse participe activement aux événements qui s'inscrivent dans le mécanisme du G20. Pensez-vous que le sommet du G20 aura un impact positif sur les échanges économiques entre la Chine et la Suisse, en particulier sur les coopérations entre nos deux pays sous l'Accord de libre-échange sino-suisse ? Pensez-vous que le sommet pourrait créer des opportunités favorisant la reprise économique en Europe ?

L'invitation faite à la Suisse par la présidence chinoise de participer aux rencontres des ministres des Finances du G20 illustre bien les liens étroits et historiques entre nos deux pays. Avant tout, les relations économiques et financières se sont intensifiées ces dernières années. La participation au volet financier à tous les niveaux a permis de multiplier les contacts entre les représentants de la Chine et de la Suisse, qui est la 7e place financière mondiale, et d'intensifier les relations bilatérales. Les représentants de la Suisse ont été favorablement impressionnés par la qualité et les objectifs concrets des rencontres sous la présidence chinoise, qui a su donner un élan bienvenu à la coordination de la politique économique dans le cadre du G20. Ces développements devraient naturellement influencer favorablement la reprise économique en Europe.

 

5. En janvier de cette année, une succursale de la China Construction Bank a été officiellement ouverte à Zurich, en tant que première banque de compensation en renminbi en Suisse. Zurich devient ainsi la sixième ville d'Europe à devenir un centre financier du renminbi à l'étranger. Depuis ces six mois, comment se comporte cette banque ? Quelles sont ses fonctions dans la modernisation du Renminbi ?

La coopération financière est devenue un aspect central des relations entre la Chine et la Suisse. Plusieurs exemples en témoignent : la poursuite d'un dialogue financier régulier depuis 2013, l'établissement à Zurich de la China Construction Bank (CCB) ou encore l'approbation par la banque centrale chinoise d'un commerce direct entre les monnaies de nos deux pays.

Ce rapprochement récent dans le domaine financier constitue l'aboutissement logique d'une coopération déjà engagée dans de nombreux autres domaines, notamment celui du commerce bilatéral, avec l'entrée en vigueur en juillet 2014 d'un accord de libre-échange entre nos deux pays.

L'intensification de nos relations financières reflète aussi le développement international des entreprises et des banques chinoises, dont l'une des conséquences logiques est la promotion de la monnaie chinoise. La Suisse reconnaît l'internationalisation croissante du RMB et, à ce titre, elle se réjouit que le FMI ait décidé d'inclure le RMB parmi ses 5 monnaies de référence.

Dans ce contexte, je suis plus que jamais convaincu que la place financière suisse peut jouer un rôle important en tant que plate-forme européenne de services financiers basés en RMB. Du reste, le gouvernement suisse attache une grande importance à favoriser les conditions-cadres pour que la Suisse devienne un « RMB-hub ».

Les banques chinoises offrent une valeur ajoutée au secteur financier suisse grâce à leur savoir-faire particulier dans le secteur financier chinois. Ainsi, nous sommes ravis de l'établissement en Suisse de la CCB, une banque leader sur le marché chinois qui jouera le rôle d'une banque de compensation du renminbi. Je suis convaincu que la CCB donnera une forte impulsion aux développements mentionnés précédemment, tout comme elle facilitera les échanges bilatéraux et les investissements.

Il reste naturellement bien de la place pour que d'autres banques chinoises s'implantent en Suisse, en particulier dans les grands centres financiers internationaux que sont Zurich et Genève.

 

6. Il y a récemment eu des attaques terroristes en Allemagne et en France, qui sont liées aux réfugiés ou à l'immigration. Quel est votre position sur ce problème ? À votre avis, que doit faire l'Europe pour mieux traiter les réfugiés ?

Des attaques terroristes, en France, en Belgique, en Allemagne, sont la cause d'une énorme souffrance et de tribulations au sein de la population européenne, et le risque auquel tout le monde fait face est que la prochaine attaque terroriste puisse avoir lieu de nouveau à tout moment. La Suisse suit de très près ce risque et, comme beaucoup d'autres, s'applique toujours à trouver de bonnes solutions pour lutter contre le terrorisme.

Selon les statistiques d'Eurostat, la Suisse est l'un des pays qui a le quota le plus élevé d'accueil de réfugiés, tout comme elle a l'un des plus hauts taux de population étrangère – cette dernière atteignant presque 25 % de notre population résidente.

Les terribles catastrophes humanitaires des pays déchirés par la guerre ont des répercussions importantes sur nombre de pays européens, dont la Suisse. Cela pose toute une série de problèmes délicats, et de fortes tensions pèsent le système d'asile européen. Une coopération active de tous les pays européens est à cet égard une nécessité incontournable.

Étant donné que les particularités, les motifs, les buts, les destinations, etc., des immigrants sont tous différents, les gouvernements se doivent de traiter les questions de réfugiés avec perspicacité, en établissant des stratégies de gestion de la migration qui soient cohérentes, clairvoyantes et humaines. L'accueil des migrants de toutes sortes constitue vraiment un gigantesque défi pour nos sociétés et nos gouvernements. A l'inverse, cette situation problématique porte aussi en elle les marques d'une opportunité pour l'Europe.

En effet, les réfugiés ont besoin d'assistance dans un premier temps, mais, ils finiront certainement par constituer une partie importante de la main-d'œuvre des pays d'Europe. C'est là une utile ressource potentielle pour l'économie européenne.

La Suisse continuera certainement à travailler étroitement avec l'UE pour contribuer à la résolution des problèmes de notre continent, notamment celui des réfugiés.

 

7. Depuis l'année dernière, la Chine est devenue le troisième plus grand pays d'origine des touristes étrangers à destination de la Suisse. Huang Xuan a été nommé cette année ambassadeur d'image en Chine pour le tourisme en Suisse. Lors de la soirée du 25 juillet, vous avez pu discuter avec lui. Pouvez-vous nous révéler un peu du contenu de ces échanges ?

Oui, je suis très satisfait de l'augmentation du nombre de touristes chinois en Suisse, qui ont été plus de 1,2 million à nous rendre visite l'année dernière. Avec près de 1,6 million de nuitées, la Chine est devenue chez nous le plus grand pays d'origine de touristes asiatiques, et avec l'aide de notre nouvel ambassadeur d'image pour le tourisme, le nombre des touristes va sans doute enregistrer de nouveaux progrès. Pendant notre soirée en ma résidence avec Huang Xuan, j'ai surtout discuté de l'attrait de la Suisse pour les Chinois et de son propre rôle de promotion en Chine. J'ai été heureux d'entendre qu'il adore la Suisse, non seulement pour la beauté de nos paysages mais aussi pour le savoir-vivre des Suisses. J'ai aussi découvert qu'il est déjà devenu un connaisseur de vins suisses. Alors, en dégustant un verre de Petite Arvine, je l'ai remercié de son aide pour la promotion de la Suisse touristique en Chine.

 

 

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Source: french.china.org.cn

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