![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
[A A] |
La maison se trouve là où le cœur se trouve. Pour Huang Yuanpeng, cela soulève une question brûlante : qui se trouve au cœur de ses sentiments les plus profonds ? Sa femme et son fils de 3 ans, ou ces étranges créatures de la forêt à qui il a décidé de consacrer sa vie ?
Le groupe d'animaux sur qui Huang Yuanpeng, 34 ans, a passé les 10 dernières années à faire des recherches au Centre de protection et de recherche sur les singes dorés de Shennongjia, qui se trouve dans les hautes montagnes de la réserve naturelle nationale de Shennongjia, dans la province du Hubei, est aussi rare que les pandas : ces singes, des rhinopithèques de Roxellane, ne se trouvent en effet nulle part ailleurs qu'en Chine.
Huang Yuanpeng revient à son domicile, situé dans une ville voisine et où sa femme prend soin de leur fils, presque tous les mois, mais la logistique des transports fait qu'il est difficile pour certains des 11 autres chercheurs, âgés de 20 à 60 ans et venant de régions éloignées, de rentrer chez eux régulièrement.
Ils se relaient pour avoir quatre jours de congé chaque mois et passent même le Nouvel An chinois traditionnel à la recherche des singes. Mais ces efforts pleins d'abnégation semblent être payants, car le groupe de rhinopithèques dont ils s'occupent est passé de 50 à plus de 90 ces dix dernières années. « Je suis vraiment heureux de voir cela » a dit un Huang Yuanpeng radieux. « Notre travail a porté ses fruits ».
Les rhinopithèques de Roxellane se distinguent par leur fourrure brillante, leurs mouvements gracieux, et leur nature douce. Ils étaient autrefois largement présents dans toute la Chine, mais ils se sont depuis réfugiés dans les hautes montagnes en raison des changements qu'a connus l'environnement.
Ils sont gravement menacés en raison de la destruction de leur habitat et de la chasse humaine, et l'Union internationale pour la conservation de la nature les a classés comme une espèce animale rare. De son côté, la Chine les a classés comme animal bénéficiant de la protection d'État de premier niveau.
Huang Yuanpeng et ses collègues ont une connaissance intime des habitudes et des traits de leurs protégés. Et chacun des singes a même un nom.
Lorsque Huang Yuanpeng évoque la vie des singes, il est comme un parent fier de parler de sa progéniture. Cela inclut la façon dont il décrit avec amour comment un des singes est né et comment un nouveau mâle adulte a défié et vaincu un autre plus âgé pour la suprématie dans le groupe.
« Je suis avec les singes presque tous les jours », dit Huang Yuanpeng. « Nous sommes très proches maintenant, et si je devais prendre des congés, ils me manqueraient énormément ».
Shennongjia, avec ses montagnes, ses forêts denses et ses pluies abondantes qui procurent une nourriture variée aux animaux, est un habitat important pour les rhinopithèques de Roxellane. Des singes sauvages y ont été repérés pour la première fois dans les années 1980.
En 2005, le centre de recherche dans lequel Huang Yuanpeng travaille en a été fondé à Dalongtan, qui se situe à 2300 mètres au-dessus du niveau de la mer et constitue l'un des habitats naturels de cette espèce.
Les chercheurs suivent et observent la population de singes, et recueillent leurs excréments et de la fourrure pour leurs recherches.
Selon Huang Yuanpeng, dans un premier temps, sa vie avec les singes était terne, mais il s'est ensuite acclimaté lentement, au point où il a désormais l'impression de ne faire qu'un avec eux.
« La qualité la plus importante pour travailler ici est d'être capable de résister aux difficultés ». Parmi celles-ci un temps très froid et des routes recouvertes de neige en hiver, et des moustiques et des serpents en été. En été, les chercheurs se réveillent souvent à 4 heures du matin pour suivre les singes dans la nature et ne reviennent pas à leur base avant 20 heures.
Dans les premières années, avant l'avènement du marquage électronique, ils embarquaient du matériel de camping et de la nourriture, et restaient parfois dans la nature pendant des semaines pour faire leur travail de suivi.
« Souvent, quand les singes sautaient d'une branche d'arbre à l'autre, nous crapahutions sur le sol pour essayer de les suivre », dit Huang Yuanpeng. « Peu importe le temps qu'il faisait, nous étions là-bas à leur recherche, et les singes ont griffé la quasi-totalité d'entre nous à un moment ou à un autre ».
Pour les singes, un des plus grands défis est la rudesse du climat : l'hiver dure pas moins de six mois et les températures chutent à -20 C. Certains animaux jeunes ou faibles sont ainsi morts de faim et de froid.
En 2005, les chercheurs ont commencé à fournir de la nourriture aux singes, en commençant par de l'usnée, une sorte de plante parasite qui pousse sur les pins. Cependant, il était trop difficile d'en recueillir suffisamment en hiver, et c'est pourquoi ils ont commencé à nourrir les singes avec des pommes enveloppées dans de l'usnée à la place.
Selon Huang Yuanpeng, les singes ont été très prudents au début et il leur a fallu trois mois pour essayer les pommes et s'adapter à cette nouvelle alimentation.
« Ce fut une percée. Cela nous a permis d'observer de près les singes et a jeté les bases de recherches sur eux ».
Au fil des ans, le nombre de la population de rhinopithèques de Roxellane dans la réserve a augmenté d'environ 500 au milieu des années 80 à plus de 1300 aujourd'hui.
| Source: french.china.org.cn | ![]() |
|
![]() |
|
||