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Grâce à 30 ans de réformes et
d'ouverture, la Chine est maintenant un pays à revenu intermédiaire
et s'efforce de construire une société intégralement aisée.
Afin d'atteindre cet objectif et
une crossance durable, la Chine doit relever un défi énorme, urgent
mais inévitable -- le piège du revenu intermédiaire, problème qui
se pose quand un pays à revenu intermédiaire est incapable de se
transformer en nation à revenu élevé en raison de problèmes qui
entravent le développement social et économique, tels que la
distribution inéquitable des revenus et une disparité excessive des
revenus.
Selon les statistiques de la Banque
mondiale, parmi les 101 pays et régions qui ont atteint le stade de
revenu intermédiaire dans les années 1960, seuls 13 ont réussi à
éviter le piège du revenu intermédiaire jusqu'en 2008. Cela
démontre l'immensité de la tâche devant laquelle se retrouve la
Chine, dont le PIB par habitant a atteint 4 920 dollars en 2011
selon la Banque mondiale.
En outre, la Chine, deuxième plus
grande économie mondiale, n'a pas vraiment d'exemple évident à
suivre, les 13 économies qui ont évité le piège étant beaucoup plus
petites.
Néanmoins, il arrive que l'histoire
se répète. La Chine pourrait s'inspirer d'expériences et de leçons
tirées de ceux qui sont dans le même bateau. En Amérique latine, la
plupart des pays piégés ont connu des changements d'environnements
externes et un ralentissement de croissance économique. Ils ont
également fait face à une grave disparité entre riches et pauvres,
des conflits sociaux visibles et des intérêts particuliers
puissants mais arrogants.
En outre, une révision des parcours
des pays à revenu intermédiaire qui ont réussi à avancer aux
premières lignes, comme Singapour et la Corée du Sud, révèle qu'ils
ont attaché une grande importance à l'éducation, l'innovation
technologique et l'égalité sociale.
Le PIB par habitant de la Corée du
Sud a atteint environ 20 000 dollars en 2010, par rapport à 87
dollars en 1962. Cependant, son coefficient de Gini était d'à peine
0,33 en 1980 et 0,31 en 2010, selon le magazine the Economist.
Les politiques adoptées par le
gouvernement faisant la promotion de la réforme fiscale, l'égalité
des opportunités d'éducation, le marché du travail et un système de
sécurité sociale, ont rétréci efficacement l'écart entre zones
rurales et zones urbaines, et ont diminué les disparités de
revenus, permettant ainsi d'atteindre une "croissance
inclusive".
Justin Yifu Lin, ancien
vice-président principal de la Banque mondiale, a indiqué que les
efforts des pays en voie de développement visant à rattraper ou
devancer les pays développés dépendent du degré d'activité de leur
gouvernement.
Lors du 18e Congrès national du
Parti communiste chinois (PCC), tenu en novembre dernier, conscient
des risques potentiels et engagé à construire une société
socialiste harmonieuse et intégralement aisée, le PCC a proposé une
feuille de route qui consiste à mettre plus d'efforts sur la
poursuite d'une croissance inclusive, mettre en oeuvre l'Etat de
droit, sauvegarder la justice et l'égalité sociales pour que la
population chinoise bénéficie davantage des dividendes du
développement.
Cette campagne progresse de façon
constante et énergique, alors que les sessions annuelles de
l'Assemblée populaire nationale (APN, parlement chinois), et du
Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple
chinois (CCPPC, corps consultatif politique suprême de la Chine),
qui débutent le 5 mars et le 3 mars respectivement, vont aborder le
sujet et transformer les propositions du parti au pouvoir en
politiques nationales.
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