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Les entreprises chinoises se préparent à façonner un écosystème mondial dédié aux véhicules intelligents et connectés
« Ding ! » L'écran du téléphone s'allume. Une mini-application affiche : « Véhicule arrivé ».
À la sortie de la station de métro Rongjing DongLu, dans le quartier de Yizhuang, à Beijing, un « robotaxi » quitte le flux de la circulation et se gare sur le bas-côté pour prendre en charge Mme Zhou, une habitante de Beijing qui effectue ce jour-là son premier trajet dans un véhicule sans conducteur.
Une fois la cliente à bord, le véhicule s'insère en douceur dans la circulation. Le volant tourne tout seul, et le siège du conducteur est vide. De telles scènes sont désormais monnaie courante au sein de la Zone de démonstration de conduite autonome de haut niveau de Beijing.
Cette zone permet de tester huit types d'applications : robotaxis, livraison automatisée, commerce de détail sans personnel, minibus autonomes, navettes autonomes, véhicules de nettoyage autonomes, véhicules de patrouille autonomes, et logistique de transport longue distance. Selon un rapport publié le 22 octobre par le quotidien pékinois Economic Information Daily, plus de 1 500 véhicules ont parcouru au total plus de 70 millions de kilomètres dans le cadre d'essais réalisés en toute sécurité.
Des entreprises telles que Baidu, Pony.ai et BAIC y ont établi leurs activités. Celles-ci couvrent un large spectre, allant de la recherche et développement (R&D) technologique, des tests et de la certification, jusqu'à la production industrielle automobile et aux services opérationnels, précise l'article.
Partout en Chine, des villes développent la conduite autonome en fonction de leurs industries locales et de leurs besoins en matière de transport.
En août, Shanghai a annoncé son intention de créer une zone de référence pour la conduite autonome avancée. L'objectif est de déployer cette technologie à grande échelle dans les secteurs des poids lourds, des transports publics, des taxis et de la logistique, tout en reliant entre eux des pôles de transport, des parcs industriels et technologiques, ainsi que d'autres sites stratégiques.
En juin, Shenzhen a fait savoir qu'elle autoriserait les entreprises à tester et à faire la démonstration de véhicules entièrement autonomes sur la voie publique. La ville prévoit également de soutenir les essais dans des conditions complexes ainsi que le déploiement de solutions de conduite autonome avancées.
Le secteur des véhicules autonomes est en train de passer du stade de concept expérimental à celui de réalité commerciale, avec des déploiements qui s'étendent aux États-Unis, à la Chine et à de nouveaux marchés internationaux, notamment dans certaines régions d'Europe et du Moyen-Orient, selon une étude de Goldman Sachs Research publiée en avril 2026.
Cette étude prévoit que le marché mondial des « robotaxis » devrait atteindre environ 415 milliards de dollars en 2035, et projette que la flotte mondiale de robotaxis commerciaux passera d'environ 7 000 véhicules en 2025 à près d'un million en 2030, pour atteindre 6 millions en 2035.
Une expansion internationale
Le 14 octobre, moins d'une semaine après avoir annoncé son intention de déployer ses robotaxis de 7e génération (Gen-7) à Londres en partenariat avec Uber, l'entreprise chinoise spécialisée dans la technologie de conduite autonome Pony.ai a fait savoir qu'elle étendait sa collaboration avec Uber et Verne (un fournisseur de centre de données) à la ville de Manchester.
Dans le cadre de ce partenariat, Pony.ai fournit la technologie de conduite autonome, Verne gère les opérations locales de la flotte, et Uber met en relation les passagers via sa plateforme de mobilité mondiale. Pony.ai a précisé que ses partenaires étaient désormais en train d'étendre ce modèle au reste du Royaume-Uni.
Le 3 août, WeRide, une autre société chinoise spécialisée dans la conduite autonome, a annoncé son arrivée au Danemark grâce à un partenariat avec l'opérateur danois de mobilité électrique GreenMobility. Cette initiative porte à six le nombre de pays européens où l'entreprise est présente, illustrant l'accélération de l'expansion internationale des sociétés chinoises du secteur.
L'Europe s'est imposée comme un marché de croissance clé pour les entreprises chinoises de conduite autonome, après une première percée dans la région du Golfe, alors qu'elles cherchent à commercialiser leur technologie au-delà de leur marché intérieur face à un contexte de concurrence accrue et de surveillance réglementaire renforcée.
En juillet, le fournisseur chinois de solutions de conduite autonome Momenta a obtenu une autorisation d'essai de la part de l'Autorité fédérale allemande des transports motorisés. Cette autorisation lui permet de mener des tests de conduite autonome de niveau 4 sur les routes publiques à travers tout le pays, selon des informations communiquées par Momenta.
Grâce à cette autorisation, Momenta est devenue la première entreprise chinoise à obtenir un permis pour effectuer des tests de niveau 4 à l'échelle nationale en Allemagne.
« Alors que la concurrence dans le domaine de la conduite intelligente s'intensifie, les entreprises chinoises spécialisées dans la conduite autonome se préparent à se développer à l'international », a déclaré Zhang Xiang, professeur invité au département d'ingénierie de l'Université des sciences et technologies de Huanghe, basée à Zhengzhou, chef-lieu de la province chinoise du Henan (centre).
M. Zhang a ajouté que si ces acteurs continuaient de démontrer la fiabilité de leurs systèmes dans des conditions routières variées et au sein de différents cadres réglementaires, leur présence internationale pourrait dépasser le stade des projets pilotes et ouvrir la voie à des perspectives commerciales concrètes.
« Toutefois, le passage des phases d'essai aux services commerciaux à l'étranger demeure complexe », a souligné Zhang Ning, vice-président de Pony.ai, notant que les réglementations strictes en matière de données en vigueur sur des marchés comme celui de l'Union européenne (UE) alourdissaient les coûts d'entrée et de mise en conformité.
Soutien des politiques nationales
« En juillet de cette année, 70,5 % des nouveaux véhicules particuliers en Chine étaient équipés de fonctions d'aide à la conduite de niveau 2, tandis que 34,2 % d'entre eux disposaient de fonctions de navigation assistée (“Navigate on Autopilot”) », a fait savoir Guo Shougang, responsable au sein du ministère chinois de l'Industrie et des Technologies de l'information, lors d'une conférence de presse.
Le ministère entend soutenir le secteur des véhicules intelligents et connectés en développant les infrastructures de communication, en promouvant la connectivité par satellite et les applications du système BeiDou au sein des véhicules, ainsi qu'en améliorant la connectivité dans divers environnements opérationnels.
La Chine ambitionne de figurer parmi les grandes puissances automobiles mondiales d'ici 2030, et ce en renforçant ses atouts sur l'ensemble de la chaîne industrielle des véhicules à énergies nouvelles (VEN) intelligents et connectés, a rapporté l'agence de presse Xinhua, citant un plan quinquennal de développement industriel publié en septembre 2026.
Ce plan désigne les VEN intelligents et connectés comme un axe majeur de la transformation de l'industrie automobile, alors que la Chine intensifie ses efforts pour moderniser son secteur industriel et bâtir un système industriel moderne.
Le plan fixe des objectifs ambitieux : d'ici 2030, les VEN devraient représenter 70 % des ventes de nouveaux véhicules particuliers et 40 % des ventes de nouveaux véhicules utilitaires sur le marché intérieur.
Les technologies chinoises pour véhicules intelligents accèdent également à la production commerciale grâce à des partenariats avec des constructeurs automobiles internationaux.
À titre d'exemple, en mars 2026, le groupe Volkswagen a annoncé le lancement de la production en série de son premier modèle développé conjointement avec le constructeur chinois de véhicules électriques Xpeng. Le « ID.UNYX 08 », un SUV électrique de grand format, intègre des technologies de pointe développées localement, dont notamment un système de recharge ultra-rapide de 800 volts, des fonctions avancées d'aide à la conduite (ADAS) de niveau 2, ainsi qu'une capacité de mise à jour continue et à distance du véhicule (mises à jour « over-the-air »).
Selon des experts chinois, le développement à l'international ne se limite plus à l'exportation de véhicules complets, et repose de plus en plus sur la fourniture de technologies et la collaboration avec des partenaires locaux. Les entreprises adaptent leurs systèmes aux spécificités des routes et aux réglementations locales, tout en nouant des partenariats pour assurer le déploiement et l'exploitation de ces technologies.
| Source:french.china.org.cn | ![]() |
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